17 janvier 2008
Et puis après...
Agnès et Aline, la cinquantaine, sont deux amies inséparables. Toutes deux divorcées après plusieurs dizaines d'années à fermer les yeux sur les aventures extraconjugales de leurs maris, elles ont refait leurs vies et semblent très heureuses. Jusqu'au jour où tout bascule, jusqu'au jour où le nouveau compagnon d'Agnès meurt dans un accident d'hélicoptère dans un endroit où il n'aurait pas dû être, jusqu'à ce même jour où le nouveau mari d'Aline rend l'âme en plein devoir conjugal... Pour toutes deux, c'est la panique, la tristesse et le chagrin... Heureusement, des gens bien intentionnés vont bien vite se charger de démontrer aux deux veuves que leurs chers et tendres n'étaient pas vraiment ce qu'ils laissaient croire, et en compagnie d'une bande d'amis fédérées autour de leurs premiers maris, les deux amies vont peu à peu reprendre le dessus et laisser la vie les surprendre.
Si j'ai classé Et puis après... dans la catégorie "Littérature de fille", ce n'est pas qu'il s'agisse là d'une comédie romantico-sentimentale avec héroïne un peu paumée qui trouve le grand amour sous les traits du crapeau de service. Non, Et puis après..., c'est de la littérature de fille, mais de fille d'un certain âge, de fille plutôt femme ! J'avais déjà eu l'occasion de lire quelques romans de madame Dorin, dont Les julottes, Les lits à une place et La rêve-party, mais cela date de quelques années maintenant. J'en avais gardé un souvenir assez bon, mais aujourd'hui, Et puis après... m'a laissé sur ma faim. Alors certes, c'est en fait la suite de Tout est toujours possible, mais ne pas avoir lu le premier ne m'a pas empêché de comprendre le second. Non, je pense plutôt que ma légère déception vient du fait qu'avec les années, j'ai grandi ma bonne dame ! Et en grandissant, j'ai appris à découvrir des livres peut-être plus profond, avec plus d'émotions, et pas que des émotions positives. Des livres réalistes... Oui, car en fait, les bouquins de Françoise Dorin sont des concentrés de positivisme, de bonne humeur et de chance. Lorsque les choses tournent mal, il suffit d'avoir la patience de tourner la page pour que tout rentre dans l'ordre, comme si la vie était finalement très très simple ! Tout le monde finit généralement heureux, les emmerdes ne sont que temporaires, les amis vivent ensemble et forment une grande famille, c'est l'éloge de l'amitié avant l'Amour... Mais en même temps, j'avoue qu'à l'heure actuelle, lire un bouquin comme ça, reposant et amusant, c'est toujours bien agréable, surtout lorsqu'au détour d'une page, un mystérieux correspondant virtuel apparaît et chamboule la vie d'Agnès... De quoi faire sourire les accros du clavier et, peut-être, leur rappeler quelques rencontres virtuelles !
Première page
"Vendredi soir.
Je rentre en Belgique. Dans un chez moi qui est un chez nous. Depuis deux ans déjà. Depuis deux ans seulement.
Dominique vient de me déposer devant la gare du Nord. Il ne pouvait m'accompagner. Il devait aller en Italie voir sa mère... sans doute pour la denière fois. Il était triste à cause de cela. Moi, j'étais triste parce qu'il l'était. Mais pas profondément : c'est touchant, c'est rassurant, un grand garçon de quarante-six ans, bouleversé parce qu'il va devenir orphelin.
Je monte dans le train. Je m'installe à ma place. J'en photographie le numéro : 55. Clic-clac : "Mon âge !" Clic-clac ! "Avant Dominique, je n'y aurais pas pensé !" Par bonheur, le hasard éradique ma promesse de morosité : il a placé en face de moi une femme que je ne connais pas et que je souhaitais vivement rentrer. Bien qu'elle soit plongée dans un magazine et que je sois discrète autant pas nature que par éducation, je n'hésite pas à interrompre sa lecture :
- Excusez-moi de vous déranger, madame, vous êtes bien Françoise Dorin ?"
Texte © Miss Alfie 2008, sauf extrait de texte.
Image Et puis après..., Françoise Dorin, Plon pour l'édition brochée (2004) et Pocket pour l'édition de poche (2005).
05 décembre 2007
Olivia Joules, ou l'Imagination hyperactive
Oh brillant lecteur érudit et intello qui fréquente ce blog, je sais, j'ai su combler tes attentes en te présentant pour l'instant deux ouvrages d'un des plus grands écrivains français au milieu de quelques billets fort peu recherchés ou dénichés dans les archives de ma clé USB.
Mais aujourd'hui, lecteur, je vais t'avouer ma faiblesse, celle qui me hante depuis que j'ai découvert ce type de littérature, ce que je cachais avec honte et que j'affiche désormais ostensiblement dans le bus, je veux parler de mon goût prononcé pour les bouquins de gonzesses, les romans-comédies où l'héroïne se prend les pieds dans le tapis en voulant plaire au beau mâle en face d'elle, où elle décide de mettre une culotte gainante juste le soir où monsieur décidera de conclure tant sa ligne est sculpturale, où elle finit toujours dans les bras du gentil après avoir fait les pieds au méchant.
Oui, je l'avoue, Bridget Jones était mon égérie et Tiffany Trott mon modèle. Cette lubie du roman-comédie m'avait un peu passé après une phase très très très intense à la fin de laquelle je me suis rendue compte que le schéma narratif était toujours le même : une nana, héroïne, somme toute basique, un peu dans le coup et mais quand même gaffeuse ; une peste de servie encore plus mignonne qui se fait tous les mecs que veut l'héroïne ; une copine ou une mère toujours présente, parfois trop - ça c'est pour la mère -, parfois juste comme il faut - ça c'est plus pour la copine... - ; un bellâtre beau comme un Dieu, riche, intelligent, ou du moins intelligent au début et de plus en plus bête au fil de l'histoire, ou méchant, au choix ; un autre mec pas trop moche de préférence, qui va courir après l'héroïne tout au long du livre pendant qu'elle même coursera le bellâtre avant de réaliser que le mec pas trop moche est carrément plus gentil, plus mignon, plus adorable, plus serviable et surtout beaucoup moins stupide que l'autre.
Mais le drame est arrivé il y a trois semaines. Tenant La Ballerine de Saint Petersbourg dans une main, je ne sais ce qu'il m'a pris, j'ai attrapé dans l'autre le quatrième roman d'Helen Fielding. Oh, une rechute, certes, mais petite puisque le livre est terminé et sera ramené à la bibliothèque dès demain pour que je puisse attaquer le Prix Fémina 2004 avec la conscience tranquille. Bref, quand vous lirez ce billet, normalement, j'aurai récupéré quelques neurones.
Donc tout ça pour dire que je viens de lire plus de 360 pages d'un livre pas réputé pour sa philosophie ou son niveau intellectuel, mais qui a au moins eu le mérite de me faire rire, de me faire rêver un chouilla - et oui, on dirait que j'arrive encore à rêver en lisant ce genre de bouquins, c'est plutôt bon signe pour quelqu'un qui se croyait désormais vaccinée contre le rêve ! -, et en plus de m'aider à me rendre compte que si toutes les journalistes ont une imagination hyperactive aussi subtile, une chance aussi monumentale, et de si beaux mecs à leurs pieds, ce serait peut-être bien que j'envisage un changement d'orientation professionnelle !
Quoi que... Avec mon dos... Plonger dans les grottes sous-marines d'Al Quaida, ce serait peut-être pas conseillé !
Texte © Miss Alfie 2007
Image Olivia Joules ou l'Imagination hyperactive, Helen Fielding, Albin Michel pour l'édition brochée (2004) et J'ai Lu pour l'édition poche (2006)