Miss Alfie, croqueuse de livres

Un livre, une histoire, une critique pour une bibliophage avertie !

01 novembre 2009

L'étrangleur d'Edimbourg

l_etrangleur_d_edimbourgDes fillettes enlevées et retrouvées mortes, voilà de quoi mettre sur le pont tous les flics d'Édimbourg. Parmi ces flics, John Rebus, ancien militaire, divorcé, père d'une gamine de 12 ans, dont le frère amuse la galerie avec des numéros d'hypnose dans les cabarets. Rien, aucune piste, aucun lien entre les gamines, et une nouvelle disparition. La police piétine. Rébus se débat avec les fantôme de son passé et reçoit d'étranges lettres accompagnées de bouts de ficelle noués et d'allumettes en croix. Une enquête au cœur de l'Écosse, dans l'envers du décor.

Et voilà, j'ai encore craqué pour une série de polars. La faute au magazine Lire du mois de juin et de son dossier spécial sur les romans policiers et du long reportage sur Ian Rankin qui m'a clairement donné envie de découvrir cet auteur et cet inspecteur Rebus. Et j'avoue que notre première rencontre s'est plutôt bien passé. Certes, l'homme n'est pas des plus drôle ni joyeux, mais le mystère qui entoure son passé et le tourmente m'attire... Oui, je suis comme ça, les ténébreux me plaisent... Enfin, pas tous et pas que. Mais lui en l'occurrence, oui !

Bon, au lieu de divaguer sur Rebus, je ferait mieux de vous parler de l'enquête. Parce que pour un polar, c'est important l'enquête. Oui, mais pas forcément. La preuve avec L'étrangleur d'Édimbourg. Ian Rankin semble plus intéressé par les tourments de son personnage que par les indices qu'il pourrait glaner en faisant du porte à porte. Oui, autant le dire, la psychologie des personnages compte tout autant que l'intrigue en elle-même. D'ailleurs, point de courses poursuites et de fusillades, mais plutôt des réflexions, des questionnements et des évidences qui apparaissent peu à peu aux yeux du lecteurs, au fil des conversations et des découvertes.

Maintenant que le premier rendez-vous est réussi, je vais attendre un peu, les prétendants à la lecture étant encore nombreux à la maison, mais m'sieur Rebus, ne vous inquiétez pas, nous nous reverrons bientôt !

A lire aussi :
Wictoria, concernant Rebus, a eu "envie de le secouer" ;
Ys, quant à elle, "malgré une première enquête pas vraiment exaltante, [...]inscrit la seconde sur [sa] liste".

Texte © Miss Alfie 2009.
Image L'étrangleur d'Édimbourg, Ian Rankin, Éditions Livre de poche
(2008).

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21 octobre 2009

Oscar Wilde et le jeu de la mort

oscar_wilde_et_le_jeu_de_la_mortQuelques années après sa première aventure, voilà Oscar Wilde et ses amis de retour. Ayant décidé de créer le Club Socrate pour passer ses soirées mornes du dimanche, Wilde réunit cette fois 14 convives et leur propose de jouer au "jeu de la mort". La règle consiste à désigner une personne que l'on souhaiterait tuer... Mais le jeu vire au cauchemar lorsque les premières victimes apparaissent... Cauchemar d'autant plus angoissant pour Wilde que son nom et celui de son épouse figurent au bas de la liste... L'enquête commence pour Oscar Wilde et Robert Sherard...

Après Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, Gyles Brandreth nous propose à nouveau de mener l'enquête en compagnie du dandy écrivain le plus célèbre de son époque. On retrouve avec plaisir la famille Wilde, cette fois plus présente il m'a semblé. Vivian et Cyril, les deux fils de Wilde, ne sont plus des personnages fictifs mais parlent et sont des acteurs à part entière de certaines scène. Le personnage de Constance, l'épouse d'Oscar, gagne également en épaisseur à mon avis puisqu'elle passe du rôle d'épouse à celui de militante, aspect de sa personne qui ne m'avait pas frappé dans le volume précédant. En revanche, côté famille, on ne pourra pas échapper à la fuite d'Oscar Wilde de son domicile et de son attrait de plus en plus flagrant pour les hommes. Son personnage le dit lui même : il n'aime plus Constance, elle apparaît plus comme sa meilleure amie que comme son épouse.

Côté entourage, c'est avec plaisir qu'on retrouve également Arthur Conan Doyle et que l'on découvre ses réflexions concernant la mort probable qu'il souhaite donner à son personnage central, Sherlock Holmes. Que ce soit au sujet de cet auteur, ou au sujet de Walter Sickert, Robert Sherard ou encore Bram Stocker, on ne peut que noter les références aux faits réels dont nous abreuve Brandreth : Conan Doyle tua effectivement Holmes en 1893... avant de le rescussiter quelques années plus tard. De même, au début du roman, il est fait référence aux soupçons qui ont pesé, et pèsent encore pour certains, sur le peintre Walter Sickert qui a été accusé d'être le fameux Jack l'Eventreur. Quant à Bram Stocker, on devine que Dracula n'est pas loin dans sa tête... Bref, autant de références historiques et culturelles qui ne peuvent que rendrent encore plus réelle cette histoire.

Ceci dit, une fois dégagée de ces références au demeurant fort sympathique, soyons clair : l'enquête ne casse pas quatre pattes à un canard. Le coupable est facilement identifiable dès les 2/3 du roman découverts, et à l'inverse, des choses plus énigmatiques auraient pu être introduites...

Un troisième épisode est sorti en langue anglaise. Je réserve pour l'instant mon verdict quant à ma décision de lire ou non la suite... Peut-être, par simple curiosité, pour continuer ma rencontre de cet auteur excentrique et mystérieux qu'était Wilde...

A lire aussi :
Catherine a "beaucoup aimé ce roman" ;
Alwenn "n'attend plus qu'une chose : la suiiiiite !".

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Oscar Wylde et le jeu de la mort, Gyle Brandreth, Éditions 10/18
(2009).

 

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15 septembre 2009

Délivrez-moi !

D_livrez_moiLa vie de Thursday Next pourrait être simple depuis son retour de Jane Eyre. Elle a épousé Landen, doit assister au départ en retraite de son oncle Mycroft, mais fait juste un peu trop d'interviews à son goût. Tout cela est sans compter le groupe Goliath qui demande coûte que coûte le retour de leur collaborateur enfermé dans Le corbeau, le poème de Poe, et sans compter la ChronoGarde toujours à la poursuite de son père. Pour obliger Thursday à collaborer, la ChronoGarde va tout bonnement éradiquer Landen qui, désormais, est mort à l'âge de deux ans et n'a jamais connu Thursday qui se retrouve catapulté dans un autre appartement, sans que personne ne comprenne pourquoi elle dit avoir été mariée. Pour retrouver son mari, Thursday devra trouver le moyen de rentrer à nouveau dans les livres, mais avec la disparition de Mycroft et de son portail de la prose, les choses vont s'avérer compliquées...

Après L'Affaire Jane Eyre, Jasper Fforde nous propose une deuxième série d'aventures de notre OpSpec préférée. Comme dans le premier épisode, nous retrouvons l'autre monde de 1985, où les dodos sont domestiqués, où l'on a recréé des hommes de Néanderthal, où l'on relie l'autre bout de la terre en une heure, où l'on voyage au coeur des livres. L'imagination de Fforde fait encore des merveilles et il continue de construire un monde complètement déjanté et étranger à notre quotidien si réaliste et, parfois, si fade.

Ceci dit, j'avais pu lire des avis indiquant qu'il fallait quand même connaître un peu les livres dans lesquels Fforde nous entraîne pour se plonger dans ce livre. Et bien je tiens tout de suite à préciser que non, je n'ai lu ni Les grandes espérances de Dickens, ni Alice au pays des merveilles de Caroll, ni même Le Procès de Kafka, et je n'en ai pas moins dévoré cette histoire. Au contraire, pour qui connaît mon goût pour les classiques et ma connaissance en la matière, qui globalement se réduit aux auteurs imposés à l'école, ce ne sera pas une surprise que de savoir que la première fois que j'ai croisé Miss Havisham, c'était dans une bande-dessinée, que je connais Alice par le dessin animé de Disney et que de Kafka, je n'ai jamais connu que sa maison à Prague ! Mais cette méconnaissance d'une partie de la littérature ne m'a vraiment pas gênée, au contraire. La rencontre de ces personnages dans ce contexte me donne une autre vision de l'oeuvre de ses auteurs et m'amuse beaucoup !

Aujourd'hui, il ne me reste plus qu'une chose à faire : dénicher le troisième volume, la fin de Délivrez-moi ! ne permettant aucun compromis... Oui, je suis obligée de lire la suite !!!

A lire aussi :
Loula
regrette que la bibliothèque n'ait que les deux premiers volumes ;
Cocola a été "très frustrée par le dénouement" ;
Kathel apprécie l'humour de cette série ;
Karine :) décerne la palme de son personnnage préféré au père de Thursday ;
SBM a, pour sa part, le sentiment que "tout part dans tous les sens au détriment de la cohérence narrative" .

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Délivrez-moi !, Jasper Fforde, Éditions 10/18
(2006).

11 juillet 2009

L'affaire Jane Eyre

L_affaire_jane_eyreThursday Next est une LittéraTec travaillant dans le service des Opérations Spéciales 27. Les OpsSpecs sont des agents chargés, en parallèle des forces de l'ordre officiels, de maintenir ou de rétablir l'ordre. Pour les OS-27, leur mission centrale est de veiller à ce que le contenu des livres existants soit maintenu en l'Etat. Le jour où Achéron Hadès, le plus grand criminel de l'époque de Thurday, vole le manuscrit de Martin Chuzzlewit de Dickens, tout son service est sans dessus dessous... Surtout que l'homme ne va pas s'arrêter là pour obtenir ce qu'il veut...

Premier roman de Jasper Fforde, L'affaire Jane Eyre a de quoi intriguer le lecteur. Celui qui s'y plonge en pensant y trouver notre monde ne sera pas déçu... Jasper Fforde, au-delà de l'intrigue du roman, nous entraîne dans un monde un brin parallèle dans lequel on se déplace en dirigeable, où les avions sont très rares, où l'on clone des dodos (espèce de volatiles disparue de notre monde), où l'une des  brigades d'OpsSpecs traque vampires et loups-garous, où la guerre de Crimée (1853-1856) n'est toujours pas terminée, où le Pays de Galle est une république indépendante... Autant dire que l'imagination de cet auteur semble sans limite, surtout quand l'on découvre la capacité de certains personnages à voyager dans le temps, créant des situations parfois rocambolesques... Ces passages ont d'ailleurs un arrière-goût de la trilogie Retour vers le futur... A la différence que ceux qui voyagent dans le temps ne semblent pas aussi préoccupés par les modifications possibles du cours de l'Histoire par leurs actes... Mais cette imagination se retrouve également dans les chapô des chapitres. En effet, chaque chapitre est précédé d'un extrait de livre... écrit par l'un des protagonistes du livre !... Jasper Fforde crée donc un véritable monde parallèle, mais en même temps tellement proche du notre...Côté méchant, on notera l'allusion à la mythologie pour le baptême du méchant de l'histoire : l'Achéron, en plus d'être une rivière greque, est aussi l'un des affluents du Styx, ce fleuve qui conduisait les âmes des défunts aux Enfers gardés par le dieu Hadès... De quoi faire sourire les amateurs de mythologie !
Au-delà de ça, ce roman un brin fantaisiste présente un enquête policière bien mince pour tout amateur de policier, et je rejoindrai les critiques déjà formulées par d'autres lecteurs concernant le titre de l'ouvrage et la place réellement accordée à l'héroïne de Charlotte Brontë. En effet, même si l'on sait très rapidement qu'il s'agit du livre préféré de Thursday, le kidnapping de l'héroïne dont la quatrième de couverture se fait l'écho n'intervient qu'au bout de 300 pages, sur les 400 que compte le livre. Ceci dit, c'est avec quand même beaucoup de plaisir que je me suis trouvée plongée à la suite de Thursday dans le manoir de Rochester, des bribes de souvenirs de la lecture de ce roman me revenant en mémoire au fur et à mesure... Et on ne pourra que saluer l'imagination de l'auteur pour inclure les événements de L'affaire Jane Eyre par rapport au récit de Charlotte Brontë... Mais je n'en dirai pas plus de manière à ne point dévoiler aux lecteurs encore non initiés les subtilités de cette histoire !
Malgré ce bémol, ce roman m'a souvent fait sourire par l'absurdité de cet autre monde par rapport à ce que nous connaissons, et permet de passer un vrai bon moment de détente !

A lire aussi : L'avis de Fée Boubonnaise "agréablement surprise par le style de Jasper Fforde" ; Karine nous crie son amour des dodos ; Lily a "dévoré ce livre drôle, farfelu, touchant" ; Lau a apprécié "un monde où la littérature a beaucoup d’importance et donc un monde qui ne peut que plaire à tous grands lecteurs" ; Fashion est carrément "devenue accro aux aventures de la jeune Thursday et de son dodo" ; Allie regrette "que la structure du récit n'ait pas été à la hauteur de l'imagination débordante du roman" ; et Lou qui s'attendait à "une histoire magnifique, [n'a] vu qu’un récit sympathique-mais-sans-plus".

Et si vous vous débrouillez avec la langue de Shakespeare, je ne peux que vous conseiller un petit tour su le site de Jasper Fforde où vous trouverez quantité d'informations et pourrez admirer l'imagination de l'auteur !

Texte © Miss Alfie 2009.
Image L'affaire Jane Eyre Jasper Fforde, Éditions 10/18 (2005).

06 mai 2009

Café Paraiso

cafe_paraisoAlentejo est un petit village portugais au sein duquel la vie s'organise autour du café tenu par Vasco. C'est dans ce café que se retrouvent les expatriés qui ont élu domicile dans la région, les touristes perdus dans un coin inconnu des guides touristiques et les locaux dont les racines sont tellement bien attachées au lieu qu'il est difficile d'envisager un ailleurs. Et c'est autour des tables en plastique de Vasco que se nouent des relations entre tous ces protagonistes...

Il y a des périodes où les déceptions littéraires sont plus nombreuses que les bonnes surprises. Il y a des périodes où l'on ouvre un livre, persuadé qu'on va s'y plaire, et où on le referme avant la fin parce que ce n'est pas le moment. Il y a des périodes où la vie est tellement pleine qu'on a besoin de s'évader, vite, rapidement, à cent à l'heure.
Ces trois phrases résument ce qui m'arrive en ce moment quand j'ouvre un bouquin... Et Café Paraiso n'a pas fait exception à la règle alors que je sens encore dans ce bouquin un énorme potentiel. Sauf que lorsque j'en ai entendu parler, lors de sa sortie en France, je m'étais fait une vision de ce roman très éloignée de la réalité. Ainsi, je voyais dans ce roman de Monica Ali un roman choral où les personnages auraient pu être les mêmes, les problèmes les mêmes, mais présentés avec plus de rythme, plus de dynamisme... Ceci dit, un coup d'oeil au titre original m'aurait peut-être permis d'éviter cette déconvenue puisqu'Alentejo Blue résume finalement assez bien le contenu de cette histoire... Ou plutôt de ces histoires.
Et oui, la mélancolie, la tristesse, la recherche de la sérénité, les âmes perdues, semblent être le point commun de tous les personnages de cet ouvrage. Sauf que je n'avais pas envie de ça, pas à ce moment là. Donc j'ai laissé tomber. Malgré l'intérêt littéraire d'une histoire qui nous présente à chaque chapitre un personnage différent, dans un cadre différent, avec une technique narrative parfois changeante. Malgré le potentiel que je sens dans ce roman que je relirai sans doute, un jour, quand je me sentirai en phase avec ce type d'histoire.

A lire aussi : L'avis de Geisha Nellie.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Café Paraiso, Monica Ali, Éditions 10/18 (2009).

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13 avril 2009

Le Mystère des jardins perdus

Le_mystere_des_jardins_perdusLawrence Kingston, jardinier en retraite, accepte de reprendre du service lorsqu'il est contacté par une jeune américaine, Jamie Gibson, qui vient d'hériter d'un manoir possédant il y a de nombreuses années de magnifiques jardins. Fraîchement débarquée de Californie dans le Somerset, Jamie va découvrir aux côté de Lawrence le mystère qui règne dans les allées de ce jardin en friche et, peu à peu, éclaircir l'origine de ce mystérieux héritage.

Proposé dans le cadre d'un partenariat entre BOB et quelques maisons d'éditions, j'ai reçu ce livre d'Anthony Eglin à mon retour de congés. De format poche, il se glissait parfaitement dans mon sac à main. Quant à la quatrième de couverture, elle avait eu le bon goût de m'appâter. C'est donc rapidement que je me suis plongée dans ce roman policier à l'atmosphère so british, où l'on prend le thé avec de bons cookies bien installés dans des bergères tout en feuilletant quelques magazines de vie à la campagne !
La première agréable surprise fut qu'au bout de la vingtième page, j'avais fait connaissance avec les personnages mentionnés sur la quatrième de couverture, et que les faits relatés avaient déjà été nommés. Bonne surprise après la lecture de la quatrième de couverture de L'amour comme par hasard qui résumait bien la moitié du livre... Non, là, passées les vingt premières pages, on découvre du nouveau et des intrigues !
A préciser également, que Le mystère des jardins perdus est un vrai roman policier comme je les aime, où l'on découvre de nouveaux indices au fil des pages, au fur et à mesures des investigations de Lawrence, personnage principal que nous suivons tout au long de l'histoire. Personnage qui s'est d'ailleurs déjà illustré dans une précédente enquête autour d'une rose bleue. Un bémol à ce sujet : les nombreuses références qui y sont faites, bien qu'elles n'empêchent pas la compréhension directe de l'histoire.
Ceci dit, l'ensemble fut un agréable moment passé dans ce jardin anglais en pleine restauration. Et les amateurs de jardinage apprécieront certainement la précision d'Anthony Eglin en la matière, passionné de jardinage et créateur d'une société de film vidéo sur l'art de jardiner si j'en crois la courte notice biographique au début du livre.

A lire aussi : D'autres avis sur BOB.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le Mystère des jardins perdus, Anthony Eglin, Éditions Livre de poche (2008).

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03 avril 2009

L'amour comme par hasard

l_amour_comme_par_hasardLondres, 1954. La guerre est terminée, les adolescents apprennent à vivre dans un monde en paix et le rationnement se termine le 31 décembre à minuit. Le chemin de Pénélope va croiser par hasard celui de Charlotte et les deux jeunes filles, admiratrices de Johnnie Ray, vont découvrir la vie et l'amour. Leurs routes croiseront celle d'Harry, le cousin de Charlotte, amoureux fou de Marina, une actrice américaine, ou encore d'Inigo, le frère de Pénélope, déchiré entre son désir de faire de la musique et celui de plaire à sa mère, une jeune veuve qui ne se remet pas de la mort de son mari au champ d'honneur.

Avec un titre comme ça, rassurez-vous messieurs, votre intuition première est la bonne : oui, c'est un livre de fille dont je vais vous parler ce soir ! Mais n'est-il pas bon de temps à autre, mesdames, de pouvoir se lover avec un bon livre de fille dans un train pour un long trajet qui va vous prendre toute une journée ? Et avec L'amour comme par hasard, vous aurez l'avantage de ne pas voyager seule ! Eva Rice brosse une galerie de personnages so british mais tellement attachants. Les jeunes tentent de se débattre entre la tradition britannique incarnée par le thé, par ces menus qui nous paraissent, à nous Français, insipides, et par ces grandes demeures perdues dans la campagne et où le vent se faufile par les fenêtres à changer, et la modernité incarnée essentiellement par la culture américaine qui arrive dans la famille de Pénélope par l'intermédiaire de l'oncle Luke qui fait découvrir au frère et à la sœur celui qui, quelques années plus tard, sera connu sous le nom du King.
Loin de moi l'idée qu'il s'agisse d'un fabuleux roman, à lire pour le message qu'il véhicule ou pour la force des émotions qu'il dégage. Non, loin de là... J'avais même déjà une petite idée de la fin à peine arrivée à la moitié de l'histoire... Cependant, pour des vacances, pour un long trajet, pour une journée pluvieuse, c'est le livre que toutes les filles aimeront, avec de belles histoires d'amour qui se tissent au fil des pages, incongrues et incroyables, et puis finalement du genre à ce que l'on soupire avec un petit sourire en coin tellement on aimerait toute que ça nous arrive !
En revanche, une tape sur les mains de la maison d'édition puisqu'à lire la quatrième de couverture, quasiment toute l'intrigue vous est donnée, et l'on vous parlera d'un personnage qui ne fera son apparition qu'à la moitié du livre... Quel intérêt ? Me trompé-je en pensant que la quatrième de couverture était là pour inciter à ouvrir un livre, pas pour en donner toutes les clés ?

A lire aussi : Les avis très enthousiastes et très féminins de Clarabel, Laure, Joëlle, Loulou, Virginie, Brize, Lily, Sylire, Lou, Delphine, Praline, Anne ou encore chez Alice.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image L'amour comme par hasard , Eva Rice, Éditions Livre de poche (2009).

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23 mars 2009

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

978226404855431 août 1889. Un homme arrive dans une maison, pressé. Il grimpe les escaliers, ouvre une porte et se retrouve face au plus terrible des spectacles : un jeune homme égorgé, dont le corps gît, entouré de bougies, dans une atmosphère baignée d'encens. Cette homme, effaré par le spectacle, c'est l'écrivain Oscar Wilde. Devant lui, l'une de ses connaissances, le jeune Billy Wood. Aidé de son ami et futur biographe, Robert Sherard, Oscar Wilde va avoir à coeur de découvrir le terrible assassin.

Cela faisait bien longtemps que ce titre de Gyles Brandreth trônait dans ma liste à lire, et il aura fallu une journée au salon du livre de Paris pour que je craque et que je le ramène. Tout, dans ce roman, m'attirait : la couverture aux couleurs acidulées, l'idée de mettre en scène de manière fictive un écrivain célèbre, me retrouver à nouveau à Londres à la fin du 19e siècle... Tout m'inspirait, et je ne suis pas déçue !
Je n'ai, je l'avoue, jamais lu d'ouvrages d'Oscar Wilde, même pas le "fameux" portrait de Dorian Gray. Cela m'aurait peut-être donné plus de billes pour comprendre les subtiles références qui sont faites au cours du livre à l'oeuvre de l'écrivain anglais à scandales, mais j'avoue que cela ne m'a en rien déstabilisé. Au contraire, ce fameux roman est évoqué tout au long du livre puisqu'Oscar le rédige tout en menant l'enquête. Et en entendre parler ainsi m'a presque donné envie de m'y plonger. En attendant, au delà des biographies officielles, cette manière de mettre en scène des personnages réels, et parce que Gyles Brandreth connaît parfaitement le monde d'Oscar Wilde, permet de mieux connaître et mieux comprendre une figure de la littérature haute en couleurs.
Quant à l'enquête, ce fut un vrai régal... Contemporains, Oscar Wilde et Arthur Conan Doyle le sont. Mais ils étaient aussi amis, tout autant dans la vraie vie que dans la fiction que Gyles Brandreth nous offre. Une fiction où Sherlock Holmes n'est jamais loin puisqu'en bon admirateur du travail de son ami, Oscar Wilde compte résoudre l'énigme qui l'occupe en appliquant les méthodes du célèbre inspecteur : observation et déduction. En grande admiratrice de l'oeuvre de Conan Doyle, même si je n'en ai jamais parlé ici il est vrai, ce fut un véritable régal que de replonger dans la structure d'une oeuvre où l'on découvre peu à peu des indices, et qui se termine par une démonstration finale, "à la Sherlock Holmes" ! Mais aussi d'en apprendre un peu plus sur le père du détective, père qui me faisait étrangement penser à son fameux acolyte, le docteur Watson...
L'inspiration holmesque de Brandreth est donc indéniable, ne serait-ce que dans la manière de présenter Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, puisque Robert Sherard fait office de docteur Watson, relatant les aventures de son ami et mentor.
Deux petits bémols cependant. Tout d'abord, certaines expressions, ou certains mots (je pense à "comme si nous avions flirté à un enterrement", page 338), qui m'ont étonné par leur modernité... Existaient-ils déjà à la fin du 19e ?... Malgré tout, rien à redire dans l'ensemble !... Si ce n'est que par principe, comme je refuse d'acheter ces nouveaux 10/18 qui sortent en grand format, je vais être obligée d'attendre une année pour lire la suite qui vient de sortir en France, Oscar Wilde et le jeu de la mort, en espérant que ce deuxième volet sera à la hauteur du premier... En attendant, ne reste plus qu'à découvrir ce fameux Dorian Gray et, pourquoi pas, à retrouver monsieur Holmes !

A lire aussi : Les avis, tous très enthousiastes, d'Estampille, Wictoria, Emeraude, du Bookomaton ou encore d'Hydromielle !

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, Gyles Brandreth, Éditions 10/18 (2008).

06 mars 2009

La Reine des lectrices

9782207260128FSC'est la panique à Buckingham : la reine lit, lit, et ne fait que lire. Tout ça à cause de ses chiens qui l'ont emmenée au devant du bibliobus où, devoir oblige, elle a emprunté un livre... Et puis deux... Jusqu'à faire monter des cuisines Norman et le promouvoir conseiller personnel en littérature. Jusqu'à faire devenir chèvre le premier ministre. Jusqu'à causer des inquiétudes parmi les proches de la reine.

Une reine devenue du jour au lendemain lectrice compulsive anonyme, telle est l'hypothèse sur laquelle Alan Bennett fonde cette uchronique. Il dépeint de ce fait une reine proche du peuple, peu encline à respecter le protocole et ennuyée par les cérémonies officielles auxquelles elle doit participer. Une reine dépoussiérée, loin de l'image que tout à chacun s'en fait, vêtue de ses éternel ensembles aux couleurs acidulées avec chapeaux assortis. Et une reine pour qui je me suis prise de sympathie, tant ce qu'elle ressent correspond à mes sentiments : l'envie de partager, la frustration de devoir faire autre chose quand on a envie de lire, à ce détail près que j'ai la chance de ne pas devoir respecter un protocole et que je ne suis pas reine d'Angleterre !!!
Toujours est-il que même si l'on perd sûrement un peu du charme du livre en le lisant dans sa version traduite, Alan Bennett nous sert ici ce qui se rapproche d'une fable... Ou comment le bonheur se trouve peut-être au détour d'un rayonnage de bibliothèque... Le tout avec force de détail sur l'étiquette et les règles en usage à la cour britannique, faisant de ce court roman non seulement une farce digne de Molière, mais aussi un éclairage distrayant sur l'une des dernières monarchie du monde.
Ceci dit, soyons très clair : La Reine des lectrices n'obtiendra pas l'équivalent du prix Goncourt, ou je me demanderait ce qui prend aux Anglais ! Car il s'agit bien avant toute chose d'un court roman, détendant, totalement adapté pour un dimanche pluvieux ou une soirée ennuyeuse, mais qui risquera de vous faire louper votre arrêt de bus ou de métro si l'envie vous prend de l'ouvrir pendant vos transports... Foi de Miss Alfie...!

A lire aussi : Les avis enthousiasmés d'Amanda, Cachou, Cathulu, Chifonnette, Clarabel, Cune, Keisha, Lapinoursinette, Lou, Saxaoul, Ys, et, l'unique, le seul, un peu plus réservé (mais surtout à cause de la traduction) d'Emeraude.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image La Reine des lectrices, Alan Bennett, Éditions Denoël (2009).

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30 novembre 2008

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

630641La seconde guerre mondiale se termine à peine, et, au milieu des ruines de Londres, Juliet cherche un nouveau thème pour son futur roman. Mais aucune idée ne sort du lot alors que sa boîte aux lettres se remplit de courriers de ses amis. Parmi ces lettres, arrive un jour un courrier de Guernesey dans lequel l'auteur fait état d'un cercle littéraire d'amateurs d'épluchures de patates qui serait né pendant l'occupation de l'île par les Allemands. Piquée de curiosité, Juliet va commencer à correspondre avec les membres de ce groupe et apprendre peu à peu à les connaître.

Rédigé sous la forme d'un roman épistolaire, ce premier livre de Mary-Ann Shaffer, rédigé avec l'aide de sa nièce Annie Barrow, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est un régal pour les dimanches pluvieux et les soirées d'hiver ! On y découvre au fil des lettres les points de vue croisés d'une galerie de personnages que j'ai trouvé fort bien dépeints. L'histoire tourne essentiellement autour de la vie sur l'île pendant l'occupation, et sur des difficultés inhérentes à la vie insulaire (l'absence de communications du continent pendant cinq ans, l'autosuffisance alimentaire entraînant des situations de famine, mais aussi la promiscuité...).
Ayant été il y a quelques années visiter cette île, j'ai retrouvé, dans les descriptions qui en sont faites, les paysages entrevus, la diversité de la faune et de la flore, les rues de St Peter Port et ces belles maisons que Victor Hugo a longtemps admiré. Je crois qu'on ne pouvait avoir meilleure description d'une île qui a gardé un charme indéniable malgré l'arrivée des automobiles et du progrès.
Enfin, comment ne pas aimer un livre qui parle autant de littérature, qui évoque les charmes des livres et de la lecture, et qui raconte la vie de néophytes découvrant le plaisir des mots ?...

Ceci dit, un petit bémol, bien que ce soit aussi cela qui fasse le charme de cette histoire : la succession de lettres... Et oui, même si j'ai adoré cette manière de présenter l'histoire, évitant de la rendre trop nunuche et créant une originalité manifeste, j'omettais souvent de lire l'entête indiquant qui écrit à qui... Du coup, à plusieurs reprises, je me suis emmêlée les pinceaux entre les personnages !
Autre bémol, d'un autre ordre celui-là : mais pourquoi ce roman si sympathique, qui semble faire l'unanimité sur la blogosphère, n'est-il sorti que chez France Loisirs, club de lecture réservé aux porteurs de la carte éponyme ?! Quel dommage pour ceux qui ne la possèdent pas et qui n'ont personne dans leur entourage qui soit adhérent... Heureusement, il semblerait que les éditions Robert Laffont envisagent de le publier à l'attention du plus grand nombre !

A lire aussi : Les avis très enthousiastes de Clarabel, de Fashion, de Tamara, de Caroline, d'Yspaddaden, de Keisha ou encore de Joëlle... Pour n'en citer que quelques uns...!`

Texte © Miss Alfie 2008.
Image Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary-Ann Shaffer et Annie Barrow, Éditions France Loisirs (2008).

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