05 octobre 2009
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Dans les années 30, dans une petite ville de l'Alabama, un avocat blanc va être commis d'office pour défendre l'indéfendable aux yeux de ses concitoyens : un noir aurait violé une blanche... Scout, la fille de l'avocat, va découvrir la vie, le monde des adultes, en compagnie de son frère, dans un monde où la ségrégation est encore bien présente.
Comment présenter l'unique roman d'Harper Lee publié dans les années 60 mais qui est devenu quasiment un classique de la littérature américaine ? Peu de mots peuvent décrire réellement ce livre qui m'a littéralement transporté. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur a connu énormément de succès à sa sortie, reçu le prix Pulitzer en 1961, est régulièrement republié partout dans le monde, et pour cause...
Au début du roman, on pourrait croire qu'il s'agit d'une banale histoire racontée par une fillette de 6 ans, genre Laura Ingalls, un brin garçon manquée, dans une famille Ingalls sans maman mais avec un papa avocat soucieux d'instruire et d'élever la réflexion de ses enfants. Dans cette famille là, la nourrice noire est la figure maternelle qui manque, fait la cuisine et s'adapte au milieu dans lequel elle se trouve. Dans cette famille là, on a aussi la tante coincée et rigide qui tente de faire de la gamine une vraie dame qui portera des robes quand sa tenue préférée est une salopette. Dans cette famille là, on habite une ville dans un état sudiste, ce qui n'est pas sans signification au regard de l'histoire des Etats-Unis et de la population noire.
Car le fondement même de cette histoire part de là : de la ségrégation, des préjugés qui circulent sur les noirs, de mentalités ancrées dans des traditions, d'une sorte d'esclavagisme pas encore complètement aboli. Car il convient d'avoir en mémoire que la ségrégation raciale n'a été aboli aux Etats-Unis que dans les années soixante, période de publication de ce livre, et que l'Alabama faisait partie des états sudistes qui y étaient opposés...
Au delà du problème des "noirs" et des "blancs", ce livre nous donne une vision de l'âme humaine corrompue, où les intérêts particuliers l'emportent sur la naïveté de l'enfance, où la vie est un apprentissage d'injustices et d'intolérance au quotidien. Un roman sur l'apprentissage de la vie...
A lire aussi : De nombreux avis sur BOB.
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee, Éditions Livre de poche (2009).
21 septembre 2009
Au-delà du mal
Thomas Bishop a dix ans quand il tue sa mère. Elle le frappait, l'humiliait et, en plus de tout ça, lui apprit que son véritable père était en fait un violeur récidiviste, Caryl Chessman, condamné depuis à mort et exécuté. Placé pendant 15 ans dans un établissement spécialisé, il finit par s'évader. Par l'entremise d'un hebdomadaire d'investigation, il découvre le parcours de Chessman, celui qu'il considère désormais comme son véritable père. Il décide alors de poursuivre l'oeuvre de ce dernier. Commence alors un road trip violent pendant lequel des dizaines de femmes seront sauvagement assassinées.
Accrochez-vous, les loulous, dès le prologue, d'une infinie violence, on est scotché au fauteuil (ou au canapé ou à la chaise, je ne sais pas sur quoi vous posez votre délicat postérieur quand vous lisez). Au-delà du mal est un thriller énorme. Ecrit à la fin des années 70, après le scandale du Watergate (qui a son rôle dans le livre), il a été visiblement découvert tardivement puisqu'il arrive seulement maintenant en langue française. Comme vous l'avez compris, le petit Thomas a eu une enfance tout à fait normale pour un enfant de son âge. Fils d'un violeur, rapidement orphelin de père, battu et maltraité par sa mère, il finit par tuer cette dernière. 15 ans dans un hôpital psychiatrique à essayer de comprendre le fonctionnement et à essayer de passer pour quelqu'un de sensé. Et une évasion au final. Normal, je vous dis.
Toutefois, si le garçon est pas très net (ou alors c'est moi, hein, je sais pas), on ne peut pas dire que les autres personnages soient tout à fait exemplaires. Du sénateur californien ambitieux aux malfrats de tous ordres en passant par le journaliste d'investigation limite alcoolique, tous ces hommes ne sont pas des anges. Quid des femmes, me direz-vous ? Ben justement, dans ce roman, quel que soit l'homme qu'elles fréquentent, elles n'ont qu'un rôle de victimes (à des degrés différents, certes, la femme trompée étant moins à plaindre que la nana étranglée, égorgée, violée puis brûlée (oui, dans cet ordre) dans le désert). Choquant ? Non, je ne trouve pas. Au contraire, il faut comprendre que les points de vue qui sont décrits ne sont que les opinions des personnages. Juger ces écrits mysogines (comme j'ai pu le lire), c'est ne rien avoir compris au but recherché par l'auteur.
Ce roman se distingue également des autres par deux aspects. D'une part, la déconstruction, du moins, la construction originale. Si l'ensemble est tout à fait chronologique, on pourra avoir un long passage décrivant l'activité de Bishop ou des autres protagonistes ou, à l'opposé, les uns après les autres, de courts paragraphes commentant les conséquences d'un acte précédant. Ca donne un cachet original au tout et, pour ma part, j'ai pas mal apprécié. Deuxième singularité qui se découle de la première, un style littéraire particulièrement détaché, usant beaucoup du futur antérieur et des conversations "narratisées". Par ce barbarisme assez moche (mais j'ai que ça qui m'est venu), j'entends que les conversations, surtout celles de Bishop, sont simplement rédigées du point de vue du narrateur, sans la ponctuation adéquate. D'autre part, l'aspect détaché se retrouve dans une description franche et sans empathie des cruautés que peut exercer Bishop. A ce sujet, petites âmes sensibles que vous êtes, une fois le premier tiers du roman passé, vous n'aurez plus de scènes gore. Accrochez-vous un peu, que diable !!
Ces deux aspects ajoutés au rythme incessant et à l'excellent scénario font ce livre un thriller haletant et pas loin d'être grandiose. Le dénouement, très surprenant conclut le tout. En revanche, il convient d'assimiler que cette oeuvre se passe au milieu des années 70 et qu'elle a été écrite pendant cette période. A notre époque, ce genre d'assassins, s'il n'était pas vite repéré, n'utiliserait pas les méthoses d'un autre temps qu'utilise Bishop. Ce point reste un détail chronologique, Au-delà du mal demeurant un thriller majeur.
Texte © Guigzz 2009 (y compris les blagues pourries).
Image Au-delà du mal, Shane Stevens, Éditions Sonatine (2009).
19 septembre 2009
Le Premier Cavalier de l'Apocalypse
Quel lien peut-il y avoir entre ce survivant nord-coréen qui assure avoir assisté à la destruction complète de son village par l'armée alors que plusieurs personnes venaient de mourir d'une maladie qu'il ne connaissait pas et l'expédition scientifique visant à ramener les corps de cinq norvégiens morts de la grippe espagnole dans les années 20 et dont fait partie Annie Adair. Empêché par les intempérie de rejoindre l'expédition comme prévu, le journaliste Franck Daly va mettre le doigt sur une affaire des plus inquiétantes...
Écrit en 1998 et paru en France en 1999, Le Premier Cavalier de l'Apocalypse, de John Case, est un roman policier avec un brin d'anticipation tellement réelle que sa lecture ne peut nous renvoyer à l'actualité actuelle de la grippe A et la pandémie qui touche l'ensemble de la planète... Certes, ce roman nous présente une possibilité d'épidémie avec une toute autre origine, mais l'on se rend compte que les idées de John Case ne sont pas complètement en dehors de la réalité... Déjà, dans Génésis, se posait la question de la procréation médicalement assistée et des cellules souches...
Ceci étant dit, même si j'ai passé un moment agréable à lire ce livre car il nous entraîner dans une intrigue assez bien ficelée où le lecteur devine plus rapidement que les protagonistes ce qui se passe grâce à l'alternance des points de vue entre Daly, Adair et "les méchants", Le Premier Cavalier de l'Apocalypse ne restera pas dans ma mémoire comme LE polar à avoir lu... Plusieurs raisons expliquent facilement cet avis. Tout d'abord, l'histoire peine à démarrer, à se mettre en place. On rencontre une foule de personnage au départ, que l'on retrouvera certes, mais seulement à la fin de l'histoire... Cette lenteur est d'ailleurs accentuée par la narration qui nous livre de longues explications parfois complexes sur le virus de la grippe par exemple, mais aussi sur l'environnement ou les actes anodins effectués par les personnages. Peu m'importe que le canapé soit de telle couleur et confortable ou non, ou que tel personnage allume une cigarette entre deux propos... Non, moi, ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce qui va se passer, rapport au problème principal du livre que, non non non, je n'exposerai pas plus ici !
Même si ce livre a comme atout de rappeler la responsabilité des journalistes dans la dénonciation d'affaires à caractère secret, il ne restera sans doute dans ma mémoire que parce que je l'ai lu dans une période où l'actualité faisait étrangement écho à l'histoire...
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le Premier Cavalier de l'Apocalypse, John Case, Éditions Livre de poche (2001).
10 août 2009
Si loin de vous
Immigré du Japon aux Etats-Unis pour faire ses études, Jun Nakayama va devenir une star du cinéma muet au début du vingtième siècle. Hélas, sa carrière va s'arrêter au début des années 20, alors que le sentiment anti-japonais grandit aux Etats-Unis et que le metteur en scène avec qui il tournait est assassiné. Quarante ans plus tard, un jeune journaliste contacte Jun pour lui faire lire le scénario qu'il vient de terminer. Il souhaite que Jun reprenne du service pour endosser un rôle dans le film qu'il vient d'écrire. Face à cette proposition, la vie de Jun va défiler, et souvenirs et interrogations vont venir le hanter.
Proposé dans le cadre d'un partenariat entre le site internet Chez les filles et les éditions Phébus, Si loin de vous, de Nina Revoyr, nous entraîne dans un monde qui m'était totalement étranger. Parce qu'il faut bien le dire, le cinéma muet, je n'en ai que des clichés éculés de personnes avançant trop vites sur l'écran et faisant des grimaces à la caméra ! Sauf qu'à travers son histoire qu'il nous conte sur un mode autobiographique, Jun nous permet de découvrir l'envers du décor et met en lumière toutes les qualités qu'il fallait à l'époque pour être un bon acteur : les sentiments, les émotions, ne pouvaient passer que par l'attitude, les mimiques, la gestuelle, puisque les seuls mots qui accompagnaient les films étaient ceux des inter-titres.
Parrallèlement à cette thématique sur le cinéma muet, Nina Revoyr aborde dans son livre la question de l'anti-japonisme (je suis pas sûre qu'on le dise ainsi, mais on va faire tout comme !) aux Etats-Unis. Ne connaissant rien à la question, j'avoue avoir été étonnée d'apprendre que la Californie était (et est toujours d'après ce que j'ai pu lire depuis) l'un des Etats avec Hawaï ayant la plus grosse communauté japonaise, en raison de l'aspect géographique (les côtes californiennes sont les plus proches côtes continentales par bateau de l'archipel japonais) mais aussi législatif (en 1924, un texte interdit l'immigration japonaise sur le continent, seules les arrivées sur Hawaï sont tolérées). Par le biais de ce roman, j'ai pris conscience que bien que l'on parle souvent des communautés noires et latinos, la communauté nipponne américaine n'est pas en reste côté ségrégation...
Derrière la toile de fond constituée par les thématiques du cinéma muet et de la monté du sentiment anti-japonais aux Etats-Unis, Si loin de vous propose aussi une intrigue sympathique qui se résume par deux questions : "pourquoi Jun a-t-il arrêté le cinéma ?" et "qui a tué le metteur en scène ?". Je ne dévoile en aucun cas l'intrigue puisque ces deux questions résument la quatrième de couverture, et car elles ne trouveront une réponse qu'un final du roman. Hélas, comme souvent, un épilogue sympathique, mais trop étoilé, donne un parfum de trop parfait à cette fin qui aurait peut-être méritée plus d'ambivalences pour coller à la personnalité finalement complexe de Jun...
Ceci dit, on ne rechignera pas devant un roman au goût de rêve américain qui nous entraîne en plus dans les rues de Little Tokyo au début du siècle !
A lire aussi : Cathulu a passé "un moment de lecture tout à fait charmant" ; Amanda a trouvé que c'était "un roman nostalgique, parfois tout en finesse, parfois sophoriphique" ; Clarabel a trouvé le roman "d'une élégance folle" ; Sylire se félicite d'avoir persévéré après une première partie un peu longue ; Praline a apprécié le "style simple, tout en finesse, comme notre personnage" ; Leiloona considère que c'est "un roman qu'il faut apprivoiser" ; Lael a abandonné à cause du style mais "pressent l'histoire passionnante" ; Papillon le conseille comme lecture de vacances "mais qui ne [lui] laissera pas un souvenir impérissable" ; Calypso a passé "d'agréables moments de lecture".
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Si loin de vous, Nina Revoyr, Éditions Phébus (2009).
06 août 2009
L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour
Lorsque la soeur de Fatima, Rachida, bonne dans le XVIe arrondissement à Paris, meurre d'un accident fort dommage, la comtesse qui l'emploie décide de la remplacer par sa soeur. Physiquement peu avantagée mais au charisme impressionnant, femme de chambre dans un hôtel sur l'île de Djerba, Fatima va quitter sa Tunisie natale pour les grands boulevard parisien. Dans sa nouvelle aventure, la vie de la jeune femme, généralement malchanceuse, s'articulera autour de l'immeuble de la comtesse, avenue Victor Hugo, et du café d'en bas, le Jean Valjean, où elle croisera des personnages plus hauts en couleur les uns que les autres...
En plein été, quoi de mieux que de se détendre en prenant un bon petit roman certes un peu simple, mais si sympathique ?!!! Joanne et Gerry Driansky, auteurs américains, nous offrent ici un coin de Paris à la Amélie Poulain, où les chieurs sont de vrais chieurs et où les marrants sont très marrants ! Alors oui, je l'avoue, leur Paris a un côté un peu idéalisé et l'on sent, une fois de plus, l'intérêt des étrangers pour le problème des crottes de chien sur les trottoir... Non, je ne rigole pas : encore une fois, on essaye de nous faire la morale pour que les parisien fasse faire caca à leur chien dans les caniveaux ! Enfin bref, on commence à avoir l'habitude, après Stephen Clark et ses éternelles remarques dans God save la France !
Ceci mis à part, L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour est un petit conte de fée moderne, l'histoire d'une femme que la vie n'a pas gâtée et qui, par le hasard des rencontres et de la vie va se créer une communauté dans son pays d'émigration et finir par voir la chance tourner en sa faveur... Alors c'est vrai que certains vont dire "Marre des livres gentillets bourrés de clichés", et c'est d'ailleurs ce que je me suis dit après avoir lu quelques pages. Et puis au final, quand on accepte de se laisser entraîner dans le sillage de cette femme comme on aimerait tous en croiser dans nos cages d'escaliers, la magie peut enfin opérer et l'on en redemande... Encore un loukoum ou une corne de gazelle, confiseries arabes si douces et si sucrées, comme ce livre qu'on referme avec une pointe de déception, mais un vague sourire aux lèvres !
Ah, avant de vous laissez tranquille, un conseil : ne vous arrêtez pas au fait que Douglas Kennedy s'affiche en couverture et parle d'"une perle rare, un roman subtil et savoureux"... Oui, la nouvelle mode, c'est de se faire sponsorisé par ses copains, visiblement...
A lire aussi : Pour Solenn, le roman est "plein de louables intentions, mais on frôle souvent l'overdose" ; Cuné "avale tout sans sourciller et [...] en redemande, si Dieu le veut !" ; Sylire conclut qu'il s'agit d'une "lecture plutôt agréable pour rêver d'un autre monde" ; et pour Bab's, c'est "un conte écrit avec espiéglerie" !
Texte © Miss Alfie 2009.
Images L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour, Joanne et Gerry Driansky, Éditions Héloïse d'Ormesson (2009).
21 juillet 2009
Genesis
Qu'a pu raconter le docteur Baresi en confession à l'abbé Azetti pour que celui-ci se précipite séance tenante à Rome ? Pourquoi les autorités vaticanes ne réagissent-elles pas ? Quelle est cette organisation qui semble au contraire, elle, déterminée à agir ? Quel est le lien qui existe avec cette jeune femme et son petit garçon assassinés avant que leur maison ne soit brûlée ? Qui est cet étrange meurtrier qui refuse de parler ? Ce sont toutes les questions auxquelles va tenter de répondre Joe Lassiter après la mort de sa soeur et de son neveu, des Etats-Unis au fin fond de la campagne italienne.
Dès les premières pages, John Case, ou devrai-je plutôt dire Jim et Carolyn Hougan, le couple qui se cache derrière ce pseudonyme pour écrire à quatre mains des romans policiers, nous abreuve de questions puisque rien ne filtre. Le secret de la confession est tellement intact que même nous, lecteurs, ne comprenons pas ce qui peut mettre l'abbé Azetti dans un tel état. Ok, l'Eglise est plutôt contre la contraception, la procréation médicalement assistée et autres "progrès" notamment en matière de gynécologie. Mais quand même, qu'a bien pu faire ce gynécologue réputé pour qu'un tel ouragan déferle par le biais d'une société un brin extrémiste... Comment ça, je suis gentille en disant "un brin" ?!!!
Autant vous dire que le suspense est à l'ordre du jour dans ce premier roman du couple, mais pas uniquement puisque Jim Hougan est un journaliste d'investigation qui semble bien connaître son sujet. Dans ce roman publié aux Etats-Unis en 1997, un an plus tard en France, science et religion font plus de bon ménage ! On y parle procréation médicalement assistée et même cellule souche, des concept plus ou moins avancés qui, si l'on se souvent bien, n'était en effet pas monnaie courante il y a dix ans... Tout comme l'idée d'introduire la religion et ses dogmes, ses croyances dans un polar, ce qui sera largement utilisé par la suite dans des roman comme Da Vinci Code ou Le dernier templier, pour n'en citer que deux. Genesis apparaît, si on replace sa lecture dix ans en arrière, extrêmement ambitieux et l'on oublie presque qu'il y a dix ans, les ordinateurs n'avaient pas la puissance d'aujourd'hui, et que la science n'était pas aussi avancée qu'elle ne l'est désormais... Et surtout qu'elle communiquait sûrement moins sur ses découvertes !
Un bémol cependant, la fin du bouquin. L'épilogue... Mais pourquoi avoir fait ça ?!!! Ok, les 3 premières pages de l'épilogue valent le coup. Mais franchement, la dernière, non non et non ! Jusque là, on peu imaginer, supputer, en restant très terre à terre. Mais là, la dernière page fout tout en l'air et fait regretter de ne pas avoir refermé le livre à la fin du dernier chapitre, quand tout semble éclairci, et que même si des doutes peuvent apparaître, ils se marient très bien avec l'histoire... Pourquoi toujours vouloir donner une réponse aux lecteurs ?...
A l'exception de ce bémol, Genesis est un excellent thriller, haletant à souhait, intriguant et mystérieux, comme la science et comme l'Eglise catholique...
A lire aussi : L'avis de Robert Sebille.
A découvrir : Le site internet de John Case.
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Genesis, John Case, Éditions Livre de Poche (2000).
19 avril 2009
L'ombre d'Edgar Poe
Quentin Hobson Clark est un jeune avocat passionné par l'oeuvre d'Edgar Poe. Par hasard, il se retrouve à assister à l'enterrement de son écrivain favori en plein Baltimore, un soir d'automne brumeux de 1849. Intrigué par cette mort secrète et peu relayée par la presse, Quentin va se mettre en quête de personnes qui auraient pu inspirer le héros de plusieurs contes de Poe pour élucider ce mystère.
Proposé dans le cadre d'un partenariat entre BOB et Robert Laffont, j'ai reçu ce roman il y a déjà plus de 3 semaines. Avide de le lire, je l'ai entamé tout de suite, mais l'abandonnant rapidement pour cause d'absence. C'est donc près de mon lit que L'ombre d'Edgar Poe passa de nombreuses journées, attendant que je ne le reprenne... Sauf que tout compte fait, j'aurai dû me méfier à ce moment-là déjà... Pourquoi abandonner un bouquin ?! Le prétexte de son poids aurait très bien pu être oublié si je m'étais passionnée dès les premières pages pour ce second roman de Matthew Pearl...
Oui, car on touche là le problème : je n'ai pas réussi à accrocher à ce roman... Et après moults hésitations, j'ai décidé de l'abandonner, de le ranger et d'attendre peut-être pour le reprendre... L'histoire ne m'a pas transportée, et je me suis perdue rapidement entre les personnages, ayant le sentiment de tourner en rond. Et pourtant, j'ai attendu la moitié du livre pour prendre cette décision... Autant dire que mon avis n'est que partiel puisque ce que j'indique concerne la moitié lue de ce livre, et que ce n'est pas moi qui fera de ce roman le best-seller espéré... Mais je suis persuadée que d'autres le feront très bien à ma place !
A lire aussi : D'autres avis sur BOB !
Texte © Miss Alfie 2009.
Image L'ombre d'Edgar Poe, Matthew Pearl, Éditions Robert Laffont (2009).
16 mars 2009
Perte et fracas
Douglas Parker a vingt-neuf ans, est veuf, écrit des chroniques dans un journal et habite une petite ville résidentielle et un peu bourgeoise. Douglas a perdu sa femme, Hailey, dans un accident d'avion il y a un an, et depuis, il passe ses journées à s'enfiler des verres de whisky quand il ne balance pas des canettes sur les lapins qui squattent son jardin et qu'il ne récupère pas le fils de feu son épouse qui fuit la maison de son père. Il déprime, jusqu'au jour où sa soeur jumelle, Claire, arrive et prend les choses en main. Des voisines prêtes à lui sauter dessus à sa mère shootée aux Vilules, Doug n'a plus qu'à se remettre en selle et reprendre sa vie en main. Pour le meilleur et pour le pire.
Perte et fracas est le premier roman de Jonathan Tropper que je lis. J'en avais lu des critiques très positives, contrairement à Tout peut arriver. Et je comprends ces critiques !!! Jonathan Tropper m'a accompagné dans le train en ce dimanche parisien, et ce fut un plaisir de le voir détourner la tristesse du deuil et réussir à faire de ce roman une histoire fort agréable dont on ressort heureux et plein d'espoir.
Et pourtant, ce n'est pas gagné quand on s'attaque à une histoire de deuil, de tristesse, de colère. On s'attaque à des émotions ambivalentes. Et d'ailleurs, le personnage de Doug les incarne complètement : comment refaire sa vie, comment sortir à nouveau avec des femmes quand on est veuf ? Comment les gens vont réagir ? Pourquoi tout le monde fait preuve d'une compassion qui énerve plus qu'elle ne réconforte ? Toutes ces questions, Jonathan Tropper les aborde de manière subtile et drôle en même temps. On sent Doug évoluer, changer, accepter la main tendue, avoir envie de s'en sortir et puis avoir envie de dire stop aux bonnes intentions.
De même qu'il parle très bien du deuil et du long processus qui doit s'enclencher pour que les souvenirs ne soient plus douloureux, Jonathan Tropper situe son histoire au sein d'une famille recomposée, introduisant la question du beau-père qui n'a aucun droit légal sur un adolescent qui ne demande qu'une chose : avoir des repères en la personne de Doug. Ajouter à cela une famille plutôt aisée, en plein préparatifs d'un mariage, et je vous garantie que les étincelles jailliront à n'en plus finir, toujours pour notre plaisir. Car finalement, Jonathan Tropper réussit le meilleur : nous faire rire de choses tragiques sans jamais être déplacé.
En revanche, un petit conseil aux phobiques de l'avion : éviter ce roman ! Oui, ben vous en trouverez un autre où la femme mourra d'une longue et tragique maladie après une lente et douloureuse agonie, et non dans un crash d'avion. Tiens, une pointe d'originalité supplémentaire qui n'a pas été pour me déplaire d'ailleurs... Et oui, pas besoin d'être malade pour mourir...
Pour conclure, je qualifiera Perte et fracas comme étant un roman ancré dans la société actuelle avec ses problématiques mais traitant d'un sujet antédiluvien mais jamais éculé : les relations entre les hommes et les femmes.
A lire aussi : Les avis très satisfaits de Clochette, Pom ou encore de Chaplum.
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Perte et fracas, Jonathan Tropper, Éditions 10/18 (2009).
26 décembre 2008
Postmortem
Lori Petersen est la quatrième victime du tueur en série de RichmondRichmond. Toujours le même mode opératoire : des femmes seules, avec une carrière brillante, qui sont retrouvées violées et étranglées le samedi matin. Kay Scarpetta n'en peut plus de cette histoire : rien, aucun indice probant, et des meurtres qui continuent, faisant régner sur la ville la panique et l'angoisse. Aide d'un flic on ne peut plus macho, Marino, de son équipe de scientifiques et de sa nièce surdouée, Lucy, Kay va explorer toutes les pistes qui s'offrent à elle, décidée à mettre la main sur le tueur, coûte que coûte.
Premier opus des aventures du médecin légiste Kay Scarpetta, PostmortemPostmortem est aussi le premier roman de Patricia Cornwell que je lis. On y découvre des personnages qui reviendront dans les prochains opus, à commencer par Kay, une jeune femme, la quarantaine, brillante et indépendante, comme beaucoup de femmes d'aujourd'hui aimeraient l'être. Face à elle, son antithèse, Marino, flic macho qui semble avoir du mal à comprendre comme une femme peut occuper un tel poste. Autant dire que le duo présenté par l'auteur risque de faire des étincelles ! Mais c'est justement l'un des ingrédients d'un bon best-seller : un binôme mixte, aux caractères opposés, enquêtant sur des meurtres sordides et incompréhensibles... Tiens, cela n'est d'ailleurs pas sans me rappeler l'équipe de Bones, série télévisée américaine mettant en scène une anthropologue judiciaire au caractère proche de celui de Kay...
Loin d'être un livre inoubliable, à l'instar de nombreux policiers, PostmortemPostmortem rassemble cependant tout ce qui peut faire un bon best-seller, à commencer par une intrigue très bien ficelée et des suspects à la pelle, des indices corroborant les hypothèses que l'on peut faire dans sa tête, et une chute toujours trop rapide, toujours trop tôt ! Loin d'être un roman de plage, on sent dans ce premier épisode écrit par Patricia Cornwell le désir de nous entraîner un peu plus dans le quotidien de Kay et de continuer à tisser les liens qui l'unissent à ses équipiers.
Texte © Miss Alfie 2008.
Image PostmortemPostmortem, Patricia Cornwell, Éditions Livre de poche (2005).
24 novembre 2008
Le Dahlia Noir
Los Angeles, 1947. Une jeune femme, Betty Short, est retrouvée assassinée et mutilée dans un terrain vague. Adversaires à la boxe, puis amis et enfin coéquipiers, les policiers Bucheirt et Blanchard vont mener une enquête qui les entraînera dans les profondeur de l'âme humaine, leur faisant frôler la folie et tourner la tête, tout cela au milieu de trois étranges femmes, Elizabeth, Kay et Madeleine.
Celui qui lira Le Dahlia Noir avec, pour seul objectif, de découvrir la version de James Ellroy d'une affaire criminelle non résolue à ce jour risquera fort d'être déçu. En effet, l'histoire que nous conte Ellroy est celle, effroyable, de Betty Short, jeune femme assassinée à Los Angeles en 1947 et dont le tueur n'a jamais été retrouvé. Dans sa version, l'auteur nous donne une réponse à cette énigme. Mais avant tout chose, il m'a semblé que cette enquête n'était qu'un prétexte pour nous entraîner dans le monde noir et corrompu de la police de l'époque.
En effet, même si, comme Ellroy le dit lui même, écrire Le Dahlia Noir fut pour lui une sorte de thérapie pour rendre en quelque sorte hommage à sa mère, assassinée elle aussi sans que son meurtrier ait été retrouvé, l'enquête m'a souvent semblé tenir une place secondaire dans la narration. Ainsi, la découverte du corps de la victime n'intervient qu'au bout d'une centaine de pages. Je peux donc aisément comprendre un certain nombre de critiques comme quoi l'histoire met du temps à démarrer. Cependant, ayant vu précédemment le film de Brian De Palma (dont je vous parlerai bientôt d'ailleurs), j'ai énormément apprécié de comprendre un peu plus les liens entre les personnages et découvrir des personnalités fouillées, complexes, oscillants entre intégrité et corruption, entre réalisme et folie, entre amour et haine. Et pour une fois, je dirai presque que voir d'abord le film permet d'apprécier encore plus le roman puisque l'on se dé-focalise de l'enquête et que l'on peut réellement s'intéresser aux liens entre les personnages et leur psychologie.
Au final, je dirai que c'est un véritable coup de coeur pour ce roman que j'ai eu, un vrai roman policier noir et sombre comme je n'en ai pas souvent lu...
A noter que la dernière édition en poche de 2006 offre une postface rédigée par Ellroy qui donne de nombreuses explications sur sa démarche littéraire.
A lire aussi : Les avis très intéressants d'Olivier Montbazet, d'In Cold Blog et de Thomz.
Texte © Miss Alfie 2008.
Image Le Dahlia Noir, James Ellroy, Éditions Rivages (2006).

