La baronne meurt à cinq heures - Fréréric Lenormand
Alors qu'il vient de se réinstaller chez la baronne de Fontaine-Martel, sa précédente bienfaitrice venant de mourir, la nouvelle hôtesse de Voltaire est retrouvée assassinée dans son lit au petit matin. Soucieux d'éviter la Bastille ou la geôle du Châtelet, le philosophe des Lumières va se mettre en quête des personnes qui ont à gagner de ce décès. Avec l'aide inespérée d'une jeune marquise délaissée par son mari au champ de bataille et enceinte jusqu'aux yeux, il va parcourir Paris à la recherche du meurtrier.
Lorsque Babelio a lancé sa dernière opération Masse Critique, j'avoue avoir choisi avec soin les titres qui m'intéressaient, et en bonne amatrice de policiers historiques, ce nouveau roman de Frédéric Lenormand (plus connu pour ses enquêtes du juge Ti) ne pouvait que me faire de l'œil.
Au fil des 300 et quelques pages de La baronne meurt à cinq heures, Frédéric Lenormand nous entraine dans un Paris de salons à la mode, où il fait bon être vu, et où Voltaire, philosophe controversé, n'est pas toujours le bienvenu.Les personnages que nous y croisons sont pour certains totalement fictifs, mais pour d'autres bien réels, et il n'est pas nouveau que j'aime ces ajouts de réalité dans les romans historiques ! Pour autant, pour une fois, j'ai quand même parfois trouvé la multiplication des personnages compliquée à suivre.
Côté intrigue, je ne vous cacherai pas que l'on fait bien plus original, et que l'on se doute bien rapidement qu'une histoire de gros sous se cache derrière le meurtre de cette baronne rongée par la vieillesse et l'avarice. Mais l'intérêt de ce roman réside finalement plus dans le personnage de Voltaire, virevoltant excentrique eégocentrique, mangeant à tous les râteliers, pour peu que l'on ne le contredise point trop. Reste à voir ce qui est réel et ce qui est fictif dans la psychologie de ce personnage... Mais les quelques pages finales reprenant la biographie de Voltaire, ainsi que des extraits de documents d'époque me font pencher pour des recherches précises de Frédéric Lenormand concernant ses personnages.
Bref, un policier historique sympathique et léger, qui n'a certes pas l'envergure d'un roman de Jean-François Parot, mais qui se lira aussi beaucoup plus facilement !
Une petite immersion au milieu des pages ?
"Dans son deuil même, le roi des salons parisiens se montrait éclatant. Il suffoquait, glapissait, hurlait, appelait la mort de ses vœux, on crut qu'on allait l'enterrer, lui aussi. Soudain, il ressuscita, un bon mot lui échappa, il força ses mais à étouffer un rire dans leurs manches de dentelles. Sa tristesse le reprit, ses yeux rougirent, il sanglotait, on était à la tragédie." (p. 18)
"Il enfila une robe d'intérieur fourrée, un vilain bonnet de velours, des pantoufles, et se contempla dans le miroir de la cheminée pour vérifier qu'il était habillé en Voltaire. Comme put le constater la marquise, il suffisait de peu de chose pour attraper le grand chic philosophique." (p. 79)
"Voltaire songea que les enquêtes étaient comme la philosophie : la découverte d'une certitude amenait cent nouvelles interrogations. Autant dire que c'était là l'occupation de toute une vie et une tâche trop délicate pour la laisser aux mains de la police." (p. 237)
La baronne meurt a cinq heures
Texte © Miss Alfie 2011, sauf citations.
Edition lue : La baronne meurt à cinq heures, Frédéric Lenormand, Éditions Jean-Claude Lattès, collection Romans historiques, 2011, 280 pages.