02 novembre 2009
Kaamelott
Au Ve siècle après Jésus Christ, désigné par les Dieux et possesseur de l'épée ExcaliburExcalibur, le roi Arthur rassemble les chefs de guerre bretons pour mener à bien la quête divine qui lui a été confiée : la quête du Graal.
Qui ne connaît pas Merlin, la forêt de Brocéliande et la légende arthurienne ? Bien peu de monde, il faut le dire. Et c'est de cette légende qu'est née la série désormais culte d'Alexandre Astier, Kaamelott. Parodie déjantée à l'origine, Kaamelott met un scène des chevaliers de pacotille, peu doués pour les quêtes, pas forcément futés, trouillards pour certains et surtout bien éloignés des principes de la chevalerie puisqu'on trouve même autour de la table des chevaliers qui n'en sont pas ! Mais attention, qu'on soit bien clair, tout cela est complètement délibéré ! Si Alexandre Astier avait voulu nous servir une vision connue de la légende arthurienne, il lui suffisait d'adapter n'importe quel roman sur la question. Là, l'idée est de parodier, du moins à l'origine.
Depuis sa création en 2005, les inconditionnels n'auront pas loupé l'évolution et le tour parfois dramatique qu'a pris la série. D'un premier Livre fait de courts épisodes où les gags et les bons mots se succèdent, on a peu à peu vu apparaître les trahisons, les conflits et les doutes chez Arthur et son entourage. A partir du Livre III, il devient quasiment nécessaire de suivre tous les épisodes pour comprendre l'intrigue générale car même si chaque épisode développe une intrigue qui lui est propre, certains éléments s'enchaînent et créent une trame de fond.
Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que la diffusion des 9 épisodes du Livre VI vient de s'achever et que le manque se fait déjà sentir... Il faut dire aussi qu'Alexandre Astier a sû conquérir son public en donnant de plus en plus de corps à son histoire, en complexifiant peu à peu ses personnages, en particulier celui d'Arthur qui apparaît au départ comme un roi aimant s'amuser, sûr de lui, peu aidé par son entourage, à l'exception du fidèle Lancelot...
Fidèle qui n'en a que le nom... Mais ceci est une autre histoire et il ne s'agit pas de tout vous dévoiler non plus ! Toujours est-il que ce Livre VI, en nous plongeant dans la jeunesse d'Arthur, qui à l'époque était Arturus, soldat dans la milice civile de Rome, porté sur le trône de Bretagne par des romains désireux de terminer l'extension de leur empire, nous montre un futur roi anxieux, dont certains actes apportent des clés de compréhension quant à la suite de l'histoire.
Au fil des épisodes, les personnages ont gagné en consistance, certains sont apparus ponctuellement, et quelques guest stars avec comme Christian Clavier, Alain Chabat (Cf. photo), Elie Semoun ou encore Antoine de Caune qui, lui, fait régulièrement des apparitions, campant un personnage qui ne le met d'ailleurs pas forcément à son avantage !!! Soyons clairs cependant : les libertés prises par Alexandre Astier autour de la légende vont de paire avec les libertés prises quant au caractère de ses personnages. Guenièvre passe pour une mijaurée pas dégrossie, Perceval pour un imbécile de première classe, Karadoc pour un goinfre affamé et Merlin pour un magicien loufoque et peu fiable... Mais le charme de cette série réside également dans ces personnages déjantés, délirants et totalement hors propos les 3/4 du temps.
Après 6 saisons diffusées sur M6, Astier a décidé de stopper le format "série" pour désormais nous proposer une trilogie cinématographique qui permettra de clore l'aventure de Kaamelott en apportant des réponses à bons nombres de questions encore en suspens. Oui, mais voilà : il va falloir attendre 2012 visiblement pour en profiter !!!
En attendant, il n'y a plus qu'une chose, se visionner à nouveau l'intégrale des DVD, profiter des acteurs tous aussi bons les uns que les autres, se répéter les phrases cultes ("C'est pas faux..."), et pourquoi pas se plonger dans les BD dérivées de la série, ou carrément, dans la véritable histoire du Roi Arthur...
Texte © Miss Alfie 2009.
Images Kaamelott (2005-2009).
04 août 2009
The Truman Show
Truman Burbank a une vie tout ce qu'il y a de plus américain. Il habite a Seaheaven avec son épouse, Méryl, dans un pavillon d'un quartier aux jardins bien ordonnés et bien entretenus. Tous les matins, il se rend à son boulot et vend des polices d'assurances. Mais depuis qu'il est tout petit, Truman rêve d'être un aventurier, de partir découvrir ce qu'il y a au delà du pont de Seaheaven, et qu'il n'a jamais traversé...
Au fil d'événements que Truman va trouver de plus en plus étranges, il va se rendre compte que toute sa vie n'est qu'une monumentale supercherie et qu'il est le héros d'une émission de télévision retransmise 24h sur 24. Pour une femme dont le souvenir le hante, il tentera de découvrir ce qui se cache "de l'autre côté du miroir"...
Lorsque les chaînes télévisées se font un plaisir de nous repasser tous les ans quelques "classiques" avec De Funès quand nous ne soupons pas de multiples rediffusions de séries ou de téléfilms, qu'il est bon d'avoir en réserve quelques DVD pour passer une soirée agréable... Sorti en 1998, The Truman Show présente un Jim Carrey bien loin de ses rôles dans The Mask ou Ace Ventura, détective pour chiens et chats. Peter Weis, le réalisateur du Cercle des poètes disparus, fait ici un excellent choix en offrant à Jim Carrey un rôle que beaucoup veulent aujourd'hui avoir... Car The Truman Show n'est, ni plus ni moins, qu'une parodie d'émission de télé réalité, sortie avant l'émergence en Europe d'émissions comme Loft Stroy (première saison en France en 2001). A la fin des années 60, Andy Warhol avait dit : "Dans le futur, chacun aura droit à ses quinze minutes de célébrité mondiale".
Et bien nous y sommes, cher Andy ! Et ce film est la preuve que tout ce qui relève de la fiction n'est pas fictif...
Dans The Truman Show, la vie de Seaheaven est réglée autour du héros, on passe des musiques qui "collent" à ce qui se passe, comme si chaque instant de nos vies était prévu et mis en musique... Une vie de film, on en rêverai presque... Mais lorsque Truman réalisé que chaque instant de sa vie est épié, que tout est créé, que sa femme n'est rien d'autre qu'une actrice payée pour l'aimer, il y a de quoi être déstabilisé. Encore une fois cela renvoie étrangement aux manipulations décidées par les productions d'émissions de télé réalité...
Au delà de ce lien on ne peut plus en phase avec l'actualité des médias, ce film amène aussi une réflexion sur le libre arbitre et le droit de chaque être humain à prendre les
décisions qu'il veut. La fin du film est on ne peut plus clair sur ce point : Truman a le choix entre rester dans un monde qui se veut parfait et continuer à faire rêver des millions de téléspectateur, ou partir vers l'inconnu et continuer sa propre vie, sans que plus personne ne décide de ce qui arrivera dans les prochains épisodes. Et ce thème n'est d'ailleurs pas sans rappeler le livre de Georges Orwell, 1984, au sein duquel les personnages vivent dans une société contrôlée par Big Brother... Big Brother, titre de l'émission d'Endemol, producteur de Loft Story, et sortie aux Pays-Bas en 1999...
Hasard ou coïncidence, The Truman Show, sorti un an avant Big Brother, prend alors l'aspect d'une fiction tellement réaliste qu'elle en fait froid dans le dos... Qui sait si dans une vingtaine d'années, les maisons de production n'adopteront pas des enfants comme Truman pour en faire des "bêtes de zoo" ?...
Texte © Miss Alfie 2009.
Images The Truman Show, Peter Weis (1998).
02 août 2009
Là-haut
Carl est un vieux veuf un peu grincheux dont la petit maison survit aux attaques incessantes d'un promoteur immobilier qui rêve d'envoyer Carl en maison de retraite pour récupérer son terrain. Saisissant une opportunité, Carl va réaliser la promesse fait à Ellie, son épouse décédée, d'installer leur maison près des Chutes du Paradis. Grâce à des milliers de ballons accrochés à sa maison, Carl va partir pour l'Amérique du Sud, embarquant dans son aventure Russell, un petit scout toujours enthousiaste mais un brin envahissant. Dans la jungle tropicale, ils croiseront la route de Doug, un chien qui parle, de Kevin le fameux Dabou et d'un explorateur oublié de tous, ou presque...
Que font deux adultes, bien sous tous rapports, approchant de la trentaine, mais restés un peu enfants dans leur tête, quand ils n'ont rien à faire un mercredi soir ? Ils vont au cinéma voir Là-haut, bien sûr ! Dernier né des studios Pixar, réalisé par Pete Doctor (Monstres & Cie) et Bob Peterson (scénariste sur Le monde de Nemo), Là-haut est réellement un excellent film d'animation comme je n'en avais pas vu depuis longtemps ! Est-ce parce que j'avais vu à la maison, sur une télé normale,
Ratatouille ou encore Les indestructibles, à l'heure où je fais souvent la sieste le dimanche, mais toujours est-il que je n'ai pas fermé une seconde les yeux devant le grand écran sur lequel défilait des images dont le dessin m'a enchanté.
Contrairement à des dessins animés où l'utilisation d'images de synthèse était clairement visible, j'ai vraiment eu devant les yeux pendant 1h30 un dessin animé, avec des graphismes "à l'ancienne", me rappelant les films de Walt Disney de mon enfance.
Certes, d'aucun diront que d'un point de vue scientifique, il est totalement impossible de faire voler une maison avec "si peu" de ballons. Et alors ?! Parce que vous croyez que la petite sirène a réellement existé ? Parce que Cendrillon a vraiment rencontré son prince charmant grace à une pompe ? Parce que la belle au bois dormant a franchement dormi 100 ans sans prendre une ride ? Non, faut redescendre sur terre hein ! On parle de dessin animé, on parle de magie, d'enfance, de féerie, de conte, et que sais-je encore !
Et côté magie et évasion, Là-haut fait le plein ! Déjà, l'idée de faire s'envoler sa maison et de la manoeuvre avec la girouette, les rideaux servant de voiles, je trouve ça extra. Après, se retrouver dans un endroit perdu, et rencontrer le fameux Dabou Kévin (quoi, vous ne connaissez pas le Dabou ? Ah... Mais courrez au cinéma quoi !!!), oiseau magnifique comme tous les enfants voudraient en dessiner avec les feutres tous neufs de la rentrée, c'est magique. Quand, en plus, le vieil homme grognon et le jeune scout trop joyeux tombent sur un chien qui parle et a une dent contre les écureuil, le tableau est complètement réussi pour faire passer une moment de rire et de plaisir entier !
Ah oui, juste en passant : ne partez pas avant la fin du générique qui fait partie intégrante du film... Même si les réalisateurs auraient potentiellement piqué l'idée à Amélie Poulain... Mais bon, on leur pardonnera, le film d'origine étant tellement bon... Mais ça, c'est une autre histoire !
Texte © Miss Alfie 2009.
Images Là-haut, Pete Doctor et Bob Peterson (2009).
16 juillet 2009
Public Enemies
Dans les années 30 aux Etats-Unis, John Dilliger est l'un des braqueurs de banque les plus recherchés du pays. Il est "l'ennemi public numéro 1" selon l'expression du directeur du FBI, John Edgar Hoover. Traqué par l'agent Melvin Purvis, Public Enemies relate le succès et la mort de ce gangster de la prohibition.
Autant le dire tout de suite, ça évitera les malentendus, si je suis allée voir ce film, c'est parce que monsieur me l'a proposé... Oui, moi, les films de gangsters qui se font butter à la fin, je suis pas forcément une grande fan... Mesrine s'était passé de moi dans les salles, Public Enemies aurait aussi pu si je n'avais pas cédé à la tentation de voir Johnny Depp sur grand écran en gangster plutôt attirant... Sans doute mon côté rebelle...! Toujours est-il que lundi dernier, je me suis retrouvée dans une salle de cinéma plutôt fraîche vu la température extérieure à m'enfiler un film de plus de deux heures à l'heure où mon estomac digérant réclame généralement une sieste.
Depuis l'époque de 21 Jump Street, j'ai plutôt eu l'occasion de voir Johnny Depp dans les films de Tim Burton dont on pourrait presque dire qu'il est l'un des acteurs fétiches (Edward aux mains d'argent, Ed Wood, Sleepy Hallow, Charlie et la chocolaterie, Les noces funèbres, Sweeney Todd, et bientôt Alice au pays des merveilles), sans compter la trilogie Pirates des Caraïbes. Dans Public Enemies, Johnny Depp est bien loin de ces personnages parfois loufoques, sortis de contes de fée pour adultes et pour enfants puisqu'il campe un personnage "historique" qui a fait naître le concept d'ennemi public numéro 1. Mais Michael Mann, le réalisateur du Dernier des Mohicans et, plus récemment, de Collatéral et Miami Vice a fait un excellent choix en prenant Johnny Depp dont l'image publique assez mystérieuse et la gueule de beau gosse un peu amochée rend John Dillinger a la fois inquiétant et attirant.
Face à Depp, un autre beau gosse du cinéma américain dont le succès au box office des deux premiers épisodes de la trilogie Batman de Christopher Nolan a pu faire de l'ombre à la trilogie Pirates des Caraïbes, à savoir Christian Bale, qui campe un agent fédéral prêt à utiliser toutes les armes à sa disposition pour combattre Dillinger, y compris en le tuant si c'est la seule solution pour l'empêcher de nuire à nouveau... Et entre les deux hommes, la frenchie Marion Cotillard qui tourne son premier film après le succès de La Môme et dont le visage qui semble tout droit sorti d'une photo des années 30 crève l'écran.
Côté acteurs donc, rien à redire au niveau du trio de tête qui incarne à la perfection à mon avis leurs rôles. En revanche, là où le bat blesse, c'est côté réalisation... Deux heures et quart, était-ce nécessaire de faire aussi long ? Ma foi, ça l'aurait pu, à condition que Michael Mann fasse le choix d'utiliser toutes les ressources à sa disposition... Il nous abreuve d'une quantité de petits malfrats tournant autour de Dillinger, on suppute des histoires de corruption des flics, mais rien n'est travaillé, au point de rendre ces personnages secondaires très secondaires, et d'embrouiller les pinceaux des spectateurs. Rajouté au jeu de la caméra qui semble ne pas vouloir se poser le temps que l'oeil sache qui se déplace ou agit, en particulier dans les scènes) d'action, il s'en est fallu de peu pour que je m'endorme par moment sur l'épaule de monsieur ! Côté rythme, idem, de l'action suivi de scènes plus tranquilles auraient pu rendre le film intéressant, du moins au début... Dommage que la fin semble tirer en longueur et que l'on commence à attendre impatiemment la fin inéluctable dans la dernière demi-heure...
Autant dire que si monsieur veut acheter le DVD à sa sortie, je le laisserai faire mais ne me précipiterai pas pour le regarder... J'aurai sûrement un bon bouquin à finir ce soir là !
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Public Enemies, Michael Mann (2009).
02 juillet 2009
Tellement proches
Comme tous les samedis, Alain et Nathalie se rendent chez le frère de cette dernière, Jean-Pierre, pour dîner, avec leur fils aîné, Lucien, gamin un brin turbulent. Après s'être, comme toujours, perdus dans les rues de Créteil, ils arrivent chez Jean-Pierre et Catherine, parents de la prodigieuse Gaëlle et de la bruyante Juliette. Se joignent à eux la soeur de Jean-Pierre et Nathalie, Roxanne, et Bruno, interne en médecine sur qui Roxanne a jeté son dévolu, craignant de ne pas avoir d'enfants. Mais cette soirée ne va pas vraiment se passer comme prévu, et les jours suivants vont voir s'effondrer beaucoup de choses dans cette grande famille !
Tellement proches est le troisième film réalisé en commun par Olivier Nakache et Eric Toledano après Je préfère qu'on reste amis... (2005) et Nos jours heureux (2006). Axé sur les relations familiales et leur aspect parfois étouffant, ce film nous propose 1h40 de rire et de situations dont certaines ne seront pas sans en rappeler d'autres, parfois étrangement réelles...!
On y retrouve Joséphine de Meaux, avec qui les deux réalisateurs avaient déjà travaillé dans Nos jours heureux, ainsi qu'Isabelle Carré qu'on a par ailleurs vu dans des films plus dramatiques comme Anna M. (2007), Holy Lola (2004), Se souvenir des belles choses (2002) ou dans l'adaptation télévisée d'A l'abri de rien d'Olivier Adam, Maman est folle (2005). Côté têtes d'affiche, notons aussi la présence de Vincent Elbaz (Le péril jeune (1995), La vérité si j'mens (1997), Les randonneurs (1997)) en père un peu paumé et de François-XavierFrançois-Xavier Demaison qui a troqué son costume de Coluche, l'histoire d'un mec (2008) contre la toge d'un avocat commis d'office en manque d'argent et étouffée par une épouse plus que volontariste (Audrey Dana, Welcome (2009)). Cependant, la plus belle surprise pour moi fut la prestation d'Omar Sy, plus connu sous le pseudo d'Omar, et accolyte de Fred dans le fameux Service après vente des émissions diffusé tous les soirs sur Canal + aux alentours de 20h40 et qui avait déjà joué lui aussi dans Nos jours heureux. Loin des personnages loufoques incarnés dans l'émission de Canal +, Omar Sy est ici tout en retenue, très pince sans rire et très à propos dans toutes ses scènes.
Deux bémols cependant pour une comédie qui ravira petits et grands : l'impression de déjà vu de la scène dans un grand magasin suédois qui rappelait grandement l'un des sketches de L'autre, c'est moi, one-man-show de Gad Elmaleh, et la fin un peu simpliste, un peu "cul cul la praline"... Ceci dit, entre ces deux instants, plus d'une heure et demie de rire grâce à des situations parfois loufoques, mais tellement ancrées dans la réalité !...
La bande annonce
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Tellement proches, Eric Toledano et Olivier Nakache (2009).
28 juin 2009
Coraline
Coraline Jones vient d'emménager avec ses parents dans une grande maison composée de plusieurs appartements peuplés d'étranges individus. Relativement délaissée par ses parents, très occupés par leur travail, Coraline commence à explorer la maison et ses alentours. Dans une des pièces, elle découvre une petite porte cachée qui va l'entraîner à la découverte de son Autre mère et de son Autre père, réunissant tout l'amour et l'attention que ses vrais parents ne lui donnent pas.... Mais peu à peu, le conte de fée vire au cauchemar pour Coraline...
Adapté d'un conte pour enfant de Neil Gaiman, Coraline est la nouvelle production en "stop-motion" d'Henry Selick, qui avait réalisé il y a quelques années L'étrange Noël de Monsieur Jack. Éclipsé par l'aura du célèbre Tim Burton à cette époque, Henry Selick nous montre aujourd'hui qu'il est capable de faire aussi bien que le réalisateur d'Edward aux mains d'argent.
Côté histoire, on retrouve des relents d'enfance avec quelques références à Alice au pays des merveilles, mais en beaucoup plus sombre : la petite porte pour passer dans l'autre monde existe toujours, la méchante demande une fois de plus à l'héroïne de jouer un jeu aux règles particulières, tandis que le lapin blanc s'est mué en chat noir. Une fois de plus, on joue sur l'idée réel/imaginaire, réel/rêvé. On navigue entre émerveillement et inquiétude, entre rationalité d'adulte et peurs d'enfant.
Côté mise en scène et réalisation, on ne peut que saluer le travail de l'équipe d'Henry Selick à qui il aura fallu plus de 18 mois pour accoucher de Coraline. Rien d'étonnant lorsque l'on sait que rien que pour la scène des souris acrobates dans le cirque, il aura fallu 66 jours de tournage... 130 décors ont été réalisés pour le tournage, en utilisant parfois des matériaux très simples comme de la colle et de la levure de boulanger pour la neige, ou des grains de pop corn cuits et pains à la main pour les fleurs de cerisier. Les personnages, eux, sont des figurines en silicone, mousse de latex et résine, montés sur une armature métallique permettant les mouvements. Rien que pour le personnage de Coraline, 28 figurines auront été réalisées avec 9 costumes différents.
Côté doublage, à signaler que la voix originale de Coraline est celle de Dakota Fanning (La guerre des mondes) tandis que Tery Hatcher (Desperate Housewives) fut retenue pour interpréter la mère de Coraline et l'Autre mère.
Coraline reste donc un très beau film de par sa prouesse technologique, mais aussi parce qu'il propose un conte qui fera frémir les petits et retomber les grands en enfance !
La bande annonce (VOST)
Texte © Miss Alfie 2009.
Image Coraline, Henry Selick (2009).
