L'aliéniste - Caleb Carr
New York, 1896. Alors que Theodore Roosevelt, préfet de police, fait face à plusieurs assassinats violents, il fait appel à deux de ses amis, l'un journaliste, John Moore, l'autre psychiatre, Laszlo Kreizler, pour débusquer le meurtrier. Le trio, aidé de quelques acolytes, devra faire face à quelques embûches... Ses méthodes avant-gardistes sont loin de faire l'unanimité que tant dans l'opinion publique que dans les forces de l'ordre.
Voilà plusieurs mois que l'on m'a parlé de ce titre, le "On" était l'un des contributeurs de ce blog, même s'il n'a plus beaucoup contribué ces derniers temps ! Connaissant un peu mes goûts littéraires, Clément m'avait suggéré cette lecture autour de meurtres en série et des prémices de ce que l'on appelle aujourd'hui le profilage.
En effet, L'aliéniste met en scène un personnage obscur, aux faux airs de Sherlock Holmes, un psychiatre européen immigré aux États-Unis et dont les théories dérangent à l'époque où l'on considère la folie innée, Laszlo Kreizler. Pour ce médecin, les actes des gens dépendent le leur enfance, de ce qu'ils ont vécu, ils deviennent ce qu'ils sont et ne naissent pas ainsi. Il cherche alors à comprendre ces hommes et ces femmes qui commettent des actes innommables, ne juge pas et considère que temps et écoute peuvent en faire d'autres êtres humains.
A ses côtés, Caleb Carr met en scène un éminent personnage historique qui nous est plus connu, à nous Français, pour son poste de Président des États-Unis d'Amérique que pour ses quelques années en tant que Préfet de police de New-York, à savoir Théodore Roosevelt. Par l'intérmédiaire de ce personnage, l'auteur introduit un réalisme historique certain, puisqu'il campe l'intrigue dans un contexte de dénonciation de la corruption qui faisait rage à l'époque dans la police new-yorkaise. On découvre la ville à la fin du 19e, avec ses beaux quartiers et ses bouges, ses malfrats à la solde du parrain du coin et ses grands travaux qui participent à la métamorphose de la ville.
Pour nous relater l'enquête qu'ils vont suivre, l'auteur a créé un narrateur qui va participer tout aussi activement aux recherches en la personne d'un journaliste. C'est lui qui aura la charge, au lendemain de la mort de Roosevelt en 1919, de raconter au monde comment, dans le secret d'un immeuble sur Broadway, quelques hommes et une femme tentèrent de brosser un portrait d'un meurtrier, portrait qui devait leur permettre de mettre la main sur l'homme qui effrayait toutes les familles du coin...
Avec quelques scènes d'action, très légère, mais surtout une grand attention portée à la construction de la psychologie du meurtrier, L'aliéniste est un excellent roman noir, avec des personnages bien trempés, attachants pour certains, qui vous transportera directement dans un New York en pleine mutation, plus noir et plus impressionnant que ce que j'en imaginais déjà...
Ce qu'on en dit ailleurs :
- Boulimie livresque : "Tout est mis en oeuvre pour nous mettre dans le bain et nous faire cogiter en même temps que cette bande de "détectives"."
- Des livres, des livres ! : "L’ensemble néanmoins se tient bien et se révèle instructif et passionnant, pour tous ceux qui s’intéressent à cette période charnière et aux prémices de la médecine légale."
- Mot-à-Mots : "Parfois, le roman est un peu lent à avancer, mais, par conséquent, on goûte la balade dans les rues de la ville."
Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : L'aliéniste, Caleb Carr, traduit de l'anglais (américain) par René Baldy et Jacques Martinache, Éditions Pocket, 1996, 576 pages.