11 septembre 2009
Le jeu de l'ange
Barcelone, dans les années 1920. David Martin travaille au journal La voz de la industria. Un soir, le rédacteur en chef le convoque et lui propose de remplacer au pied levé l'absent du jour pour remplir la dernière page du journal. David va lui proposer le premier épisode d'un feuilleton qui va le faire connaître au grand public. Cependant, alors que le succès sourit à son protecteur, Pedro Vidal, David Martin peine à se faire reconnaître jusqu'au jour où un étrange éditeur parisien lui propose une grosse somme d'argent pour l'écriture d'un livre étonnant... Mais l'arrivée dans sa vie de cet éditeur va changer beaucoup de choses et le mystère va s'épaissir quand les morts vont jalonner la route de David...
Après L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon nous entraîne à nouveau dans une ville de Barcelone fort étrange, baignée de mystères et d'intrigues. Proposé dans le cadre d'un partenariat entre les éditions Robert Laffont et Bob, c'est avec plaisir que j'ai entamé Le jeu de l'ange en espérant retrouver le même engouement que celui ressenti à la lecture du précédent roman de l'écrivain. Les premiers avis parus sur la toile m'ont interrogé : à première vue, il semblerait que ce deuxième roman traduit en français mais se passant avant le premier publié rencontre moins de succès... Ah ? Bon, essayons d'oublier, et partons à la découverte du passé...
Et sincèrement, je vais m'inscrire en faux par rapport à quelques avis déjà découverts puisque pour ma part, j'ai passé un bon moment malgré tout avec David Martin. Certes, le héros est parfois plus proche de la tête à claque que du saint, mais cela le rend aussi plus humain. Oui, il est égoïste, quelque peu imbu de lui même et retranché derrière une carapace visant à se protéger. Mais il est humain... Il est comme tout à chacun, espérant rencontrer le succès qu'il sent en lui, prêt à vendre son âme au diable au final pour être célèbre. Car c'est finalement ce que je ressors de ce livre : faut-il accepter toute les compromissions possibles et imaginables pour arriver à être célèbre ? La célébrité et la reconnaissance sont-elles les deux seuls moyens d'être heureux ?
Ceci dit, si ce moment passé fut si bon, c'est aussi parce que j'ai eu beaucoup de plaisir à partir dans le passé du petit Daniel de L'ombre du vent et de faire la connaissance de son père et de son grand-père, de retrouver cette librairie qui ne change pas et le cimetière des livres oubliés. En créant des passerelles entre les deux histoires, Carlos Ruiz Zafon m'a donné l'impression de relater une saga et je m'attends presque à ce que le prochain roman nous parle peut-être d'Isabella ou de ses parents, à moins que ce ne soit de Barcelo, le vieux libraire que l'on retrouve dans les deux histoires également... En nous proposant de retrouver des personnages déjà connu, on dirait que l'auteur nous invite à revenir à une soirée où l'on sait que certaines personnes que l'on a déjà apprécié seront là et que l'on pourra en découvrir plus sur elles...
Ceci dit, contrairement au précédent roman, j'invite les lecteurs, notamment les cartésiens comme moi, à se laisser aller, à accepter l'histoire telle quelle est, sans se poser de questions... Et à ce moment-là, la magie ne peut qu'opérer !
A lire aussi : Elfique est arrivée "au bout de la lecture avec beaucoup de peine" ;
Karine :) n'a pas "ressenti le violent coup de cœur que
que j'ai eu avec L'ombre du vent mais l'amour de livres et l'atmosphère l'ont réellement charmée! " ;
Belle de nuit rappelle que "cet opus n'a rien à voir avec son précédent ouvrage" ;
Pour découvrir d'autres avis, rendez-vous sur Bob !
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le jeu de l'ange, Carlos Ruiz Zafon, Éditions Robert Laffont (2009).
19 août 2009
Club Dumas
Lucas Corso est un enquêteur d'un genre particulier puisqu'il cherche des livres rares pour de riches collectionneurs. Solitaire, Lucas gère seul ses dossiers et va devoir enquêter en parallèle sur deux documents : un manuscrit d'un chapitre des Trois mousquetaires, d'Alexandre Dumas, et un livre rare d'Aristide Torchia, Les neuf portes du royaume des ombres. Mais d'étranges événements vont bientôt se produire, conduisant Corso à s'interroger sur les liens entre ces deux ouvrages.
Proposé dans le cadre d'un partenariat entre les éditions du Livre de Poche et BOB, j'ai sauté sur l'occasion pour lire Club Dumas, qui m'avait été conseillé par plusieurs d'entre vous après ma lecture un peu décevante du Tableau du maître flamand, toujours d'Arturo Perez-Reverte. J'espérais pouvoir changer ma vision de cet auteur dont le premier ouvrage découvert m'avait laissé sur ma faim et que j'avais terminé en diagonale. Hélas, Club Dumas n'aura pas comblé mes attentes puisque c'est après plusieurs tentatives pour m'y plonger réellement, pour m'intéresser à l'intrigue, le tout sans succès, que je viens de l'abandonner.
Il est toujours difficile d'abandonner un livre, surtout quand les critiques lues par ailleurs sont bonnes. Mais je veux bien être l'exception qui confirme la règle : je n'ai pas aimé Club Dumas. Alors certes, peut-être que le fait que monsieur ait tenté de le lire avant moi et l'ait vite abandonné a pu guider mon jugement. Mais je ne suis même pas sûre, car le motif d'abandon de monsieur, à savoir le style littéraire et les nombreuses descriptions rompant notamment les dialogues, n'est qu'un motif mineur pour moi qui avait plutôt apprécié le talent descriptif de Perez-Reverte dans Le Tableau du maître flamand.
Non, là où je ne me suis pas retrouvée, c'est dans l'intrigue... Et oui... J'avoue m'être rapidement emmêlée les pinceaux entre le libraire qui fait la narration, le propriétaire du manuscrit de Dumas, celui du livre ancien, j'en passe et des meilleures, au point de ne plus saisir grand choses aux conversations des protagonistes. Et devoir relire cinq pages quand je reprends un roman est généralement le signe d'une déception et de mon incapacité à rentrer dans l'histoire. Alors certes, les explications concernant la copie d'ouvrages, la vie de Dumas, etc., sont intéressantes, mais au lieu de me faire accrocher au livre et de me donner envie de le poursuivre, elles m'ont conduites à délaisser ce roman, voulant voir une intrigue policière se dessiner et non obtenir des renseignements biographiques ou techniques...
Je ne doute pas que Club Dumas puisse combler nombre de lecteurs. Pour ma part, je resterai sur une déception, et regretterai l'impossibilité que j'ai ressenti à me laisser emporter par cette histoire.
A lire aussi : Pour Marc, c'est le "roman indispensable pour tous les amateurs de livres et d'Alexandre Dumas" ; Pour Craklou, c'est un livre "à lire, et surtout à relire" ; quant à Grominou, elle a "adoré ce suspense plein d'humour et très intelligent, avec une petite dose de fantastique".
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Club Dumas , Arturo Perez-RevertePerez-Reverte, Éditions Livre de Poche (2009).
03 juin 2009
L'ombre du vent
Daniel n'a pas dix ansquand, un matin de 1945, son père, libraire, l'emmène découvrir le cimetière des livres oubliés. Dans ce lieu secret et mystérieux, Daniel découvre celui qui sera son livre fétiche, L'ombre du vent, d'un certain Julian Carax. Originaire de Barcelone, comme Daniel, la vie de Julian semble étrange et tragique. D'étranges personnages commencent à roder autour du jeune garçon dès lors qu'il décide de découvrir qui était ce Carax... Roman d'apprentissage, histoire d'amour, histoire d'amitié, ode aux livres, le tout dans un Barcelone se relevant de la guerre sous la direction de Franco...
Après les multiples avis parus sur la toile, faut-il encore présenter et évoquer ce grand livre qu'est L'ombre du vent ? Oui, car on ne dira jamais assez combien Carlos Ruiz Zafon nous offre un magnifique roman teinté d'ombres et de lumières. D'ombres, grâce à des personnages comme Fumero, comme Carax, comme le mystérieux Lain Coubert... Et de lumières, avec Fermin, Beatrix, Penelope et le père de Daniel... Et au milieu, Daniel, archétype de l'enfant grandissant dans le monde des livres, dont le destin se mêle à celui de son héros, et qui, coûte que coûte, voudra comprendre, savoir, et apprendra à sa connaître dans cette quête de l'autre.
Au delà de l'histoire narrée, j'ai également trouvé un grand intérêt dans la période historique dans laquelle se passe l'histoire. En effet, au lendemain de la seconde guerre mondiale, en Espagne, c'est surtout la guerre civile qui a laissé des traces indélébiles. L'arrivée de Franco au pouvoir, la création de ses milices, les tortures dans les geôles de Montjuic, Zafon n'oublie rien et nous conte une Barcelone que l'on connaît peu... Mes souvenirs remontant à quelques années déjà, les Ramblas sont revenus dans ma mémoires un peu embrumés, de même que le quartier gothique. J'ai souri à l'évocation rapide de l'oeuvre inachevée de Gaudi, la Sagrada Familia... Barcelone était là, devant mes yeux, mélange de mes souvenirs brumeux et des descriptions du livre...
Nul besoin d'en dire plus, l'émotion étant encore au rendez-vous lorsque je repense à cet ouvrage. Je vous invite à aller lire d'autres avis, parfois plus détaillés que le mien, mais rarement déçus... Et surtout à apprécier ce roman qui ne donne qu'une envie : protéger les livres et éviter qu'il ne tombe dans l'oubli... Un peu ce que nous faisons en partageant nos lectures au quotidien...
A lire aussi : Les avis charmés d'Alwenn, de Joëlle, de Yueyin, de Karine :), de BlueGrey, de Sylvie, et une pointe de déception chez Geishanellie. D'autres avis recensés sur BOB.
Texte © Miss Alfie 2009.
Image L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, Éditions Livre de poche (2006).
07 avril 2009
Le tableau du maître flamand
Julia est une jeune restauratrice madrilène. Mnchu, sa meilleure amie, vient de lui demander de restaurer un tableau de Van Huys, La partie d'échec, qui met en scène trois personnage au XVe siècle. Suite à l'examen de l'oeuvre, Julia repère une inscription cachée, peut-être par le peintre à l'époque, "Qui a pris le cavalier ?". Accompagnée de son père d'adoption, César, de sa meilleure amie, Menchu et d'un joueur d'échec virtuose, Muñoz, Julia va se retrouver prise dans une partie à l'enjeu mortel.
Remis au goût du jour par sa présentation sur BOB, je me suis souvenue de ce roman dont j'avais entendu parler lors d'un week-end d'écriture en raison de la description minutieuse qui était faite du tableau de Van Huys. A travers ces passages descriptifs, Arturo Pérez-Reverte montre en effet un grand talent descriptif et imaginatif puisqu'il semblerait que le fameux Pieter Van Huys n'ait jamais existé, et que La partie d'échec ne soit que le fruit de l'imagination de l'auteur... Du moins c'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après quelques recherches infructueuses et quelques réponses allant dans ce sens sur le net... Ceci dit, si l'un d'entre vous peut me prouver le contraire, j'attends la démonstration !
Ce premier point éclairci, je voudrais préciser aux éventuels lecteurs de ce roman policier que si, comme moi, vous n'avez jamais touché un échiquier et que les règles de ce jeu vous sont aussi inconnues que l'étaient pour moi celles du poker il y a quelques mois, sachez que vous risquez de vous perdre dans un certain nombre d'explications... Ne sachant déjà pas comment on déplace telle ou telle pièce sur le plateau, comment pouvais-je comprendre les subtiles analyses des coups qui prennent plusieurs pages de l'ouvrage ?
Malgré ce gros bémol qui m'a souvent donné envie de refermer ce roman policier pour passer à autre chose, la tentation de vérifier mon hypothèse concernant le meurtrier l'a emportée et m'a conduite à terminer ce roman, mais en diagonale... Oui, car rendue à la moitié du livre, j'avais une idée assez nette de celui qui devait être le méchant... Pourquoi ? Hum, l'instinct je dirai... Trop parfait comme personnage... Du coup, la diagonale s'est invitée à la maison, et j'ai tourné les pages, jsute pour avoir confirmation et ne pas rester sur ma faim... D'autant que j'ai toujours beaucoup de scrupules à abandonner un bouquin !
Bref, malgré le grand prix de la littérature policière dont il a été courronné en 1993, Le tableau du maître flamand ne restera pas dans ma mémoire comme une intrigue palpitante, sans doute en partie à cause de ma méconnaissance des échecs... Au-delà de ça, je note qu'une fois de plus, je suis déçue par les trhillers de la collection Livre de Poche alors que les Grands détectives de chez 10/18 me comblent régulièrement... Espérons que le nouveau livre dans le sac, envoyé directement par la maison d'édition, sera moins long à lire !...
A lire aussi : Les avis d'Obni et Laurence du Biblioblog et celui, plus mitigé de Lisa. Retrouvez d'autres avis sur BOB.
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le tableau du maître flamand, Arturo Pérez-Reverte, Éditions Livre de poche (2007).
