Et_puis_apresAgnès et Aline, la cinquantaine, sont deux amies inséparables. Toutes deux divorcées après plusieurs dizaines d'années à fermer les yeux sur les aventures extraconjugales de leurs maris, elles ont refait leurs vies et semblent très heureuses. Jusqu'au jour où tout bascule, jusqu'au jour où le nouveau compagnon d'Agnès meurt dans un accident d'hélicoptère dans un endroit où il n'aurait pas dû être, jusqu'à ce même jour où le nouveau mari d'Aline rend l'âme en plein devoir conjugal... Pour toutes deux, c'est la panique, la tristesse et le chagrin... Heureusement, des gens bien intentionnés vont bien vite se charger de démontrer aux deux veuves que leurs chers et tendres n'étaient pas vraiment ce qu'ils laissaient croire, et en compagnie d'une bande d'amis fédérées autour de leurs premiers maris, les deux amies vont peu à peu reprendre le dessus et laisser la vie les surprendre.

Si j'ai classé Et puis après... dans la catégorie "Littérature de fille", ce n'est pas qu'il s'agisse là d'une comédie romantico-sentimentale avec héroïne un peu paumée qui trouve le grand amour sous les traits du crapeau de service. Non, Et puis après..., c'est de la littérature de fille, mais de fille d'un certain âge, de fille plutôt femme ! J'avais déjà eu l'occasion de lire quelques romans de madame Dorin, dont Les julottes, Les lits à une place et La rêve-party, mais cela date de quelques années maintenant. J'en avais gardé un souvenir assez bon, mais aujourd'hui, Et puis après... m'a laissé sur ma faim. Alors certes, c'est en fait la suite de Tout est toujours possible, mais ne pas avoir lu le premier ne m'a pas empêché de comprendre le second. Non, je pense plutôt que ma légère déception vient du fait qu'avec les années, j'ai grandi ma bonne dame ! Et en grandissant, j'ai appris à découvrir des livres peut-être plus profond, avec plus d'émotions, et pas que des émotions positives. Des livres réalistes... Oui, car en fait, les bouquins de Françoise Dorin sont des concentrés de positivisme, de bonne humeur et de chance. Lorsque les choses tournent mal, il suffit d'avoir la patience de tourner la page pour que tout rentre dans l'ordre, comme si la vie était finalement très très simple ! Tout le monde finit généralement heureux, les emmerdes ne sont que temporaires, les amis vivent ensemble et forment une grande famille, c'est l'éloge de l'amitié avant l'Amour... Mais en même temps, j'avoue qu'à l'heure actuelle, lire un bouquin comme ça, reposant et amusant, c'est toujours bien agréable, surtout lorsqu'au détour d'une page, un mystérieux correspondant virtuel apparaît et chamboule la vie d'Agnès... De quoi faire sourire les accros du clavier et, peut-être, leur rappeler quelques rencontres virtuelles !

Première page

 

"Vendredi soir.
Je rentre en Belgique. Dans un chez moi qui est un chez nous. Depuis deux ans déjà. Depuis deux ans seulement.
Dominique vient de me déposer devant la gare du Nord. Il ne pouvait m'accompagner. Il devait aller en Italie voir sa mère... sans doute pour la denière fois. Il était triste à cause de cela. Moi, j'étais triste parce qu'il l'était. Mais pas profondément : c'est touchant, c'est rassurant, un grand garçon de quarante-six ans, bouleversé parce qu'il va devenir orphelin.
Je monte dans le train. Je m'installe à ma place. J'en photographie le numéro : 55. Clic-clac : "Mon âge !" Clic-clac ! "Avant Dominique, je n'y aurais pas pensé !" Par bonheur, le hasard éradique ma promesse de morosité : il a placé en face de moi une femme que je ne connais pas et que je souhaitais vivement rentrer. Bien qu'elle soit plongée dans un magazine et que je sois discrète autant pas nature que par éducation, je n'hésite pas à interrompre sa lecture :
- Excusez-moi de vous déranger, madame, vous êtes bien Françoise Dorin ?"

Texte © Miss Alfie 2008, sauf extrait de texte.
Edition lue : Et puis après..., Françoise Dorin, édition Pocket, collection Littérature, 2005, 308 pages.