Miss Alfie, croqueuse de livres

Un livre, une histoire, une critique pour une bibliophage avertie !

02 novembre 2009

Kaamelott

kaamelottAu Ve siècle après Jésus Christ, désigné par les Dieux et possesseur de l'épée ExcaliburExcalibur, le roi Arthur rassemble les chefs de guerre bretons pour mener à bien la quête divine qui lui a été confiée : la quête du Graal.

Qui ne connaît pas Merlin, la forêt de Brocéliande et la légende arthurienne ? Bien peu de monde, il faut le dire. Et c'est de cette légende qu'est née la série désormais culte d'Alexandre Astier, Kaamelott. Parodie déjantée à l'origine, Kaamelott met un scène des chevaliers de pacotille, peu doués pour les quêtes, pas forcément futés, trouillards pour certains et surtout bien éloignés des principes de la chevalerie puisqu'on trouve même autour de la table des chevaliers qui n'en sont pas ! Mais attention, qu'on soit bien clair, tout cela est complètement délibéré ! Si Alexandre Astier avait voulu nous servir une vision connue de la légende arthurienne, il lui suffisait d'adapter n'importe quel roman sur la question. Là, l'idée est de parodier, du moins à l'origine.

Depuis sa création en 2005, les inconditionnels n'auront pas loupé l'évolution et le tour parfois dramatique qu'a pris la série. D'un premier Livre fait de courts épisodes où les gags et les bons mots se succèdent, on a peu à peu vu apparaître les trahisons, les conflits et les doutes chez Arthur et son entourage. A partir du Livre III, il devient quasiment nécessaire de suivre tous les épisodes pour comprendre l'intrigue générale car même si chaque épisode développe une intrigue qui lui est propre, certains éléments s'enchaînent et créent une trame de fond.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que la diffusion des 9 épisodes du Livre VI vient de s'achever et que le manque se fait déjà sentir... Il faut dire aussi qu'Alexandre Astier a sû conquérir son public en donnant de plus en plus de corps à son histoire, en complexifiant peu à peu ses personnages, en particulier celui d'Arthur qui apparaît au départ comme un roi aimant s'amuser, sûr de lui, peu aidé par son entourage, à l'exception du fidèle Lancelot... Kaamelott3Fidèle qui n'en a que le nom... Mais ceci est une autre histoire et il ne s'agit pas de tout vous dévoiler non plus ! Toujours est-il que ce Livre VI, en nous plongeant dans la jeunesse d'Arthur, qui à l'époque était Arturus, soldat dans la milice civile de Rome, porté sur le trône de Bretagne par des romains désireux de terminer l'extension de leur empire, nous montre un futur roi anxieux, dont certains actes apportent des clés de compréhension quant à la suite de l'histoire.

Au fil des épisodes, les personnages ont gagné en consistance, certains sont apparus ponctuellement, et quelques guest stars avec comme Christian Clavier, Alain Chabat (Cf. photo), Elie Semoun ou encore Antoine de Caune qui, lui, fait régulièrement des apparitions, campant un personnage qui ne le met d'ailleurs pas forcément à son avantage !!! Soyons clairs cependant : les libertés prises par Alexandre Astier autour de la légende vont de paire avec les libertés prises quant au caractère de ses personnages. Guenièvre passe pour une mijaurée pas dégrossie, Perceval pour un imbécile de première classe, Karadoc pour un goinfre affamé et Merlin pour un magicien loufoque et peu fiable... Mais le charme de cette série réside également dans ces personnages déjantés, délirants et totalement hors propos les 3/4 du temps.

Kaamelott2Après 6 saisons diffusées sur M6, Astier a décidé de stopper le format "série" pour désormais nous proposer une trilogie cinématographique qui permettra de clore l'aventure de Kaamelott en apportant des réponses à bons nombres de questions encore en suspens. Oui, mais voilà : il va falloir attendre 2012 visiblement pour en profiter !!!

En attendant, il n'y a plus qu'une chose, se visionner à nouveau l'intégrale des DVD, profiter des acteurs tous aussi bons les uns que les autres, se répéter les phrases cultes ("C'est pas faux..."), et pourquoi pas se plonger dans les BD dérivées de la série, ou carrément, dans la véritable histoire du Roi Arthur...

Texte © Miss Alfie 2009.
Images Kaamelott
(2005-2009).

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19 octobre 2009

Poser ma besace à Besac

besace_a_besacDaniel n'a pas remis les pieds à Besançon depuis 30 ans. Et le voilà qui débarque chez sa soeur un beau matin, après avoir appris la disparition de son neveu. De Planoise à la Boucle, en passant par Clairs-SoleilClairs-Soleil, Daniel va redécouvrir sa ville et marcher dans les pas de son neveu.

Avec Poser ma besace à Besac, Marcus Malte nous livre à la fois un court roman et une vision sociologique de Besançon. L'histoire pourrait se passer dans n'importe quelle ville, mais c'est à Besançon, en Franche-Comté , que l'intrigue se passe. Ce livre est en fait l'aboutissement d'un projet initié par une association bisontine dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale. Marcus Malte a, pour l'écrire, rencontrer les jeunes habitants notamment les quartiers dits "sensibles" de la capitale comtoise. De ces rencontres, il a fait ce livre, où l'intrigue se mêle aux réflexions des habitants.

N'importe qui a déjà travaillé, vécu dans ces quartiers sensibles, qu'ils soient bisontins, parisiens ou bordelais, comprendra les propos et l'analyse qui ressort de cette nouvelle : non, vivre dans un quartier stigmatisé n'est pas forcément vécu comme une tare, et oui, il y a bien une ville dans la ville très souvent. Ayant moi-même "travaillé" six mois dans ce type de quartier pendant mes études, et bien que cela se soit passé à l'autre bout de la France, je peux vous garantir que lorsque les adolescents qui y vivent au quotidien disent s'y sentir chez eux, ils le pensent vraiment.
Au delà de ça, ce roman donne aussi une vision de l'autre partie de la ville, met en évidence les clivages qui existent entre les quartiers, entre les styles de vie. Habiter Planoise, ce n'est pas habiter le centre ville. Et si les ados de Planoise ne descendent pas dans la Boucle, le centre ville bisontin, ce n'est pas pour rien : ils ne s'y sentent pas chez eux...

Bien qu'une intrigue serve de cadre à cette enquête sociologique, il est clair que lorsque le personnage de Daniel discute avec son ancien copain, les propos de ce dernier semblent plus sortir d'un livre de sociologie que de la bouche d'un quidam landa. Ceci dit, il faut bien se rappeler que cet ouvrage est sorti dans le cadre d'un projet mis en oeuvre dans les quartiers de Besançon, avec pur objectif d'inclure les jeunes bisontins dans ce livre.

Au final, Marcus Malte nous livre une histoire où il fait bon entendre parler de la ville où l'on vit, que l'on habite, pour une fois que l'intrigue ne se passe pas à Paris...!

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Poser ma besace à Besac, Marcus Malte, Éditions Aéropage
(2008).

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24 septembre 2009

Terminus Brocéliande

9782916184081Un an auparavant, Christophe R. a disparu. Ses vêtements sont retrouvés à proximité de l'Hôtié de Viviane, en forêt de Brocéliande. Il laisse derrière lui un étrange journal intime où il raconte ses rencontres avec un nain, un géant et la mystérieuse Linoï. Un profiler, Mac'herig décide de partir à sa recherche. Entre des rôlistes, un libraire bizarre et des écrivains du début du siècle, la recherche s'annonce délicate.

Ouéééé, mon pote, c'est bon, ça !!! C'est quoi ? De l'afghane ? De la marocaine ?? En tout cas, elle est grave bonne, ta beuh !! Sérieux, c'est complètement allumé, ton truc. Des nains, des filles gothiques et même des éléphants et des rats qui parlent, il manque plus qu'un monde parallèle et un démon et on a la totale. Ah, bah, en y repensant, on a la totale...

Bon, plus sérieusement, à la lecture de cet ouvrage, je ne sais pas sur quel pied danser. Soit l'auteur a voulu faire un thriller fantastique le plus sérieusement du monde et, franchement, c'est risible parce que c'est tout sauf sérieux. Soit il a voulu faire un polar un peu déconnant auquel cas il manque un petit quelque chose qui donne la folie au truc. Dans tous les cas, je trouve le truc un peu inachevé.

D'autre part, le scénario aurait pu être sympa si la fin n'avait pas été si honteusement bâclée. On part d'une disparition et on alterne entre pages du journal intime qui décrivent le voyage dans le monde parallèle du disparu et l'enquête du profiler jour pour jour un an plus tard. C'est sympa, rythmé, tout qui va bien. Et puis, sur la fin, on n'a plus que le profiler, mais sans enquête puisqu'il lit un bouquin. Et puis, dans les derniers chapitres, la chute. Je serai vraiment méchant que je dirai qu'elle est nulle. Mais bon, je sais être mesuré, je dirai seulement qu'elle est ratée.

Au final, on a à faire avec un court polar rythmé mais mal défini sur sa forme avec un dénouement assez vilain qui gâche un peu le délire hallucinogène dans lequel on était entré.

Texte © Guigzz 2009
Image Terminus Brocéliande, Renaud Marhic, AK Editions (2007)

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20 septembre 2009

La délicatesse

la_d_licatesseFrançois et Nathalie se sont rencontrés par hasard, dans la rue. Ils ont été boire un café, se sont plus, se sont mariés, ont été heureux. Jusqu'au jour où François est mort. Nathalie a dû tout recommencer. Et puis un jour, des mois, des années après la mort de François, elle embrassa Markus, l'un de ses collègues. Et dû réapprendre aussi à aimer.

Il n'est pas long, ce dernier roman de David Foenkinos, La délicatesse. Tout juste 200 pages ! Un roman que l'on prend le dimanche midi après manger, et que l'on déguste pendant l'après-midi, en jetant de temps à autre un coup d'oeil sur la pluie qui dégouline sur les fenêtre. On peut l'accompagner d'un thé, d'un café ou d'un bon verre de vin. D'un morceau de musique, d'une chanson qui nous plaît. Qu'importe, du moment que ce soit agréable et délicat. Comme le livre que l'on déguste... On aura d'ailleurs tendance à froncer les sourcils si la tranquillité dans laquelle on s'est installée est rompus par les échos d'un match retransmis dans la pièce d'à côté. Chut... Doucement, délicatement, on se laisse emporter par l'histoire.

L'histoire, elle aurait pu être très traditionnelle, très basique : une femme aime un homme qui meurt et elle n'arrive pas à s'en remettre. Elle aurait pu être très larmoyante aussi. Mais pas du tout ! Au contraire, elle serait presque drôle par moment, grâce à quelques traits d'humour, des réflexions de l'auteur à travers les notes de bas de page, réflexions qui n'ont aucune utilité, si ce n'est nous faire sourire, forcément... Ainsi, à la page 111, on apprend que "La location de petites jambes n'existe pas." Ennuyeux au théâtre en effet... On n'y pense pas assez ! Ces remarques, insérées ça et là, rompant la lecture et la narration traditionnelle, nous rendent les personnages plus réels, ancrées dans une réalité qui nous est précisées à travers ces petits chapitres où l'on apprend les scores d'une soirée de foot ou qui nous donne à lire un article de journal que lira Markus...

Le tout, loin d'en faire un roman larmoyant, donne quelques chose de poétique et doux dans la narration. Foenkinos ne s'encombre pas de descriptions multiples de l'environnement, des personnages. Non, il nous donne les éléments principaux, qui nous permettent de cerner la personnalité des protagonistes,d'esquisser les grandes lignes de leur caractère en laissant suffisamment de liberté à notre imaginaire. Le style est finalement assez épuré, mais cela n'empêche pas de lire certaines phrases et de les entendre tourner et retourner dans la tête une fois le livre refermé... Oui, peut-être y a-t-il quelques lieux communs dans cette histoire, mais ils sont si poétiques et délicat qu'on n'en veut guère à l'auteur... Ainsi, cet extrait, qui tourne en boucle comme un refrain lancinant... "Et fut saisie tout particulièrement par la vision du marque-page. Le livre était ainsi coupé en deux, la première partie avait été lue du vivant de François. Et à la page 321, il était mort. Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d'un livre interrompu par la mort de son mari ?" (p.37)

Avec La délicatesse, David Foenkinos, dont c'est le premier livre que je lis, nous offre une histoire d'amour, une histoire sur l'amour, sur l'art d'aimer et d'être aimé, sur le bonheur de la tendresse, et nous interroge : si la personne que l'on aime aujourd'hui meure, pourra-t-on un jour aimer à nouveau ?...

A lire aussi :
Pour Elfique, "cette lecture fut un réel plaisir" ;
Emeraude souligne que "David Foenkinos a un humour vraiment particulier et [elle] aime beaucoup !" (et moi aussi d'ailleurs !) ;
En revanche, Cuné a eu l'impression de s'exclamer ""oh arrête !", un petit peu trop souvent" ;
Quant à Caro[line], fan inconditionnelle de Foenkinos, elle estime que c'est "un très bon cru" !

Texte © Miss Alfie 2009 (sauf citations : David Foenkinos, La délicatesse).
Image La délicatesse, David Foenkinos, Éditions Gallimard
(2009).

objectif_pal

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14 septembre 2009

Le carrefour des Ecrasés

carrefour_des_ecrases1891. Victor Legris tient toujours sa librairie avec son ami Kenji Mori. Un matin, on leur apporte un soulier rouge au fond duquel une carte avec l'adresse de la librairie sert de semelle. Ce même jour, on  découvre le cadavre d'une jeune femme vêtue de rouge au visage vitriolé. Accompagné de Joseph, Victor s'embarque rapidement dans une nouvelle aventures, au grand dam de Tasha.

Troisième opus de la série des enquêtes de Victor Legris par Claude Izner (après Mystère rue des Saints-Pères et La disparue du Père Lachaise), voilà la fine équipe de la librairie qui revient pour nous entraîner dans le Paris du XIXe. On retrouve bien sûr Victor et Tasha, plus ou moins en ménage, Kenji dont les "cachotteries" des premiers opus vont être mises à jour, et Joseph, le commis dont la place grandit au fil de chaque roman. Les personnages qui semblaient secondaires au début du premier volume gagnent en effet en consistance au fur et à mesure de chaque enquête. Tasha, par exemple, prend de l'assurance, apparaît comme une femme très moderne pour son époque et nous entraîne dans les cafés de Montmartre. De même, Joseph devient un enquêteur à part entière, aussi investi dans l'intrigue que Victor, et de sa passion pour les faits divers qu'il consigne dans son petit carnet va finir par naître un joli projet.

Ceci dit, bien que ce soit avec plaisir que j'ai retrouvé les personnages centraux de ces histoires, j'avoue m'être un peu embrouillé les pinceaux en raison de la lecture, il y a à peine quelques semaines, du troisième opus de la série de Brigitte Aubert, Projections macabres. Et si les personnages et les intrigues sont bien différentes, le contexte est tellement proche d'un point de vue historique que je me suis parfois embrouillée... Il faut dire aussi que les romans de Brigitte Aubert mettent en scène des personnages réels à foison, et que me retrouver à nouveau au Moulin Rouge avec La Goulue m'a semblé étrange... Je n'aurai pas été surprise de me trouver nez à nez avec Louis Denfert au détour d'une page...

Par ailleurs, j'avoue être restée sur ma faim et avoir ressenti une impression de "déjà vu" à la lecture de la fin de l'intrigue... Si les auteurs décident systématiquement de cacher le meurtrier dans l'entourage des personnages, cela va finir par me lasser... Du coup, je tenterai peut-être le quatrième volet d'ici quelques temps, histoire de vérifier que mon impression de "déjà vu" n'est qu'une impression idiote, mais il va falloir que ce quatrième volet m'épate malgré tout pour que je poursuivre cette série sans m'essouffler !

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le carrefour des Ecrasés, Claude Izner, Éditions 10/18
(2003).

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19 août 2009

Le Roman du Roi Arthur

aerthurDeux tomes pour raconter la légende arthurienne : la naissance et les pouvoirs de Merlin, Arthur qui découvre Excalibur, son mariage avec Guenièvre, l'enfance de Lancelot du Lac avec la Dame du (fameux) Lac, les aventures des chevaliers de la Table Ronde, de Perceval à Galaad en passant par Gauvain, Bohort ou Mordred et évidemment la quête du Graal.

J'aime beaucoup la légende arthurienne. Il ya dans cette histoire un je-ne-sais-quoi d'absolument fascinant. Donc j'aime à lire ou voir tout ce qui s'y rapporte, des différentes séries de BD à la série Kaamelott en passant par les longs-métrages Arthur d'Antoine Fuqua (décevant) ou Holy Grail des Monty Python (cultissime). Là, ma chère et tendre (et donc proprio des lieux, hein, moi, je fais que squatter) m'a offert la version qui se veut officielle de la légende puisqu'elle rassemble les différentes sources, de Chrétien de Troyes à Robert de Boron. Quand j'ai vu ce beau cadeau, je me suis "Cool ! Mais le vieux françois, moi, je sais pas lire !" Rassurez-vous, c'est écrit en vrai français, certes très châtié mais en vrai français.

Evidemment, pour mieux ingérer ces deux pavés, évitez toute référence à une quelconque oeuvre antérieure. Oubliez Kaamelott et ses chevaliers couards et idiots, ici, la chevalerie est prise au sens noble du terme. L'honneur est au centre des relations. Les tournois sont là pour montrer la supériorité des chevaliers. Lancelot est un peu le meilleur à ce jeu mais s'il n'avais pas tendance à reluquer les nanas d'un peu trop près, il aurait été l'élu pour la quète du Graal. Oubliez l'humour de la série ou des Monty Python, ici, on ne rigole pas. C'est sérieux de chercher la meilleur chevalier du monde ou le Graal, quoi ! Oubliez le rôle essentiel de Merlin que mentionne à peu près toutes les histoires. Il n'a ici qu'une place mesurée, au début de l'histoire quand il s'agit de guider ces chevaliers vers la lumière.

Une fois que vous avez fait place nette de tous ces clichés, vous pouvez vous plonger dans cette fantastique histoire que l'on peut découper en quatre sous-tomes : la naissance des chevaliers de la table ronde, le meilleur chevalier du monde, la quête du Graal, la fin des temps aventureux. En effet, tout ne s'arrête pas avec la découverte du Graal (parce qu'ils le trouvent, hé ouais ! Mais je vous dirai pas qui, hein...). Derrière, Arthur découvrant que sa connasse de Guenièvre a cédé aux avances du bellâtre Lancelot, s'engage dans une voie qui mènera à la destruction du royaume de Logres.

Au final, on a à faire ici avec un ouvrage majeur rassemblant les différentes versions de la légende arthurienne. Le découpage en courts chapitres permet une lecture aisée. Il est également amusant de faire le parallèle entre les personnages qui sont décrits dans cette oeuvre et leur "avatars" que l'on peut voir dans d'autres versions. Je conseille donc aux amateurs la lecture de cet ouvrage de deux tomes (en version poche).

Texte © Guigzz 2009.
Image Le Roman du Roi Arthur, Xavier de Langlais, Éditions Coop Breizh (2005).

31 juillet 2009

Projections macabres

projections_macabresMai 1897. Alors que Louis Denfert se rend au Bazar de la Charité retrouver sa compagne, l'actrice Camille de Saens, à une vente de charité, un incendie se déclare dans le local du cinématographe, provoquant panique et morts parmi les personnalités venues assister à cet évènement. Accompagné d'Emile Germain, l'ancien militaire, Louis va aider leur ami Albert Féclas, médecin légiste, à sortir les corps des décombres, et tomber sur un cadavre pour le moins étrange : un meurtrier aurait-il profité de l'incendie pour cacher son méfait ? Sur fond de conflit entre l'Eglise, les Francs-Maçons et les satanistes, Louis et ses amis vont se retrouver à Aix-les-Bains sur la piste d'un tueur en série aux procédés bien étranges...

Après Le miroir des ombres et La danse des illusions, Brigitte Aubert revient pour nous proposer une troisième aventure du journaliste-enquêteur au coeur du monde naissant du septième art. Au delà du style, qui ne change guère, il m'a semblé que ce troisième opus était encore plus truffé de personnages réels que les précédents... Il faut dire aussi qu'à nous entrainer dans le sillage de Léo Taxil, écrivain de l'époque, et de son"célèbre" canular, elle nous plonge en plein dans les discussions de l'époque autour de la Francs-maçonnerie, secte sataniste ou non (vous trouverez à la fin de l'article deux liens donnant quelques éléments de compréhension, notamment aux futurs lecteurs, ces infos étant rapidement données dans le livre). Une fois de plus, le tour de force de Brigitte Aubert est d'introduire des éléments historiques au sein de sa fiction... Avec, ceci dit, parfois quelques lourdeurs lorsque les personnages se retrouvent à citer des extraits d'auteurs...

Ce petit bémol mis à part, il est toujours agréable de retrouver les personnages que l'on suit depuis le début. Six ans se sont écoulés entre le premier épisode et celui-ci, et je reprocherai peut-être un peu à l'auteur de ne pas forcément faire évoluer ses personnages. Les deux qui semblent le plus "changer" entre chaque opus sont Albert Féclas et Camille de Saens, tous deux par le biais de leur rôle sur la scène culturelle.
Culturellement d'ailleurs, c'est quand même avec beaucoup de plaisir que l'on voit apparaitre au détour d'une rencontre au casino un monsieur accompagné de son fils qui s'avèrent être Sacha Guitry... De même, après La Goulue dans le précédent épisode, c'est Mistinguette ou la Polaire, deux artistes de music-hall célèbres à l'époque qui apparaissent dans l'ombre de nos héros.
Ces personnages historiques, ajoutés à la précision avec laquelle Brigitte Aubert décrit l'environnement et les progrès de la fin du XIXe siècle font de ce roman policier un vériable voyage dans le temps !

Pour en savoir plus sur Taxil et son canular (sur Wikipédia) :

Texte © Miss Alfie 2009.
Images Là-haut, Pete Doctor et Bob Peterson
(2009).

23 juillet 2009

Jane Birkin de passage...

On est sensé parler de bouquins ici ? Attends, faut pas se moquer de moi, y'a des chroniques ciné. Alors, bon, tant qu'à parler culture, autant parler musique. Alors, voilà, c'était lancé comme ça. Et si on allait voir Jane Birkin et ses invités en concert dans le cadre d'un festival organisé par la région ? Bon, dans les invités, y'avait Etienne Daho et moi, j'aime bien. Accessoirement, si tant est que t'arrivais à joindre le standard, c'était gratuit et pis en plus, c'était dans un cadre sympa puisque c'était dans la saline royale d'Arc-et-Senans. Pour info, ça ressemble à ça :

Saline

Arivés là-bas, 1è surprise, y'a du monde. Etonnant. Mais bon, la culture, quand c'est gratuit, ça attire. Tant mieux. Début du concert prévu à 21h30. Vous savez comment ça se passe dans un concert avec une heure de début. Bon, là, pareil, le concert commence à... 21h30. Pétantes. Ah ouais, quand même. Comme dans tout bon concert, ça commence par une 1è partie. Cool ! Et là, la 1è partie du concert de Jane Birkin s'appelle... Jane Birkin. Dans une version orientalisée de ses chansons. Divin. Accompagnée d'un piano, d'un violon et d'une percus, la chanteuse Anglaise te revisite quatre chansons du répertoire birkino-gainsbourgeois et t'emmène sur les reliefs de l'Atlas avec, en particulier, Elisa.

Deuxième partie plus classique, quoique sans batterie ou percus. Deux invités de passage pour deux chansons chacun : Beth Gibbons (Portishead) et Etienne Daho, donc. La première est charmante et envoûtante, le second charmeur et ancré dans son registre pop (Les dessous chics, Ford Mustang). Entre temps, un entracte un peu bizarre dans le cadre du concert : des musiciens et des danseurs tchétchènes. OK, malgré la relative maladresse due au jeune âge des danseurs, c'est super sympa à regarder, mais bon, voilà, tu sors du concert et après, faut s'y remettre. Ce sera mon seul bémol, promis.

Jane

Pendant un peu plus de deux heures, on voit une Jane Birkin dansant, calme, émouvante, engagée ou souriante, ponctuant son spectacle de petits moments qui font que ceux qui vont pas au spectacle, ils savent pas. Parce que vous pensez pas que je vais tout vous dire comment on a passé un moment agréable hier soir, si ?

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02 juillet 2009

Tellement proches

Tellement_prochesComme tous les samedis, Alain et Nathalie se rendent chez le frère de cette dernière, Jean-Pierre, pour dîner, avec leur fils aîné, Lucien, gamin un brin turbulent. Après s'être, comme toujours, perdus dans les rues de Créteil, ils arrivent chez Jean-Pierre et Catherine, parents de la prodigieuse Gaëlle et de la bruyante Juliette. Se joignent à eux la soeur de Jean-Pierre et Nathalie, Roxanne, et Bruno, interne en médecine sur qui Roxanne a jeté son dévolu, craignant de ne pas avoir d'enfants. Mais cette soirée ne va pas vraiment se passer comme prévu, et les jours suivants vont voir s'effondrer beaucoup de choses dans cette grande famille !

Tellement proches est le troisième film réalisé en commun par Olivier Nakache et Eric Toledano après Je préfère qu'on reste amis... (2005) et Nos jours heureux (2006). Axé sur les relations familiales et leur aspect parfois étouffant, ce film nous propose 1h40 de rire et de situations dont certaines ne seront pas sans en rappeler d'autres, parfois étrangement réelles...!
On y retrouve Joséphine de Meaux, avec qui les deux réalisateurs avaient déjà travaillé dans Nos jours heureux, ainsi qu'Isabelle Carré qu'on a par ailleurs vu dans des films plus dramatiques comme Anna M. (2007), Holy Lola (2004), Se souvenir des belles choses (2002) ou dans l'adaptation télévisée d'A l'abri de rien d'Olivier Adam, Maman est folle (2005). Côté têtes d'affiche, notons aussi la présence de Vincent Elbaz (Le péril jeune (1995), La vérité si j'mens (1997), Les randonneurs (1997)) en père un peu paumé et de François-XavierFrançois-Xavier Demaison qui a troqué son costume de Coluche, l'histoire d'un mec (2008) contre la toge d'un avocat commis d'office en manque d'argent et étouffée par une épouse plus que volontariste (Audrey Dana, Welcome (2009)). Cependant, la plus belle surprise pour moi fut la prestation d'Omar Sy, plus connu sous le pseudo d'Omar, et accolyte de Fred dans le fameux Service après vente des émissions diffusé tous les soirs sur Canal + aux alentours de 20h40 et qui avait déjà joué lui aussi dans Nos jours heureux. Loin des personnages loufoques incarnés dans l'émission de Canal +, Omar Sy est ici tout en retenue, très pince sans rire et très à propos dans toutes ses scènes.
Deux bémols cependant pour une comédie qui ravira petits et grands : l'impression de déjà vu de la scène dans un grand magasin suédois qui rappelait grandement l'un des sketches de L'autre, c'est moi, one-man-show de Gad Elmaleh, et la fin un peu simpliste, un peu "cul cul la praline"... Ceci dit, entre ces deux instants, plus d'une heure et demie de rire grâce à des situations parfois loufoques, mais tellement ancrées dans la réalité !...

La bande annonce

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Tellement proches, Eric Toledano et Olivier Nakache (2009).

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27 juin 2009

Là où les tigres sont chez eux

la_ou_les_tigres_sont_chez_euxComment présenter en quelques lignes un roman qui fait près de 800 pages et qui raconte autant d'histoires en une seule ? Peut-être tout simplement grâce à leur dénominateur commun, le manuscrit écrit par l'un de ses élèves et retraçant la biographie d'un jésuite du 17e siècle, Athanase Kircher, inventeur de la lanterne magique, de l'égyptologie et de multiples autres appareils et concepts. Un manuscrit qu'étudie Eléazard von Wogau, correspondant de presse en instance de divorce, perdu dans son village brésilien, tandis que son ex-femme s'embarque pour une expédition archéologique dans la jungle brésilienne et que leur fille tente de se trouver et de se comprendre...

Les 800 pages de Là où les tigres sont chez eux sont un émerveillement de tous les instants... Huit-cent pages... Voilà bien longtemps que je n'en avais pas lu autant d'un coup, mais quelle lecture ! Elaine, l'ex-épouse d'Eléazard, part dans la jungle, mais c'est le livre en lui même que nous propose Jean-Marie Blas de Roblès qui est une jungle, une jungle foisonnante d'idées, de concepts, de découvertes, de nouveautés, de relations...
Chaque chapitre commence par un extrait de la fameuse biographie de Kircher sur laquelle Eléazard travaille. Elle est clairement le point central de toutes les histoires que l'on découvre en parallèle dans ce roman puisque chaque chapitre est découpé ensuite en mini-chapitresmini-chapitres où l'on retrouve Nelson, Elaine, Eléazard, Moema, le gouverneur, le tout alternativement. Cette construction entraîne rapidement l'envie de poursuivre la lecture afin de découvrir ce qu'il arrive aux uns et aux autres, que l'on soit au 17e siècle ou de nos jours...
Il est souvent reproché à certains auteurs un manque de consistance dans la psychologie de leurs personnages, dans le relief qu'ils leur donnent, ou pas. Ici, cette critique ne peut s'appliquer car Jean-Marie Blas de Roblès semble prendre le temps de nous présenter chacun des protagonistes, nous laissant cependant le plaisir de découvrir au fur et à mesure les liens qui se tissent entre des individus a priori sans relations.
L'un des défis magnifiquement rempli de ce livre est de mêler l'histoire de personnage de fiction à celle d'un jésuite parfois méconnu mais ayant cependant tenté de faire avancer les sciences à son époque, même si certaines de ses découvertes, comme la traduction des hiéroglyphes, s'avérèrent erronées par la suite. En effet, Athanase Kircher a bel et bien existé, et tous les éléments présentés par Jean-Marie Blas de Roblès sont certainement le fruit d'un travail long et minutieux... Ceci dit, lorsque l'on sait que l'auteur a mis une dizaine d'années pour en accoucher, rien d'extraordinaire à découvrir un roman fortement documenté, et ce pour notre plus grand plaisir !
A noter toutefois que ce roman ne se lit pas si facilement que ça... Il m'aura fallu deux semaines de congés pour l'apprécier à sa juste valeur, prenant le temps de "digérer" certains passages aux réflexions philosophiques parfois ardues, oscillant entre le désir d'en savoir plus sur Kircher au départ, puis sur les personnages contemporains à la fin...
"Ces labyrinthes concentriques et leur Minotaure plus ou moins reconnaissables", m'avait dédicacé l'auteur lors du Salon du livre de Paris... Il y a de ça, une grande histoire dont on déroule le fil au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans le labyrinthe de la narration.

A lire aussi : Les avis d'Amanda Meyre qui en garde "un souvenir à la fois agréable et amer", de Rousseau pour qui "ce livre est un miracle baroque", de Keisha qui parle d'une "belle lecture avec ce roman fourmillant d'histoire qui se répondent", d'Essel qui évoque un "roman incontournable", de Pascal pour qui il s'agit d'un "kaléidoscope qui nous mène de surprises en surprises au fil des pages" ou encore d'Emeraude qui qualifie cette lecture de "fastidieuse mais excellente".

A découvrir aussi : La page WikipédiaWikipédia consacrée à Athanase Kircher, et l'index iconographique disponible sur le site de Jean-Marie Blas de Roblès et permettant d'aller plus loin dans la connaissance du jésuite.

Prix obtenus : Prix du roman Fnac 2008, Prix Jean Giono - Prix du jury 2008, Prix Médicis 2008.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Roblès, Éditions Zulma (2008).

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