roccapendenteFin 19e, le baron di Roccapende et sa famille attendent un invité de marque pour le week-end. Fin gourmet, Pellegrino Artusi n'imagine pas que sa deuxième passion pourrait s'avérer utile pendant ces quelques jours meurtriers au manoir de Roccapendente.

Voilà typiquement le genre de roman policier à côté duquel j'aurais été fort déçue de passer car en plus de se lire très facilement, Le mystère de Roccapendente réussit à concilier mes deux centres d'intérêt principaux : la lecture et la cuisine, youpi !

Sur le premier point, rien d'extraordinaire mais de la qualité. Marco Malvaldi nous propose une intrigue somme toute assez classique de meurtre en chambre close. L'intérêt de l'histoire repose en partie sur la satire sociale que l'auteur nous propose, critiquant de manière très cynique une bourgeoisie oisive plus préoccupée par ses privilèges que par l'élucidation du meurtre d'un domestique. Grâce à quelques petites phrases pas si anodines que cela, Marco Malvaldi en profite d'ailleurs pour railler une partie de la société italienne d'aujourd'hui, et toujours en subtilité.

L'autre intérêt principal du roman tient à la présence de Pellegrino Artusi, l'un des maîtres de la cuisine italienne qui pubila en 1891 La science en cuisine ou l'Art de bien manger. On le découvre amateur des romans de Conan Doyle, des lectures qui ne seront pas sans conséquences sur l'évolution de l'enquête. Mais ce qui m'a le plus séduit dans ce roman, ce sont les descriptions culinaires qui émaillent le récit jusqu'aux recettes finales. Même si la cuisine italienne n'entre pas dans mes classiques, découvrir ces recettes traditionnelles fut un véritable régal !

Si les plus perspicaces lèveront facilement le voir sur Le mystère de Roccapendente, les amateurs de romans policiers classiques et de gastronomie traditionnelle passeront nécessairement un bon moment avec la galerie de personnages hauts en couleur de Marco Malvaldi !

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Le mystère de Roccapendente, Marco Malvaldi, traduit de l'italien par Louise Chapuis, Éditions Christian Bourgeois, 2012, 218 pages.