Amours

Victoire et Anselme sont mariés depuis cinq ans. L'enfant manque et Victoire n'arrive pas à aimer cet époux choisi pour elle par ses parents. Anselme, lui, n'hésite pas à monter sous les combles prendre un peu de plaisir avec Céleste, l'une des deux domestiques. Pendant ces instants, Céleste s'évade pendant que son maître s'active. Des corps qui se croisent jusqu'au jour où Céleste tombe enceinte.

Si j'ai largement peiné avec le dernier roman d'Erich Maria Remarque, j'ai englouti en quelques heures Amours de Léonor de Récondo. Ce roman est écrit avec une justesse, une pudeur qui s'adapte totalement à celle de ces personnages.

Parler d'un roman qu'on a lu si rapidement est toujours délicat. On a aimé, on s'est laissé porté, on a voulu toucher ces peaux qui vont se dévoiler et se découvir, on a voulu voir les âmes et les corps corsetés laisser libre cours à leurs envies, le temps d'une aventure, d'une parenthèse. Pourquoi un livre fait écho, remue, s'engloutit, se dévore, ne se lâche quasiment pas à partir du moment où on l'ouvre ? Voilà un mystère sur lequel je n'ai toujours pas de réponse.

Mon seul conseil aujourd'hui sera que vous vous précipitiez pour trouver ce roman où tout est juste, qui raconte les secrets d'alcôves et de berceaux des bonnes familles du début du siècle et les amours de ces femmes-objets...

"Dans sa vie personnelle et intime, Anselme n'a jamais été confronté à une telle franchise. Les phrases qui lui ont été adressées jusqu'ici ont toujours été bien tournées, feutrées. Et s'il est témoin dans son bureau de ce qu'il y a de plus vil dans les sentiments humains, il n'en est jamais le destinataire. La franchise de sa femme le désarçonne." (p. 60)

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Amours, Léonor de Recondo, éditions Points, 2016, 216 pages.