Beignets de tomates vertesBirmingham, Alabama. Evelyn rend visite à sa belle-mère chaque dimanche. Pendant que son mari discute avec sa mère, Evelyn attend. Un jour, Ninny s'installe à côté d'elle et commence à lui raconter l'époque de Whistle Stop, et l'histoire de Ruth et Idgie qui s'occupait du café situé le long de la voie ferrée.

Beignets de tomates vertes doit être l'un des plus ancien livre à traîner dans mon carnet de LAL. Autant vous dire que c'est avec beaucoup de plaisir mais aussi d'inquiétude que je l'ai découvert... J'avais lu et reçu tant d'éloges sur ce roman que je craignais la déception. Mais il faut reconnaître que les qualités qu'on lui prête sont réelles...

Par le biais de différents narrateurs (Ninny, Evelyne, ou encore Dot Weems à travers sa gazette), Fannie Flagge remonte le temps, joue avec lui, et entraîne son lecteur de l'Amérique des années 1980 à celle du début du siècle et de la Grande crise de 29. Qui dit Alabama, dit État du sud des États Unis, marqué par la ségrégation et le racisme. Autant de sujets que l'auteur aborde à travers l'histoire de ce village et de ce café.

A sa tête, deux femmes, Ruth et Idgie. On ne parle pas d'homosexualité, le mot n'est jamais prononcé, il n'y a pas besoin : on sait que ces deux femmes s'aiment, qu'elles vivent ensemble, se soutiennent dans l'éducation de Stump et dans les décisions parfois douloureuses qui doivent être prises. Car Beignets de tomates vertes est un roman qui exalte le courage féminin. Peu à peu, à travers le récit de Ninny, Evelyn va elle aussi évoluer, muer, devenir la femme qu'elle a toujours refoulée au fond d'elle, s'assumer face à son mari.

Fannie Flagg raconte une époque, un univers suranné, aux saveurs de barbecue et sur fond de trains qui passent près du café, envahis de hobos, ces vagabonds américains qui parcourent le pays par le rail. Elle parle de ces petits actes quotidiens qui permettent de lutter contre le racisme et qui favorisent la solidarité. Et évidemment, elle raconte des recettes de cuisine, rassemblées à la fin de l'ouvrage, et qui ne donnent qu'une envie : pouvoir voyager dans le temps pour retrouver le Whistle Stop Café !

Une très chouette découverte dont la réputation n'est pas volée, et qui me donne envie de dénicher le film qui en a été tiré !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg, traduit de l'anglais (américain) par Philippe Rouard, Éditions J'ai lu, 2009, 474 pages.