26 août 2009
Slumdog Millionnaire
Comment Jamal Malik a-t-il pu arriver à la question finale de "Qui veut gagner des millions ?" alors qu'il est un enfant des bidonvilles ? Qui sont ses complices ? C'est à ces questions que veulent répondre les policiers qui l'interrogent inlassablement, tentant de lui faire avouer sa tricherie. Mais Jamal ne faiblit pas : non, il n'a pas triché, oui, il connaissait toutes les réponses. Et il va, question après question, l'expliquer à ses geôliers.
Adapté du roman de Vikas Swarup Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint millionnaire, Slumdog Millionnaire a largement fait parler de lui en début d'année 2009, lors de sa sortie sur les écrans. Récompensé par 8 Oscars et 4 Golden Globe, le dernier film de Dany Boyle (Trainspotting, Sunshine) a presque autant déchaîné les foules que Jamal à la question finale dans le film ! Il faut dire que le film a tout pour : une histoire digne d'un conte de fée, un cadre totalement étranger au confort occidental, des acteurs parfois incroyables, une musique entraînante... Bref, tout pour passer un bon moment.
Pourtant, les mauvaises langues vont bon train sur le réalisme du film, les Indiens eux-mêmes ne s'étant pas passionné autant que les occidentaux pour cette vision de l'Inde que certains qualifient d'exagérée ou d'irréellle. D'aucun regrettent aussi que la qualité de vie des jeunes acteurs soit toujours aussi mauvaise malgré les millions que le film a engendré. La tentative de vente de la jeune Rubina Ali, qui interprète La
tika enfant, par son père, ou la destruction du bidonville où les trois enfants vedettes habitaient ont fait le tour des informations, que ce soit à la télé ou sur le net.
Cependant, l'une des forces de Dany Boyle est d'avoir en effet choisi des enfants des bidonvilles pour interpréter Jamal, son frère et Latika. Leur connaissance du quartier et leurs habitudes de vie sont donc tellement réalistes que des acteurs n'auraient pu faire mieux. Et le fait de savoir que la vie quotidienne des enfants est identique à ce que l'on voit dans le film fait frémir, quand on quitte un instant des yeux l'écran et que l'on regarde autour de soi le confort qui est le notre. Côté personnages adultes, on trouve en tête d'affiche la belle Freida Pinto qui aura clairement été découverte par ce film, et Dev Patel, l'un des héros de la série britannique Skins.
En elle-même, l'histoire peut apparaître comme un conte de fée, avec de bons sentiments et une histoire d'amour en toile de fond. Mais le scénariste, Simon Beaufoy (Full Monty/Le grand jeu), a su conserver la trame de fond du livre de Swarup et a proposé une adaptation conservant la trame principale de l'histoire, mais plus simple à comprendre. Car il faut bien imaginer que ce film est une succession de flash-back, au rythme des questions auxquelles Jamal Malik est confronté. En revanche, contrairement au livre qui nous faisait passer des 10 ans de Jamal à la veille de l'émission, pour repartir 5 ans avant, Slumdog Millionnaire est découpé avec un minimum de chronologie dans les flash-back.
Du coup, j'avoue que je ne me suis nullement sentie perdue dans l'histoire... Ceci dit, je m'attendais à un tel découpage. Par contre, celui qui pense voir un film linéaire pourra être déçu !
Avant de vous laisser en paix en ce mercredi après-midi, je voudrai juste vous inviter à profiter de la musique,récompensée aux Oscars, et au clin d'oeil bollywoodien au début du générique... Mais je ne vous en dirai pas plus... Ou si, juste encore un détail : si vous pouvez le voir en VO, n'hésitez pas car vous profiterez des échanges en Hindi des enfants dans les bidonvilles et jonglerez entre la langue traditionnelle et l'anglais officiel...
Texte © Miss Alfie 2009.
Images Slumdog Millionnaire , Dany Boyle (2008).
04 août 2009
The Truman Show
Truman Burbank a une vie tout ce qu'il y a de plus américain. Il habite a Seaheaven avec son épouse, Méryl, dans un pavillon d'un quartier aux jardins bien ordonnés et bien entretenus. Tous les matins, il se rend à son boulot et vend des polices d'assurances. Mais depuis qu'il est tout petit, Truman rêve d'être un aventurier, de partir découvrir ce qu'il y a au delà du pont de Seaheaven, et qu'il n'a jamais traversé...
Au fil d'événements que Truman va trouver de plus en plus étranges, il va se rendre compte que toute sa vie n'est qu'une monumentale supercherie et qu'il est le héros d'une émission de télévision retransmise 24h sur 24. Pour une femme dont le souvenir le hante, il tentera de découvrir ce qui se cache "de l'autre côté du miroir"...
Lorsque les chaînes télévisées se font un plaisir de nous repasser tous les ans quelques "classiques" avec De Funès quand nous ne soupons pas de multiples rediffusions de séries ou de téléfilms, qu'il est bon d'avoir en réserve quelques DVD pour passer une soirée agréable... Sorti en 1998, The Truman Show présente un Jim Carrey bien loin de ses rôles dans The Mask ou Ace Ventura, détective pour chiens et chats. Peter Weis, le réalisateur du Cercle des poètes disparus, fait ici un excellent choix en offrant à Jim Carrey un rôle que beaucoup veulent aujourd'hui avoir... Car The Truman Show n'est, ni plus ni moins, qu'une parodie d'émission de télé réalité, sortie avant l'émergence en Europe d'émissions comme Loft Stroy (première saison en France en 2001). A la fin des années 60, Andy Warhol avait dit : "Dans le futur, chacun aura droit à ses quinze minutes de célébrité mondiale".
Et bien nous y sommes, cher Andy ! Et ce film est la preuve que tout ce qui relève de la fiction n'est pas fictif...
Dans The Truman Show, la vie de Seaheaven est réglée autour du héros, on passe des musiques qui "collent" à ce qui se passe, comme si chaque instant de nos vies était prévu et mis en musique... Une vie de film, on en rêverai presque... Mais lorsque Truman réalisé que chaque instant de sa vie est épié, que tout est créé, que sa femme n'est rien d'autre qu'une actrice payée pour l'aimer, il y a de quoi être déstabilisé. Encore une fois cela renvoie étrangement aux manipulations décidées par les productions d'émissions de télé réalité...
Au delà de ce lien on ne peut plus en phase avec l'actualité des médias, ce film amène aussi une réflexion sur le libre arbitre et le droit de chaque être humain à prendre les
décisions qu'il veut. La fin du film est on ne peut plus clair sur ce point : Truman a le choix entre rester dans un monde qui se veut parfait et continuer à faire rêver des millions de téléspectateur, ou partir vers l'inconnu et continuer sa propre vie, sans que plus personne ne décide de ce qui arrivera dans les prochains épisodes. Et ce thème n'est d'ailleurs pas sans rappeler le livre de Georges Orwell, 1984, au sein duquel les personnages vivent dans une société contrôlée par Big Brother... Big Brother, titre de l'émission d'Endemol, producteur de Loft Story, et sortie aux Pays-Bas en 1999...
Hasard ou coïncidence, The Truman Show, sorti un an avant Big Brother, prend alors l'aspect d'une fiction tellement réaliste qu'elle en fait froid dans le dos... Qui sait si dans une vingtaine d'années, les maisons de production n'adopteront pas des enfants comme Truman pour en faire des "bêtes de zoo" ?...
Texte © Miss Alfie 2009.
Images The Truman Show, Peter Weis (1998).
02 août 2009
Là-haut
Carl est un vieux veuf un peu grincheux dont la petit maison survit aux attaques incessantes d'un promoteur immobilier qui rêve d'envoyer Carl en maison de retraite pour récupérer son terrain. Saisissant une opportunité, Carl va réaliser la promesse fait à Ellie, son épouse décédée, d'installer leur maison près des Chutes du Paradis. Grâce à des milliers de ballons accrochés à sa maison, Carl va partir pour l'Amérique du Sud, embarquant dans son aventure Russell, un petit scout toujours enthousiaste mais un brin envahissant. Dans la jungle tropicale, ils croiseront la route de Doug, un chien qui parle, de Kevin le fameux Dabou et d'un explorateur oublié de tous, ou presque...
Que font deux adultes, bien sous tous rapports, approchant de la trentaine, mais restés un peu enfants dans leur tête, quand ils n'ont rien à faire un mercredi soir ? Ils vont au cinéma voir Là-haut, bien sûr ! Dernier né des studios Pixar, réalisé par Pete Doctor (Monstres & Cie) et Bob Peterson (scénariste sur Le monde de Nemo), Là-haut est réellement un excellent film d'animation comme je n'en avais pas vu depuis longtemps ! Est-ce parce que j'avais vu à la maison, sur une télé normale,
Ratatouille ou encore Les indestructibles, à l'heure où je fais souvent la sieste le dimanche, mais toujours est-il que je n'ai pas fermé une seconde les yeux devant le grand écran sur lequel défilait des images dont le dessin m'a enchanté.
Contrairement à des dessins animés où l'utilisation d'images de synthèse était clairement visible, j'ai vraiment eu devant les yeux pendant 1h30 un dessin animé, avec des graphismes "à l'ancienne", me rappelant les films de Walt Disney de mon enfance.
Certes, d'aucun diront que d'un point de vue scientifique, il est totalement impossible de faire voler une maison avec "si peu" de ballons. Et alors ?! Parce que vous croyez que la petite sirène a réellement existé ? Parce que Cendrillon a vraiment rencontré son prince charmant grace à une pompe ? Parce que la belle au bois dormant a franchement dormi 100 ans sans prendre une ride ? Non, faut redescendre sur terre hein ! On parle de dessin animé, on parle de magie, d'enfance, de féerie, de conte, et que sais-je encore !
Et côté magie et évasion, Là-haut fait le plein ! Déjà, l'idée de faire s'envoler sa maison et de la manoeuvre avec la girouette, les rideaux servant de voiles, je trouve ça extra. Après, se retrouver dans un endroit perdu, et rencontrer le fameux Dabou Kévin (quoi, vous ne connaissez pas le Dabou ? Ah... Mais courrez au cinéma quoi !!!), oiseau magnifique comme tous les enfants voudraient en dessiner avec les feutres tous neufs de la rentrée, c'est magique. Quand, en plus, le vieil homme grognon et le jeune scout trop joyeux tombent sur un chien qui parle et a une dent contre les écureuil, le tableau est complètement réussi pour faire passer une moment de rire et de plaisir entier !
Ah oui, juste en passant : ne partez pas avant la fin du générique qui fait partie intégrante du film... Même si les réalisateurs auraient potentiellement piqué l'idée à Amélie Poulain... Mais bon, on leur pardonnera, le film d'origine étant tellement bon... Mais ça, c'est une autre histoire !
Texte © Miss Alfie 2009.
Images Là-haut, Pete Doctor et Bob Peterson (2009).
16 juillet 2009
Public Enemies
Dans les années 30 aux Etats-Unis, John Dilliger est l'un des braqueurs de banque les plus recherchés du pays. Il est "l'ennemi public numéro 1" selon l'expression du directeur du FBI, John Edgar Hoover. Traqué par l'agent Melvin Purvis, Public Enemies relate le succès et la mort de ce gangster de la prohibition.
Autant le dire tout de suite, ça évitera les malentendus, si je suis allée voir ce film, c'est parce que monsieur me l'a proposé... Oui, moi, les films de gangsters qui se font butter à la fin, je suis pas forcément une grande fan... Mesrine s'était passé de moi dans les salles, Public Enemies aurait aussi pu si je n'avais pas cédé à la tentation de voir Johnny Depp sur grand écran en gangster plutôt attirant... Sans doute mon côté rebelle...! Toujours est-il que lundi dernier, je me suis retrouvée dans une salle de cinéma plutôt fraîche vu la température extérieure à m'enfiler un film de plus de deux heures à l'heure où mon estomac digérant réclame généralement une sieste.
Depuis l'époque de 21 Jump Street, j'ai plutôt eu l'occasion de voir Johnny Depp dans les films de Tim Burton dont on pourrait presque dire qu'il est l'un des acteurs fétiches (Edward aux mains d'argent, Ed Wood, Sleepy Hallow, Charlie et la chocolaterie, Les noces funèbres, Sweeney Todd, et bientôt Alice au pays des merveilles), sans compter la trilogie Pirates des Caraïbes. Dans Public Enemies, Johnny Depp est bien loin de ces personnages parfois loufoques, sortis de contes de fée pour adultes et pour enfants puisqu'il campe un personnage "historique" qui a fait naître le concept d'ennemi public numéro 1. Mais Michael Mann, le réalisateur du Dernier des Mohicans et, plus récemment, de Collatéral et Miami Vice a fait un excellent choix en prenant Johnny Depp dont l'image publique assez mystérieuse et la gueule de beau gosse un peu amochée rend John Dillinger a la fois inquiétant et attirant.
Face à Depp, un autre beau gosse du cinéma américain dont le succès au box office des deux premiers épisodes de la trilogie Batman de Christopher Nolan a pu faire de l'ombre à la trilogie Pirates des Caraïbes, à savoir Christian Bale, qui campe un agent fédéral prêt à utiliser toutes les armes à sa disposition pour combattre Dillinger, y compris en le tuant si c'est la seule solution pour l'empêcher de nuire à nouveau... Et entre les deux hommes, la frenchie Marion Cotillard qui tourne son premier film après le succès de La Môme et dont le visage qui semble tout droit sorti d'une photo des années 30 crève l'écran.
Côté acteurs donc, rien à redire au niveau du trio de tête qui incarne à la perfection à mon avis leurs rôles. En revanche, là où le bat blesse, c'est côté réalisation... Deux heures et quart, était-ce nécessaire de faire aussi long ? Ma foi, ça l'aurait pu, à condition que Michael Mann fasse le choix d'utiliser toutes les ressources à sa disposition... Il nous abreuve d'une quantité de petits malfrats tournant autour de Dillinger, on suppute des histoires de corruption des flics, mais rien n'est travaillé, au point de rendre ces personnages secondaires très secondaires, et d'embrouiller les pinceaux des spectateurs. Rajouté au jeu de la caméra qui semble ne pas vouloir se poser le temps que l'oeil sache qui se déplace ou agit, en particulier dans les scènes) d'action, il s'en est fallu de peu pour que je m'endorme par moment sur l'épaule de monsieur ! Côté rythme, idem, de l'action suivi de scènes plus tranquilles auraient pu rendre le film intéressant, du moins au début... Dommage que la fin semble tirer en longueur et que l'on commence à attendre impatiemment la fin inéluctable dans la dernière demi-heure...
Autant dire que si monsieur veut acheter le DVD à sa sortie, je le laisserai faire mais ne me précipiterai pas pour le regarder... J'aurai sûrement un bon bouquin à finir ce soir là !
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Public Enemies, Michael Mann (2009).
15 juillet 2009
Le Dahlia Noir
A Los Angeles, au lendemain de la seconde guerre mondiale, deux inspecteurs ayant pour passion commune la boxe, se retrouvent à enquêter sur la mort d'une jeune femme rêvant de percer dans le monde du cinéma, Betty Short. Étant donné l'atrocité de la mort de Betty, les deux hommes vont enquêter jusqu'aux limites de la folie pour comprendre qui était la victime et ce qui s'est passé.
Adapté du roman de James Ellroy par Brian de Palma (Scarface (1984), Les incorruptibles (1987)), Le Dahlia noir est le cinquième roman de l'écrivain adapté au cinéma. Du réalisateur, je ne crois avoir vu que Mission : Impossible et Les incorruptibles. Ce dernier film m'avait d'ailleurs laissé un important souvenir...
Pour cette adaptation, c'est le réalisateur de Seven, David Fincher, qui avait d'abord été pressenti avant d'abandonner devant l'ampleur de la tache (il voulait en faire un film de trois heures en noir et blanc, assez loin de ce qu'a fait de Palma)... Pour camper les personnages complexes de cette histoire, on trouve Josh Hartnett (Pearl Harbor (2001)) dans le rôle de Bucky BleichertBleichert, Aaron Eckhart (The Dark Night (2008)) dans celui de Lee Blanchard, Scarlett Johansson (Lost in translation (2004)) campe la belle Kay Lake, Hilary Swank (Million Dollar Baby (2005)) la mystérieuse Madeleine Linscott, et Mia Kirshner (Jenny de The L World) incarnera la défunte Betty Short. Un casting intéressant pour un film noir qui nous entraîne à la suite des inspecteurs sur les traces du meurtrier mais aussi dans le labyrinthe des relations entre les hommes...
Par rapport au livre, on notera une simplification de l'histoire et des relations entre les protagonistes, bien qu'au premier visionnage, le spectateur puisse se sentir perdu entre les différentes affaires dont fait état l'histoire. Cependant, l'avoir revu après lecture du roman donne d'autres perspectives sur un film qui pourrait paraître fort simple par rapport au majestueux roman dont il est tiré. Ceci dit, n'oublions jamais que plusieurs centaines de pages ne peuvent être adaptées en totalité à l'écran. Des coupes sont donc nécessaires, et rendent effectivement ce film moins dense que ne l'est le livre... Toujours est-il qu'on peut en effet regretter que tout le versant
faisant état de la corruption dans la police à cette période ne soit
pas évoqué, le livre insistant régulièrement sur les tentations
offertes aux flics. De même, la psychologie des personnages peut
apparaitre comme tellement simplifiée qu'ils en perdent en substance.
Et pourtant... J'avoue, au premier visionnage, n'ayant à cette époque pas encore lu le livre, m'être perdue entre les protagonistes, avoir manqué une partie des subtiles relations entre eux. Deux visionnages et une lecture de bouquin plus tard, je garde mon impression de départ d'avoir là un grand film sombre, malgré les critiques lues ça et là comme quoi Brian de Palma aurait adapté le livre à son univers, et non l'inverse.
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le Dahlia noir , Brian de Palma (2006).
02 juillet 2009
Tellement proches
Comme tous les samedis, Alain et Nathalie se rendent chez le frère de cette dernière, Jean-Pierre, pour dîner, avec leur fils aîné, Lucien, gamin un brin turbulent. Après s'être, comme toujours, perdus dans les rues de Créteil, ils arrivent chez Jean-Pierre et Catherine, parents de la prodigieuse Gaëlle et de la bruyante Juliette. Se joignent à eux la soeur de Jean-Pierre et Nathalie, Roxanne, et Bruno, interne en médecine sur qui Roxanne a jeté son dévolu, craignant de ne pas avoir d'enfants. Mais cette soirée ne va pas vraiment se passer comme prévu, et les jours suivants vont voir s'effondrer beaucoup de choses dans cette grande famille !
Tellement proches est le troisième film réalisé en commun par Olivier Nakache et Eric Toledano après Je préfère qu'on reste amis... (2005) et Nos jours heureux (2006). Axé sur les relations familiales et leur aspect parfois étouffant, ce film nous propose 1h40 de rire et de situations dont certaines ne seront pas sans en rappeler d'autres, parfois étrangement réelles...!
On y retrouve Joséphine de Meaux, avec qui les deux réalisateurs avaient déjà travaillé dans Nos jours heureux, ainsi qu'Isabelle Carré qu'on a par ailleurs vu dans des films plus dramatiques comme Anna M. (2007), Holy Lola (2004), Se souvenir des belles choses (2002) ou dans l'adaptation télévisée d'A l'abri de rien d'Olivier Adam, Maman est folle (2005). Côté têtes d'affiche, notons aussi la présence de Vincent Elbaz (Le péril jeune (1995), La vérité si j'mens (1997), Les randonneurs (1997)) en père un peu paumé et de François-XavierFrançois-Xavier Demaison qui a troqué son costume de Coluche, l'histoire d'un mec (2008) contre la toge d'un avocat commis d'office en manque d'argent et étouffée par une épouse plus que volontariste (Audrey Dana, Welcome (2009)). Cependant, la plus belle surprise pour moi fut la prestation d'Omar Sy, plus connu sous le pseudo d'Omar, et accolyte de Fred dans le fameux Service après vente des émissions diffusé tous les soirs sur Canal + aux alentours de 20h40 et qui avait déjà joué lui aussi dans Nos jours heureux. Loin des personnages loufoques incarnés dans l'émission de Canal +, Omar Sy est ici tout en retenue, très pince sans rire et très à propos dans toutes ses scènes.
Deux bémols cependant pour une comédie qui ravira petits et grands : l'impression de déjà vu de la scène dans un grand magasin suédois qui rappelait grandement l'un des sketches de L'autre, c'est moi, one-man-show de Gad Elmaleh, et la fin un peu simpliste, un peu "cul cul la praline"... Ceci dit, entre ces deux instants, plus d'une heure et demie de rire grâce à des situations parfois loufoques, mais tellement ancrées dans la réalité !...
La bande annonce
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Tellement proches, Eric Toledano et Olivier Nakache (2009).
28 juin 2009
Coraline
Coraline Jones vient d'emménager avec ses parents dans une grande maison composée de plusieurs appartements peuplés d'étranges individus. Relativement délaissée par ses parents, très occupés par leur travail, Coraline commence à explorer la maison et ses alentours. Dans une des pièces, elle découvre une petite porte cachée qui va l'entraîner à la découverte de son Autre mère et de son Autre père, réunissant tout l'amour et l'attention que ses vrais parents ne lui donnent pas.... Mais peu à peu, le conte de fée vire au cauchemar pour Coraline...
Adapté d'un conte pour enfant de Neil Gaiman, Coraline est la nouvelle production en "stop-motion" d'Henry Selick, qui avait réalisé il y a quelques années L'étrange Noël de Monsieur Jack. Éclipsé par l'aura du célèbre Tim Burton à cette époque, Henry Selick nous montre aujourd'hui qu'il est capable de faire aussi bien que le réalisateur d'Edward aux mains d'argent.
Côté histoire, on retrouve des relents d'enfance avec quelques références à Alice au pays des merveilles, mais en beaucoup plus sombre : la petite porte pour passer dans l'autre monde existe toujours, la méchante demande une fois de plus à l'héroïne de jouer un jeu aux règles particulières, tandis que le lapin blanc s'est mué en chat noir. Une fois de plus, on joue sur l'idée réel/imaginaire, réel/rêvé. On navigue entre émerveillement et inquiétude, entre rationalité d'adulte et peurs d'enfant.
Côté mise en scène et réalisation, on ne peut que saluer le travail de l'équipe d'Henry Selick à qui il aura fallu plus de 18 mois pour accoucher de Coraline. Rien d'étonnant lorsque l'on sait que rien que pour la scène des souris acrobates dans le cirque, il aura fallu 66 jours de tournage... 130 décors ont été réalisés pour le tournage, en utilisant parfois des matériaux très simples comme de la colle et de la levure de boulanger pour la neige, ou des grains de pop corn cuits et pains à la main pour les fleurs de cerisier. Les personnages, eux, sont des figurines en silicone, mousse de latex et résine, montés sur une armature métallique permettant les mouvements. Rien que pour le personnage de Coraline, 28 figurines auront été réalisées avec 9 costumes différents.
Côté doublage, à signaler que la voix originale de Coraline est celle de Dakota Fanning (La guerre des mondes) tandis que Tery Hatcher (Desperate Housewives) fut retenue pour interpréter la mère de Coraline et l'Autre mère.
Coraline reste donc un très beau film de par sa prouesse technologique, mais aussi parce qu'il propose un conte qui fera frémir les petits et retomber les grands en enfance !
La bande annonce (VOST)
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Coraline, Henry Selick (2009).
29 mai 2009
Millénium - Le film
Condamné pour diffamation, Mickael Bloomkvist, journaliste à Millénium, est contacté par un grand industriel suédois, Henrik Vanger, pour faire la lumière sur la disparition quarante ans plus tôt de sa nièce, Harriet. Aidé d'une étrange jeune femme, Lisbeth Salander, il découvrira les secrets de la famille Vanger.
Risqué était le pari d'adapté sur grand écran l'un des plus grand succès littéraire de ces dernières années. C'est ce défi que s'est lancé Niels Arden Oplev, réalisateur d'origine danoise, en réunissant à l'écran des acteurs totalement inconnus des spectateurs français mais, visiblement, célèbres en Suède. C'est notamment le cas de Michael Nyqvist, qui campe le désormais célèbre journaliste. Ceci dit, aller voir un film suédois pour prendre du bon temps, ça fait un peu fan d'Arte qui admire les téléfilms incompréhensibles diffusés en troisième partie de soirée... Du moins, c'est ce que l'on peut penser ! Car pour ma part, ce film suédois fut un véritable plaisir. Et pourtant, j'avoue être difficile côté adaptation cinématographique de roman.
Sauf que dans le cas de Millénium, Niels Arden Oplev a réussi à garder le fond de l'histoire (l'enquête sur la disparition d'Harriet) et éluder les affaires annexes (l'affaire Wennestrom, la faillite de Millénium), proposant un thriller bien construit et compréhensible. Du moins, m'a-t-il semblé. Certe, on peut regretter que les relations de Mickael avec ses maîtresses ne soient pas développées, qu'Erika Berger ne soit même pas nommée et qu'elle apparaisse à tout casser cinq minutes à l'écran, que l'on ne mentionne pas les relations de Lisbeth avec son ancien tuteur, que l'affaire Wennestrom soit tellement édulcorée qu'elle devienne à la limite incompréhensible pour qui n'a pas lu le livre... Oui, on peut le regretter...
Mais doit-on regretter qu'Oplev nous propose un film de 2h30 déjà bien complet, au cours duquel on découvre une Lisbeth plus inquiétante que jamais campée par Noomi Rapace, jeune actrice a priori peu connue du public suédois également, mais qui crève l'écran ? Globalement, tout y est : Lisbeth et son caractère étrange, Burjman et ses horreurs, Bloomkvist et sa détermination, le froid suédois, l'ambiance glaciale qui règne dans la famille Vanger, les secrets et les mystères tous plus terribles les uns que les autres. De même, à noter, la subtilité avec laquelle Oplev amène la suite des aventures grâce à quelques références directes et très compréhensibles au deuxième opus. A noter d'ailleurs qu'à l'origine, les deuxièmes et troisièmes volumes ne devaient être diffusés qu'à la télévision suédoise. Ceci dit, suite au succès du premier film, il semblerait que l'on se destine à une diffusion cinéma...
De quoi d'ailleurs réjouir la personne qui m'a accompagné pour voir ce film et qui, en sortant, m'a demandé si l'idée était de faire une image à la Derrick... Visiblement, ce côté terne et gris que j'ai apprécié car j'y ai vu les paysages imaginés dans ma tête d'après les descriptions de Stieg Larsson, n'est pas du goût de tout le monde !... De même, pour qui n'a pas lu le livre, il semblerait que certains éléments soit parfois difficiles à comprendre, notamment la fin un peu rapide, et que l'action paraisse lente... Ceci dit, si j'analyse cet élément, il me semble que ces lenteurs ne se retrouvent pas dans le livre en raison de toutes les réflexions sur la psychologie des personnages.
En bref, qui a aimé le roman appréciera sûrement le film. En revanche, pour les autres et pour ceux qui ne l'on pas lu, affaire à suivre, j'attends vos avis !
Texte © Miss Alfie 2009.
27 décembre 2008
Les Rivières pourpres
D'un côté, le commissaire Pierre Niemans. Empétré dans une sordide affaire de violence à Paris, il est envoyé à Guernon, dans l'Isère pour aider le SRPJ sur une enquête peu commune de meurtre avec mutilations du responsable de la bibliothèque de l'université locale. De l'autre, Karim Abdouf, inspecteur de police dans le Tarn, sorti de la délinquance. Dans sa région paumée, deux affaires coup sur coup, le cambriolage sans vol d'une école et la profanation d'un caveau au cimetière. Et si toutes ces affaires se rejoignaient pour n'avoir qu'un seul et même coupable ?
J'ai vu le film avant d'avoir lu le livre, honte à moi. Circonstance atténuante, je l'ai vu il y a très longtemps, lors de sa sortie. J'avoue même ne pas tout avoir compris en sortant de la salle. Et puis, j'ai acheté le livre en poche il y a de ça quelques semaines. Je l'ai dévoré ce week-end. Bien sûr,, je connaissais le dénouement mais je voulais voir comment ce livre avait été adapté. J'ai donc revu dans la foulée le film.
Première remarque générale, l'adaptation est globalement fidèle. Il me paraît impossible de lister les différences et les raccourcis. On notera toutefois que le lieutenant Abdouf, beur coiffé de dreadlocks et surdoué de l'école de police a été transformé pour permettre à Vincent Cassel de se fondre dans le rôle qui perd par là un peu de sa consistance. Les deux personnages ont en commun ces accès de violence qu'on ne retrouve pas dans le film. D'autre part, la fin a été largement modifiée. J'imagine que le dénouement nocturne du livre paraissait délicat à filmer et qu'une fin plus spectaculaire était plus adéquate.
Bien sûr, les raccourcis sont nombreux mais comment adapter un thriller de quelques 300 pages en 1h30 ? Alors, oui, adieu le centre pour aveugles, bonjour la fusion soeur Andrée - mère de Judith Hérault, adieu l'ajoint de Niémans, le supérieur d'Abdouf mais cela ne dénature pas l'oeuvre de Jean-Christophe Grangé. Au final, on se retrouve avec un bouquin qui se dévore et un film globalement bien adapté.
Texte © Guigzz 2008.
Image Les Rivières pourpres, Jean-Christophe Grangé, Éditions Livre de poche (2001).
29 octobre 2008
Nicolas Le Floch
Mardi soir 28 octobre, France 2 a présenté l'adaptation attendue de L'homme au ventre de plomb, deuxième opus des aventures de Nicolas Le Floch écrites par Jean-Françis Parot. Ce premier téléfilm, en deux parties, réalisé par Edwin Baily, correspond en effet au deuxième roman de la série du diplomate qui connaît du succès chez les amateurs de polars et d'Histoire.
Ce roman n'est pas présenté sur ce blog, tout simplement parce que cela fait maintenant plusieurs années que j'ai eu la chance de le lire les quatre premiers tomes (L'énigme des Blancs-ManteauxBlancs-Manteaux (2000), L'homme au ventre de plomb (2000), Le fantôme de la rue Royale (2001) et L'affaire Nicolas Le Floch (2002)), à une époque où je n'avais pas encore de blog ! Toujours est-il que depuis, Le crime de l'hôtel Saint Florentin (2004) et Le sang des farines (2005) sont venus s'ajouter à ma bibliothèque, rejoints le week-end dernier par Le cadavre anglais sorti en 2007.
Chacun de ces romans met en scène un jeune enquêteur de police originaire de Guérande et entré au service du roi Louis XV, puis de son successeur, Louis XVI. Mais j'aurai certainement l'occasion de revenir plus longuement sur les qualités multiples de ces romans dès que je me plongerai dans l'histoire du cadavre anglais !
En attendant, je voulais ici vous parler de ce qui a enchanté mes mirettes hier soir, mais après avoir évoqué ce qui m'a laissé plus sceptique.
Tout d'abord ce choix de nous proposer en premier lieu le deuxième roman... J'attends maintenant avec impatience mardi prochain et la diffusion de L'affaire des Blancs-ManteauxBlancs-Manteaux qui avait l'avantage de présenter le personnage et le pourquoi de son arrivée à la capitale. D'autant que l'épisode d'hier pose la question aux spectateurs n'ayant pas lu le livre : pourquoi Nicolas Le Floch se présente-t-il à la cour sous le titre de Marquis de Ranreuil ?! Mais qu'importe.
Passons à ma déception suivante, le jeu de certains acteurs. En effet, j'ai apprécié de retrouver le langage châtié du roman, très adapté à l'époque, et la différence de ton entre Nicolas et son acolyte Bourdeau, et celui de la princesse Adélaïde ou la Pompadour par exemple. Cependant, pour ne prendre que le cas de l'actrice jouant la princesse Adélaïde, quelle déception lorsque je l'ai entendu prononcer ses premiers mots, comme si ce langage lui était totalement étranger et qu'elle récitait un texte sans intonation ni émotion ! Côté acteurs toujours, j'ai beaucoup apprécié la prestation de Mathias Mlekuz (Avocats et associés, Tout pour plaire, Pars vite et reviens tard) dans le rôle de Bourdeau, totalement conforme à l'image que je me faisait du second de Nicolas, un peu effacé mais toujours judicieux. Une petite déception concernant Nicolas que j'imaginais un brin plus jeune !
Enfin, et avant de passer aux plaisirs de cette diffusion, je ne sais trop que penser de la musique qui accompagnait ce film. Un peu trop moderne à mon goût, elle reste cependant entraînante et aidait à repérer rapidement la bande annonce dans les semaine précédant la diffusion très (trop ?) publicisée... J'aurai plus imaginé une musique baroque, mais j'avoue ne pas être une spécialiste en la matière, et peut-être cette musique convenait-elleconvenait-elle tout à fait à la période !... Si vous avez des avis sur la questions, je suis intéressée !
Ceci dit, ne voyons surtout pas tout en noir, et j'ai ressenti un grand plaisir à redécouvrir les aventures de ce policier, ancêtre des Experts d'aujourd'hui, et de retrouver au fur et à mesure le déroulement de l'enquête que j'avais lu. Bien évidemment, il n'était pas possible de tout transposer à l'écan ; je pense notamment aux descriptions culinaires qui émaillent les récits de Jean-François Parot, ces recettes de cuisine de l'époque qui mettent l'eau à la bouche. Et pourtant, les quelques interventions de Catherine, la cuisinière de monsieur de Noblecourt, m'ont fait sourire, me rappelant ces passages que j'appréciais lire !
Côté costumes, aucune déception non plus. J'ai notamment beaucoup apprécié le début du premier épisode, tandis que le jeune commissaire se promène parmi les belles et les beaux avant le début de la représentation théâtrale, et les gros plan sur les dentelles, les gorges et les bijoux. Ces prises de vue me rappelaient les descriptions là encore très précises et minutieuses des romans.
Bien évidemment, l'adaptation télévisuelle ne vaut pas la lecture de romans fort documentés et fort bien écrits, mais ils ont enchanté une froide soirée hivernale, me donnant un peu plus envie de me plonger dans le dernier opus sorti des aventures du Breton de Paris, aventures qui, peu à peu, se trouvent confrontées à un début de révolte au fil des années, 1789 se rapprochant peu à peu...
Texte © Miss Alfie 2008.
