MagnusFranz-Georg est né avant la guerre, en Allemagne. De son passé, il ne lui reste que Magnus, un vieil ours en peluche avec une oreille à moitié brûlée. Un ours en peluche que sa mère, Théa Dunkeltal, supporte difficilement. Théa, qui mot à mot, apprend à Franz-Georg à vivre, lui réapprend l'histoire de la famille, lui réapprend qui il est. Le fait renaître à la vie. Mais que l'enfant grandit, il réalise le manque, l'absence, le vide qui doit être comblé dans son histoire. Peu à peu, il découvre la véritable nature de sa famille. Au fil de ses errances, de ses voyages et de ses découvertes, l'enfant devenu adulte partira à la recherche de cette identité perdue.

Prix Goncourt des lycéens en 2005, Magnus est un roman qui traverse les âges, les pays, les genres, pour nous amener à la suite du personnage principal dans une quête des origines, une quête de l'identité, une quête de sa propre histoire. A la fois roman historique, romantique, tragique ou policier, ce roman surprend du fait de son style narratif, de ces chapitres, ces "Fragments", séparés de "Notules", de "Résonances" ou encore de "Séquences".
Au delà de l'histoire en elle-même, ce récit est une ode aux mots, à la parole, à ces suites de lettres sans quoi nous ne sommes rien, sans quoi nous sommes sans Histoire. Les mots doux, les mots durs, les mots vérité, les mots mensonges.
Pour qui, pour quoi j'ai beaucoup aimé ce livre, je ne sais pas. Je sais juste que désormais, il fera partie de mes incontournables.

Première page

 

"Ouverture

D'un éclat de météorite, on peut extraire quelques menus secrets concernant l'état originel de l'univers. D'un fragment d'os, on peu déduire la structure et l'aspect  d'un animal préhistorique, d'un fossile végétal, l'ancienne présence d'une flore luxuriante dans une région à présent désertique. L'immémorial est pailleté de traces, infimes et têtues.
D'un lambeau de papyrus ou d'un morceau de poterie, on peut remonter vers une civilisation disparue depuis des millénaires. A partir de la racine d'un mot, on peut rayonner à travers une constellation de vocables et de sens. Les restes, les noyaux gardent toujours un infrangible grain de vigueur.
Dans tous les cas, l'imagination et l'intuition sont requises pour aider à dénouer les énigmes."

A lire aussi : Les avis divergents d'Angèle Paoli et de Sophie ou encore de Bellesahi.

 

Texte © Miss Alfie 2008, sauf extrait de texte.
Edition lue : Magnus, Sylvie Germain, éditions Gallimard, collection Folio, 2007, 263 pages.