Miss Alfie, croqueuse de livres

Un livre, une histoire, une critique pour une bibliophage avertie !

17 mai 2009

Mathématique du crime

Math_matique_du_crimeIl est jeune, argentin, étudiant en mathématiques, et il vient d'obtenir une bourse pour venir poursuivre ses études dans la prestigieuse université britannique d'Oxford. Tout semblait aller pour le mieux pour le narrateur de cette histoire, jusqu'au jour où sa logeuse est retrouvée morte. D'un meurtre à l'autre, les indices se succèdent, adressés à l'éminent professeur Arthur Seldom, références manifestes à son oeuvre et intriguant le jeune homme.

A l'origine du film sorti l'année dernière, Crimes à Oxford, Mathématique du crime nous entraîne dans un univers de sang et de logique. Guillermo Martinez nous offre un roman policier digne des classiques du genre, avec une construction sans surprise faisant se succéder les morts et les indices avant le dénouement final. Mais attention, lorsque je dis "sans surprise", il ne s'agit nullement d'une expression péjorative. C'est juste que dans ce roman, point de courses poursuites ou de fusillades sanglantes, point de torture sur les victimes et de flic ambigu, rien qu'une atmosphère à l'anglaise, calme, tranquille, secrète et harmonieuse.
Si tranquille et si calme par ailleurs que d'aucun s'ennuieront sûrement en le lisant. Mais en ce qui me concerne, ce ne fut pas le cas. Un petit policier bien classique fait tant de bien à l'heure des mystères informatiques et biologiques ! D'autant qu'en toile de fond, l'atmosphère d'Oxford transparaît, nous emmenant sur des cours de tennis fréquentés par des étudiants, dans des couloirs aux bruits feutrés, dans des maisons alignés et similaires le long d'une rue...
Et pour les littéraires, phobiques des mathématiques, rassurez-vous, je fais partie de cette catégorie, et mes faibles connaissances en mathématiques ne m'ont pas empêchées de me plonger dans cette histoire, lisant, je l'avoue, en diagonale les discussions plus pointues sur le sujet !

A lire aussi : Les avis satisfaits de Laila et Clarabel, et celui, déçu, de Christine.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Mathématique du crime, Guillermo Martinez, Éditions Pavillons poche (2008).

Posté par Miss Alfie à 16:23 - Littérature sud-américaine - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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20 décembre 2008

Fille du destin

9782253152453FSEn 1932, Éliza est recueillie par Rose Sommers qui convainc son frère, Jérémy, responsable de la succursale de ValparaisoValparaiso d'une société de négoce britannique, d'élever le bébé comme sa propre fille. Éliza va recevoir l'éducation des colons britanniques et s'épanouir dans sa famille adoptive, auprès d'une jeune femme aux secrets cachés derrière un célibat choisi, d'un oncle navigateur qui la couvre de présents lors de ses passages à terre et de Mama Frezia, une indigène partagée entre ses coutumes ancestrales et le respect des croyances catholiques. 16 ans plus tard, la jeune femme qu'elle est devenue va s'éprendre d'un des employés de son oncle qui la quittera bien vite en espérant faire fortune en Californie, nouvel état américain où l'on découvre des gisements d'or.
Enceinte, la jeune femme va s'embarquer avec l'aide de Tao Chi'en, un Chinois, médecin et cuisinier de fortune sur les voiliers, pour partir à la recherche de son amoureux dans un état sans droit, où se côtoient des gens de toutes nationalités, très peu de femmes, et où la soif de l'or fait affluer quotidiennement des milliers de paysans désespérés.

Premier roman que je lis d'Isabel Allende, Fille du destin m'a entraîné dans un pays que je connais très mal, le Chili, à l'époque de la ruée vers l'or et à l'aube de transformations majeures dans le monde. On y découvre par le biais du personnage de Tao la culture chinoise et l'installation de la communauté chinoise à San Francisco, ville des USA qui accueille toujours l'une des plus importante communauté chinoise de nos jours, par le biais de Mama Frezia la culture chilienne traditionnelle, ses rites et ses mélanges d'épices et de saveurs, par le biais des Sommers la rigidité britannique et l'importance vitale donnée aux apparences et enfin, à travers Éliza, le destin d'une femme à l'heure de l'émancipation, des pionnières et des premières effluves de liberté.
De ValparaisoValparaiso aux grands espaces de Californie, de l'arrivée des colons britannique au Chili au développement de la Côte Ouest américaine, Isabel Allende nous propose un véritable tourbillon de sens et de découvert en moins de 500 pages. Et c'est peut-être le point noir de ce roman : son aspect condensé. Car les personnages secondaires sont multiples mais en même temps fort intéressant et toujours utiles à la narration, il convient de ne pas décrocher au début de l'histoire, sous peine de se sentir un peu largué au fil des chapitres, d'autant que certains, et pas des moindres, changent de noms ! Ceci dit, si vous aimez les romans d'amour, d'histoire et d'aventures, vous serez servis car Fille du destin est en tout point conforme à ces caractéristiques !

A lire aussi : L'avis de Bébange.

Texte © Miss Alfie 2008.
Image Fille du destin, Isabel Allende, Éditions Livre de poche (2002).

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