Miss Alfie, croqueuse de livres

Un livre, une histoire, une critique pour une bibliophage avertie !

28 août 2009

Le Prédicateur

le_predicateurErica Falk pensait passer un été tranquille et profiter de ses dernières semaines auprès de son désormais compagnon, le policier Patrick Hedström. Mais c'était sans compte un gamin qui, au hasard d'une promenade matinale, tombe sur le corps d'une jeune femme. Et derrière ce premier corps, ce seront d'autres jeunes femmes disparues qui surgiront, relevant le voile sur des disparitions vieilles de trente ans qui avaient alors mises en cause l'un des enfants d'Ephraïm Hult, dit Le Prédicateur. Des années plus tard, c'est encore autour de la même famille que se focalisent rapidement les soupçons.

Deuxième opus de la série proposée par Camilla Läckberg après La princesse des glaces, Le Prédicateur relègue cette fois Erica au rang de simple spectatrice de l'enquête après en avoir été l'un des protagonistes dans le premier volet. Enceinte jusqu'aux yeux, elle a suffisamment à faire avec les cousins et les amis qui se souviennent de leur existence pour leur maison en bord de mer, et avec les problèmes de sa soeur que l'on avait quitté sur le point de demander le divorce pour violences conjugales. Du coup, c'est Patrick qui se retrouve au coeur de la tourmente qui agite Fjällbacka et qui se trouve chargé par le désagréable Mellberg de l'enquête. On retrouve donc dans ce deuxième épisode bon nombre de personnages déjà rencontrés, que ce soient les amis du couple ou les collègues de Patrick, découvrant un peu plus leur personnalité et créant un peu plus un attachement à ces héros.

Côté narration, l'histoire est découpée en courts blocs qui nous font naviguer de Patrick à Erica en passant par les membres de la famille Hult ou par d'illustres étrangers, le tout sans ennuyer un instant le lecteur. L'absence de chapitre peut déconcerter certains, mais elle n'aura provoqué chez moi que des cernes un peu plus importants que d'habitude (allez, encore trois pages, c'est pas long !!!), chaque passage s'arrêtant forcément sur l'annonce ou la suspicion de quelque chose d'important à arriver sans que l'on sache quoi (Arg ! Je veux savoir !!!). Ces passages contemporains sont par moment rompus par des retours dans le temps et le récit des anciennes... Anciennes quoi ? Je ne vous le dirai pas, même si les mots me brûlent non pas la langue, mais les doigts ! Non, pour savoir, il vous faudra lire !

Et je vous garantie que vous ne serez pas au bout de vos surprises ! Rory parle de la conclusion comme "à la fois inattendue et totalement logique", et je ne pourrai dire mieux. Les ficelles qui se nouent et se dénouent au fil de l'enquête nous conduisent invariablement dans la même direction, mais la motivation sous-jacente du meurtrier aura été une sacrée surprise pour moi. J'y avais bien pensé, en mais en me disant que tout de même, non... Et ben si ! Oui, comme je vous le dis !

Bon, à côté de l'enquête, sympathique même si par moment un peu tirée par les cheveux, l'intérêt de ce bouquin est de nous associer à la vie du couple et de mettre en évidence qu'un flic peut aussi avoir une vie familiale qui tourne plus ou moins bien. Car Camilla Läckberg sort très bien du cadre du roman policier pour approcher celui du monde psychologique en nous présentant une situation de secret de famille poussée à l'extrême avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les générations futures. Et que dire de ce magnifique exemple du fonctionnement psychologique de la femme battue : le comportement de la soeur d'Erica est tellement bien présenté qu'on peut se demander si Läckberg n'a pas fait quelques recherches avant de présenter cette situation !

Bref, je ne saurai que vous conseiller cette histoire qui sort de l'ordinaire et qui peut même se déguster sans avoir lu au préalable le premier volume ! A quand la traduction française du troisième ?!

A lire aussi : Pour Cuné, c'est "une réussite, et le couple Hedström-Falk est attachant".
Virginie souligne qu'il y a "juste ce qu’il faut d’indices pour attirer le lecteur (moi, en tous cas) vers la prochaine aventure d’Erica et/ou Patrick".
En revanche, Uncoindeblog  "n'attend pas avec impatience la suite de ces traduction [et] les lira lorsque l'occasion se présentera".

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le prédicateur, Camilla Läckberg, Éditions Actes Sud
(2009).

26 avril 2009

La princesse des glaces

lackbergQui a bien pu tuer Alexandra Wijkner, et pourquoi ? Telles sont les deux questions qui animent la petite ville côtière de Fjällbacka, et plus particulièrement Erica Falck, trente-cinq ans, écrivain et amie d'enfance de la victime. En compagnie de Patrick Hedström, inspecteur de police, la jeune femme va tenter de découvrir les secrets que cachait cette jeune femme belle à qui tout semblait réussir.

A voir ce premier roman publié en France de Camilla Läckberg, on ne peut s'empêcher de penser à la désormais célèbre trilogie Millénium. Et pour cause, les similitudes sont nombreuses ! Je passerai sur le visuel de la couverture, que l'on commence à connaître dans les librairies, ces couvertures noires, bordées de rouge, avec, en médaillon, une image aux dominantes rouges et noires parfois inquiétante. Non, les similitudes vont au-delà de ça mais commencent par le fait que Camilla Läckeberg, comme Stieg Larsson, est suédoise. De ce fait, on retrouve des noms de villes imprononçables, des journées où la nuit tombe à 15 heures et des bouteilles d'Aquavit. Mais concrètement, côté points communs, on s'arrêtera là ! Autant Stieg Larsson livrait un polar complexe où se mêlaient de sordides histoires de famille à des entrepreneurs voyous, autant Camilla Läckberg propose un polar beaucoup plus classique, moins "journalistique", et de fait plus abordable.
Ici, certains notent les lacunes de l'ouvrage de La princesse des glaces comparée à Millénium, et considèrent parfois qu'il ne lui arrive pas à la cheville. A ceux là, j'ai envie de dire attention. Je pense que les deux auteurs, bien que suédois tous les deux, ne cherchent pas à cibler le même public... Tout comme les romanciers français ont chacun un style propre, les romanciers suédois ne vont pas tous faire du polar à la sauce Millénium, et heureusement !!!
Donc, pour en revenir à Camilla Läckberg, elle nous propose le premier roman d'une série mettant en scène une jeune trentenaire célibataire, soeur cachée de Bridget Jones, rédigeant des biographie de femmes écrivains, et Patrick Hedström, inspecteur de police transis d'amour pour la précédante depuis sa plus tendre enfance. Vous vous douterez donc que le succès de ce roman vient non seulement de l'intrigue, que j'ai trouvé intéressante, même si parfois un peu tirée par les cheveux, mais aussi de l'histoire d'amour qui se dessine au fil des pages.
Alors certes, d'aucuns diront que l'histoire est simpliste et qu'on ferait mieux de laisser aux Kay Scarpetta et autres héroïnes aux compétences les enquêtes de meurtre. Mais personnellement, j'ai bien aimé ce roman qui trainait dans ma PAL depuis le début de l'année. Prise au jeu de l'intrigue, il ne m'a pas quitté pendant une semaine et chaque fois que je l'ai pu, je me suis plongée dans les pages de cette histoire pour en trouver la clé. J'ai trouvé astucieux cette manière d'annoncer une découverte par tel ou tel personnage sans dire quelle est cette découverte. Les hypothèses que j'aime à échafauder dans mon esprit lorsque je lis un polar n'en étaient que plus nombreuses.
Par contre, encore une fois, je note la frustration que je peux avoir de ne pas pouvoir lire dans la langue originale... A plusieurs reprises, j'ai eu la sensation d'un texte mal traduit, de dialogues plaqués... Et à chaque fois, je ne peux m'empêcher de me poser la question de la traduction...
La princesse des glaces reste pour moi un polar abordable, simple à lire, avec une intrigue que je qualifierai de moins tirée par les cheveux que celle de Millénium !

A lire aussi : Les avis des satisfaits Leiloona, Cathulu et Elfique, et ceux des déçus Amanda Meyre, Abeille et Antigone.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image La princesse des glaces, Camilla Läckbert, Éditions Actes sud (2008).

10 février 2009

Millénium 3 - La reine dans le palais des courants d'air

9782742770311Pour la troisième et dernière fois, Lisbeth Salander et Mickael BlomkvistBlomkvist vont s'allier pour mettre au jour des secrets d'état qui ont conduit à d'énormes erreurs judiciaires grâce à l'équipe de Millénium ainsi qu'aux nouvelles technologies.

Je ne dirai rien de plus concernant l'intrigue de ce roman, pour permettre aux chanceux ayant encore tout à découvrir de ne pas être déçus !

Suite directe de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, La reine dans le palais des courants d'air continue le focus sur Lisbeth et nous en apprend un peu plus sur la nature profonde de cette jeune femme étrange qui nous est devenue plus ou moins familière. Cependant, même s'il est indispensable de le lire pour savoir ce qui va se passer après la fin rebondissante du deuxième tome de la trilogie, j'ai moins accroché sur ce dernier épisode. Pourquoi, je ne sais pas trop... Parce que je l'ai enchaîné tout de suite avec le deuxième ? Parce que l'action se centre sur l'enquête et non plus sur des actions proprement dites ? Parce que les personnages principaux sont noyés parmi une bonne douzaines de nouvelles têtes ? Sans doute un peu de tout cela...
Cependant, ce troisième tome de la trilogie créée par Stieg Larsson m'a laissé encore sur ma faim. Même si l'intrigue principale est résolue, Stieg Larsson a laissé, en mourant subitement, une série de roman avec des fils qui se baladent dans la nature... Extrêmement dommage qu'il n'ait pas eu la possibilité de finir le tricot de ses intrigues parallèles !...
Par ailleurs, pour reprendre un certain nombre de critiques et de remarques formulées dans d'autres billets, en effet, Larsson a créé des personnages parfois de manière manichéennes... Les gentils, comme Super BlomkvistBlomkvist, sont présentés très gentils, irréprochables, et ne mentant que dans l'intérêt d'autrui. A l'inverse, les méchants, comme ZalachenkoZalachenko, sont pourris jusqu'à la moelle, et jusqu'à la dernière page. Cependant, cette vision peut-être un peu simpliste des choses fait finalement rentrer les personnages dans des cases, dans des représentations, et on imagine mal un maquereau trafiquant de femmes russes avec un peu d'humanité et décidant de laisser la vie sauve à ses ennemis !
Car finalement, Larsson dresse, au fil de ces trois livres, une esquisse de la société moderne, suédoise mais européenne en règle générale. Une Europe où passer d'un pays à l'autre est à la portée d'un nourrisson, où les prostituées de l'est côtoient les bodybuildées féministes et indépendantes, où les scandales d'état sortent par le biais de la presse, où les nouvelles technologies de la communication permettent de gérer de n'importe où un compte bancaire à l'autre bout du monde et d'entrer en contact avec n'importe quelle personne ou n'importe quel ordinateur.
Au final, Stieg Larsson nous a offert en guise de cadeau d'adieu une sorte de condensé des idées qu'il défendait en tant que journaliste. Reste une dernière énigme sur ce roman : pourquoi ce titre, dont je n'ai pas bien saisi le sens contrairement aux deux premiers !

A lire aussi : La galerie d'avis sur BOB, parmi lesquels je vous conseille particulièrement celui de Sylvie qui lie Millénium à quelques "héros" suédois de la littérature, ou celui du Bibliomane qui propose une critique transversale des trois opus.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image La reine dans le palais des courants d'air, Stieg Larsson, Éditions Actes Sud (2007).

26 janvier 2009

Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une alumette

9782742765010Un peu plus d'un an après la fin de l'affaire Vanger, Lisbeth Salander profite de son année sabbatique à la Grenade tandis que Mikael BlomkvistBlomkvist travaille avec Erika Berger sur un nouveau numéro spécial de Millénium sur le trafic des femmes. Le journaliste, sans nouvelle de la jeune hacker, poursuit sa route en se demandant où elle se trouve. Cette dernière, plus décidée que jamais à se faire discrète, va pourtant se retrouver au centre d'un double meurtre duquel la police va avoir vite fait de la considérer comme coupable toute désignée.

Au fil des six cent et quelques pages de ce deuxième tomes, on découvre un peu plus l'étrange Lisbeth. Psychotique, asociale, surdouée, qui est-elle réellement ? Quel est cet événement qui semble avoir brisé son enfance ? Autant de questions qui trouveront des réponses plus ou moins précises. Mais il est clair que pour les avoir, il faudra venir au bout de ce que certains appelleront un pavé. Mais quel pavé...
A force de "feuilleter" les critiques des uns et des autres, j'en suis venue à m'interroger : est-il réellement besoin de louer les vertus de ce polar addictif auquel on s'accroche comme un fumeur s'accroche à sa clope ? J'en suis devenue sceptique, et j'ai plus envie de vous mettre en garde, vous, les quelques huluberlus qui, comme moi le mois dernier, n'ont pas touché un seul des ouvrages de Stieg Larsson. En garde face au génie d'un romancier qui a su utiliser toutes les ficelles de la littérature pour nous donner envie de poursuivre, pages après pages, l'enquête de Mikael et les péripéties de Lisbeth.
C'est ainsi que régulièrement, Stieg Larsson nous coupe d'un personnage pour nous entraîner vers son ennemi le plus important, histoire que l'on reste bien en haleine et que l'on ait qu'une envie : poursuivre la lecture pour découvrir, enfin, ce que notre héros mijote. Ceci dit, cela ne fait pas tout, et le talent de Larsson, à mon avis, vient aussi du fait qu'il traite des sujets de société (les escroqueries financières internationales dans le tome 1, le trafic des femmes de l'est dans celui-là...). Chacun d'entre nous, pour peu qu'il soit un peu curieux, ou qu'il ait une tendance "Robin des bois" peut, de ce fait, se retrouver dans l'un des personnages, à vouloir pourchasser le mal pour faire régner le bien sur la terre.
Malgré tout, il convient de noter quelques petits bémols, notamment l'escapade de Lisbeth dans les îles au début du roman, qui nous en apprend peu sur l'héroïne, sinon qu'elle semble malgré tout avoir un coeur et qu'elle est toujours aussi surdouée... Ceci dit, cette remarque se fait à l'issue de la lecture : au cours de ces chapitres, emportée par l'action et la découverte du roman, j'ai fortement apprécié cet intermède ensoleillé ! Et globalement, je reste sur un aspect extrêmement positif... Pour preuve : j'ai attaqué le troisième et dernier tome dans la foulée, n'ayant pas envie d'attendre pour connaître le destin de Lisbeth et de Mikael...

A lire aussi : Une galerie d'avis sur Blog-o-BookBlog-o-Book parmi lesquels je vous conseille les envolées enthousiastes de Valériane, d'Amanda Meyre ou encore de Laurence et celles, plus mesurées, de ValdebazValdebaz ou de Clarinette.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une alumette, Stieg Larsson, Éditions Actes Sud
(2006).

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03 janvier 2009

Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

9782742761579A première vue, rien ne destinait Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander à bosser ensemble. Le premier, journaliste et rédacteur à Millénium, venait d'être condamné à 3 mois de prison pour diffamation. La seconde, junkie asociale placée sous tutelle mais à l'intelligence bien cachée, bossait en free lance pour une société de sécurité. Et pourtant, ils vont se faire embarquer plus rapidement qu'on ne le pense dans une enquête étrange, à la croisée de crimes financiers et familiaux et partir sur les traces de tueurs psychopathes dans la Suède d'aujourd'hui.

Y avait-il vraiment besoin de présenter le premier tome de la trilogie de Stieg Larsson ?! Entre l'histoire et le destin de cet auteur et le succès en librairie de ces romans, il faut débarquer de Mars pour ne pas savoir que Millénium est l'un des succès littéraires étrangers des 3 dernières années. Mais pourquoi ? Mais parce que comme dans tout bon polar, Larsson a mis les ingrédients essentiels, et plus encore ! Ainsi, on reproche parfois à certains romans de nous perdre dans les personnages. Ici, pas de problème, puisque Stieg Larsson prend le temps dans les premiers chapitres de nous présenter en détails les protagonistes de l'histoire. Que ce soit Blomkvist et Salander, les deux héros, mais aussi Henrik Vanger le commanditaire, Erika Berger la directrice ou encore Dragan Armanskij le patron, tous les personnages de ce roman sont détaillés tant d'un point de vue physique qu'historique ou encore psychologique. On se retrouve donc avec une galerie de personnages parfaitement dessinés, et aux caractéristiques suffisamment différentes pour que l'on ne s'embrouille pas les pinceaux, malgré la multitude de personnages secondaires.
Par ailleurs, Larsson nous propose un trhiller d'aujourd'hui, qui semble coller parfaitement à l'actualité, avec des financiers véreux, des jeunes femmes sans repères dans une société lissée et des secrets qui hantent les murs des demeurent familiales. Rien ne semble surjoué, si ce n'est peut-être le dénouement de l'enquête principale... Mais encore... Des actualités plus ou moins récentes nous ont prouvé que l'imagination humaine n'a pas de limites quand il s'agit de l'horreur... De plus, les différentes intrigues dont l'auteur tisse la trame dans la première centaine de pages s'imbriquent parfaitement, conduisant les personnages à jongler d'un sujet à l'autre, et nous avec, sans mettre de côté leur vie privée.
Deux autres tomes complètent cette série inachevée en raison du décès prématuré de Larsson, et j'avoue avoir hâte de les ouvrir, afin de, je l'espère, trouver des réponses aux interrogations née de la lecture de ce premier tome, essentiellement concernant le passé et l'avenir des protagonistes centraux. En effet, il est important de préciser que même si Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est le premier tome d'une série, il me semble indépendant des autres, du moins du point de vue de/des intrigue(s) présentées.

A lire aussi : Les avis de (on s'accroche, et ceci n'est qu'un tout petit éventail des avis du net !) Tiphanya, d'Hélène, de Joelle, de BelleSahi, de Cathulu, de Fashion, d'Amanda et de Val !

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, Éditions Actes Sud
(2006).

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