public_enemiesDans les années 30 aux Etats-Unis, John Dilliger est l'un des braqueurs de banque les plus recherchés du pays. Il est "l'ennemi public numéro 1" selon l'expression du directeur du FBI, John Edgar Hoover. Traqué par l'agent Melvin Purvis, Public Enemies relate le succès et la mort de ce gangster de la prohibition.

Autant le dire tout de suite, ça évitera les malentendus, si je suis allée voir ce film, c'est parce que monsieur me l'a proposé... Oui, moi, les films de gangsters qui se font butter à la fin, je suis pas forcément une grande fan... Mesrine s'était passé de moi dans les salles, Public Enemies aurait aussi pu si je n'avais pas cédé à la tentation de voir Johnny Depp sur grand écran en gangster plutôt attirant... Sans doute mon côté rebelle...! Toujours est-il que lundi dernier, je me suis retrouvée dans une salle de cinéma plutôt fraîche vu la température extérieure à m'enfiler un film de plus de deux heures à l'heure où mon estomac digérant réclame généralement une sieste.
Depuis l'époque de 21 Jump Street, j'ai plutôt eu l'occasion de voir Johnny Depp dans les films de Tim Burton dont on pourrait presque dire qu'il est l'un des acteurs fétiches (Edward aux mains d'argent, Ed Wood, Sleepy Hallow, Charlie et la chocolaterie, Les noces funèbres, Sweeney Todd, et bientôt Alice au pays des merveilles), sans compter la trilogie Pirates des Caraïbes. Dans Public Enemies, Johnny Depp est bien loin de ces personnages parfois loufoques, sortis de contes de fée pour adultes et pour enfants puisqu'il campe un personnage "historique" qui a fait naître le concept d'ennemi public numéro 1. Mais Michael Mann, le réalisateur du Dernier des Mohicans et, plus récemment, de Collatéral et Miami Vice a fait un excellent choix en prenant Johnny Depp dont l'image publique assez mystérieuse et la gueule de beau gosse un peu amochée rend John Dillinger a la fois inquiétant et attirant.
Face à Depp, un autre beau gosse du cinéma américain dont le succès au box office des deux premiers épisodes de la trilogie Batman de Christopher Nolan a pu faire de l'ombre à la trilogie Pirates des Caraïbes, à savoir Christian Bale, qui campe un agent fédéral prêt à utiliser toutes les armes à sa disposition pour combattre Dillinger, y compris en le tuant si c'est la seule solution pour l'empêcher de nuire à nouveau... Et entre les deux hommes, la frenchie Marion Cotillard qui tourne son premier film après le succès de La Môme et dont le visage qui semble tout droit sorti d'une photo des années 30 crève l'écran.
Côté acteurs donc, rien à redire au niveau du trio de tête qui incarne à la perfection à mon avis leurs rôles. En revanche, là où le bat blesse, c'est côté réalisation... Deux heures et quart, était-ce nécessaire de faire aussi long ? Ma foi, ça l'aurait pu, à condition que Michael Mann fasse le choix d'utiliser toutes les ressources à sa disposition... Il nous abreuve d'une quantité de petits malfrats tournant autour de Dillinger, on suppute des histoires de corruption des flics, mais rien n'est travaillé, au point de rendre ces personnages secondaires très secondaires, et d'embrouiller les pinceaux des spectateurs. Rajouté au jeu de la caméra qui semble ne pas vouloir se poser le temps que l'oeil sache qui se déplace ou agit, en particulier dans les scènes) d'action, il s'en est fallu de peu pour que je m'endorme par moment sur l'épaule de monsieur ! Côté rythme, idem, de l'action suivi de scènes plus tranquilles auraient pu rendre le film intéressant, du moins au début... Dommage que la fin semble tirer en longueur et que l'on commence à attendre impatiemment la fin inéluctable dans la dernière demi-heure...
Autant dire que si monsieur veut acheter le DVD à sa sortie, je le laisserai faire mais ne me précipiterai pas pour le regarder... J'aurai sûrement un bon bouquin à finir ce soir là !

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Public Enemies, Michael Mann (2009).