Un_secretPhilippe Grimbert habite dans un appartement avec son père et sa mère, deux sportifs qui passent leur dimanche au stade à faire du sport et leur semaine dans leur magasin de vente en gros de vêtements de sport. De l'autre côté du couloir, au rez-de-chaussé, il y a le cabinet de Louise, où se réfugie le petit garçon qu'il est pour parler et trouver un peu d'affection et d'écoute. Philippe n'est pas un enfant mal aimé, non, mais peut-être un enfant à qui l'on cache un peu trop de choses. Pour échapper à cette vie un peu morne, il se crée un frère qui, avec le petit chien qu'il trouve dans le grenier et qu'il nomme Sim, accompagnent ses journées et ses nuits. Jusqu'au jour où il fera revivre par la bouche de Louise un passé caché qui le délivrera de ses cauchemars.

"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère." C'est ainsi que débute ce roman autobiographique. C'est peut-être en lisant cette première phrase que j'ai d'ailleurs eu envie de le lire. Fils unique. Une charge, un fardeau, parfois une chance. Mais souvent le réceptacle d'attentes, d'espoirs, de désirs tellement concentrés que l'on s'invente des personnages pour se décharger, pour se liguer contre les parents, pour compenser le manque. En lisant la première partie de ce roman, celle dans laquelle il raconte ses illusions d'enfants concernant la rencontre de ses parents, ses rêves de gamins et ses conversations nocturnes avec un frère imaginé, l'importance de son petit chien en peluche, je m'y suis retrouvée, moi, fille unique attendue pendant une dizaine d'années. C'était ça, il racontait mon expérience en même temps que la sienne.
Puis, le fils de l'histoire s'est éloigné de la mienne. Heureusement. Rien de plus troublant et de plus désagréable que de se sentir dépossédé de sa propre histoire. Non, là, un secret, un secret enfermé à double tour qui, lorsqu'on le libérera de sa cage, rendra une famille plus heureuse et repoussera les démons du passé. Oh, non, zut, en fait voilà que le roman se rapproche à nouveau un peu trop de mon histoire à moi... Non, le pire est échappé, et l'on revient à l'un de ses secrets de famille certes pesant, mais très classique...
Je ne doute pas qu'Un secret ait mérité son prix Goncourt des lycéens ou son prix des lectrices Elle, ceci dit, Philippe Grimbert, en faisant sa propre psychothérapie, nous livre un roman un peu simple, sans véritable style, qui me semble si fade après L'échappée... En tout cas, si raconter ses secrets de famille permet d'obtenir un prix littéraire, je devrai peut-être m'y mettre, je ferai sûrement fortune !!!

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Texte © Miss Alfie 2008.
Edition lue : Un secret, Philippe Grimbert, éditions Le Livre de Poche, collection Littérature & Documents, 2007, 184 pages.