Les_cerfs_volants_de_kaboulKaboul, dans les années 70. Amir et Hassan sont inséparables. L'un est le fils d'un riche entrepreneur, l'autre le fils de leur domestique. Issus de deux mondes qui ne doivent normalement pas se fréquenter, les deux enfants n'ont que faire du regard des autres et se passionnent, entre autre, pour les combats de cerfs-volants qui ont lieu tous les hivers dans les différents quartiers de la ville. Mais un jour, Amir va commettre la pire des lâchetés, brisant à jamais le lien qui l'unissait à Hassan.
Etats-Unis, juin 2001. Réfugié depuis des années, Amir reçoit un appel du Pakistan lui donnant l'occasion de se racheter et de compenser son acte lâche. Amir partira à la rencontre d'un pays bien éloigné du souvenir qu'il en gardait...

Jusqu'à la lecture de ce livre, il faut que je l'avoue, Kaboul était pour moi synonyme de Talibans, burkas, extrémisme et guerre. L'invasion communiste en AfghanistanAfghanistan ? Me disait rien. Un pays en paix ? Me disait rien... Forcément, vu l'image que les médias véhiculent de ce pays et de ses habitants depuis quelques années, comment imaginer encore qu'au delà des "grands méchants barbus", il puisse y avoir eu une vie "normale" ? Et pourtant, avec Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini offre une autre vision de son pays natal. La vision d'un pays où, à une époque, les enfants pouvaient jouer dans les rues sans craindre les tirs et les obus. Un pays où les femmes avaient encore des droits. Un pays de castes, certes, mais un pays où l'on pouvait vivre heureux. Et c'est ce pays qu'il nous raconte dans la première partie du livre.

Et cette première partie ne peut que contraster avec la suite. Déjà, lors de la fuite au Pakistan d'Amir et de son père, après l'arrivée des communistes, on sent le pays basculer dans la folie. On sourit, lorsque les protagonistes racontent comment ils ont acclamé les Talibans lorsqu'ils sont arrivés les "délivrer" du joug des Rouges. Et puis l'on découvre un pays dictatorial, un pays où la charia est appliquée à la lettre, où l'on lapide des hommes et des femmes au stade à la mi-temps d'un match de foot où les joueurs jouent en survêtement long malgré la chaleur, un pays où les femmes n'ont plus le moindre droit et où opposition et suspicion riment avec exécution.

Immigré aux Etats-Unis, comme son héros, Khaled Hosseini ne pouvait que nous livrer une vision que j'ai senti juste de la communauté afghane, du microcosme qu'elle s'est reconstruit en Californie, des règles implicites que chacun respecte, même à des milliers de kilomètres de son pays natal. Mon regret cependant, est la vitesse avec laquelle il passe sur les attentats du 11 septembre qui, certes, n'ont pas un rôle à proprement parler dans l'histoire qu'il nous conte, mais aurait pu être l'occasion de nous en dire plus sur le regard des Américains sur ces Afghans immigrés et somme toute bien intégrés dans la société occidentale.

Il est clair qu'au delà de l'histoire en elle-même, émouvante, intrigante, je conserverai un excellent souvenir de ce livre pour la vision de l'Afghanistanl'Afghanistant qu'il m'aura offerte. On ne peut que souhaiter, une fois refermée la dernière page, que les enfants d'aujourd'hui puissent un jour connaître à nouveau la paix et les combats de cerfs-volants...

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Agapanthe souligne que "la description de cette amitié étrange dans une ville en temps de paix, que l'on ne connait aujourd'hui que ravagée, est superbe" ;
Découvrez comment Anne "n'a pas pu [se] contenter d'une simple lecture" ;
Jessica remarque que "l’auteur n’est pas tombé dans la facilité ou le piège de prendre position et d’en teinter son roman" ;
D'autres avis, trop nombreux pour être tous soulignés mais généralement enthousiastes, sur BOB.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini, Éditions 10/18
(2007).