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 En mal d'inspiration, David Smith, jeune sculpteur torturé, se voit proposer un pacte qui lui permettra de réaliser son rêve d'enfance : sculpter ce qu'il souhaite à mains nues. Mais rien n'est éternel et tout à un prix. En échange de sa vie, il aura 200 jours pour créer son Oeuvre. Et il va le payer encore plus cher : au lancement du compte à rebours, il rencontre le grand amour. (Quatrième de couverture)

Ce pavé de presque 500 pages m'était passé sous les yeux à sa sortie, le dealer et tout le monde chez le dealer avait a-do-ré "Christophe, tu peux pas passer à coté de ça". C'est un peu plus tard, quand Lili est venue passer un week-end à Besançon, en passant devant et confirmé cette excellente impression que j'ai fini par dire "Bon, OK, ça doit sans doute être vraiment très bien, je ne peux pas ne pas passer outre..."

Grands Dieux, pourquoi suis-je aussi faible ? Pourquoi me laissé-je avoir par les sentiments ? Hein, vous pouvez me dire ? Bon, je suis un peu méchant, c'est sans doute le premier ouvrage pour lequel je suis en complet désaccord avec le dealer. Le fait est que je suis passé complètement à coté de cette réinterprétation du mythe de Faust remodelé à la sauce guimauve.

Parce que, convenons-en, que c'est niais ! C'est fleur bleue, c'est superficiel, c'est parfois caricatural, bref, on ne rentre jamais, on ne s'attache jamais à ce personnage un peu léger sur qui pèse pourtant un peu plus qu'une bricole. Les personnages secondaires en lien avec la sculpture sont grossiers (l'agent qui veut aider, l'adversaire qui complote...). La romance est digne d'un épisode d'Hélène et les garçons : je t'aime, je t'aime pu, qu'est-ce qui nous arrive, je te quitte, je reviens, etc. C'est confondant de mièvrerie. Pourtant, sur le dernier tiers de l'histoire, le héros prend un peu d'épaisseur, l'intrigue se tend, la gravité arrive enfin. Mais pour le coup, à peine tard puisque je reste sur une grosse moitié où il ne se passe pas grand chose et le peu qui se déroule est sans intérêt. 

Si l'histoire manque donc de profondeur, ce qui fait que cet album ne restera pas dans mes annales, l'album ne manque pourtant pas de qualités graphiques. Les nuances de bleu pale tranchent avec le trait noir, sombre qui accentue les traits. Sur les profondeurs, les mises en perspective, cette caractéristique est plutôt intéressante. Les mouvements sont bien retranscrits, tout comme les émotions. Malgré les qualités du dessin et une fin d'histoire enfin accrocheuse, je reste largement déçu par cet album que l'on m'annonçait comme l'un des meilleurs de l'année 2015.

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : Le sculpteur, Scott McCloud, Éditions Rue de Sèvres, 2015.