Miss Alfie, croqueuse de livres

Un livre, une histoire, une critique pour une bibliophage avertie !

16 novembre 2009

Kaamelott, les produits dérivés

Kaamelott, vous connaissez, la proprio du blog vous en a causé il y a quelques jours. Bon, je veux pas être prétentieux mais sans moi, elle ne vous en parlerait pas. Moi, perso, j'adore. Depuis le début. Et le petit père Astier, s'appuyant sur une communauté de fans non contestée et très large, exploite un peu tous les filons qu'il trouve sur le sujet. Je vais pour présenter un peu tout ça.

kaamdvdLe premier, évident, les DVD. Présenté sous une apparence extérieure de livre (parce qu'on dit pas saison à Kaamelott, on dit livre), les coffrets offrent trois ou quatre galettes. Les deux premiers DVD (trois pour le livres V et VI) présentent basiquement les épisodes. Le dernier disque est celui des bonus, toujours nombreux pour cette série. Le livre I présente les origines de la séries avec le court métrage Dies Irae et les 10 épisodes pilotes (avec Emilie Dequenne en guest, Le chevalier femme). Les livres suivants proposent un reportage sur un sujet particulier, contemporain du roi Arthur : les femmes, la politique, la guerre, etc. Ces reportages, si tant est qu'on arrive à rentrer dedans sont particulièrement passionnants puisqu'ils proposent la vision d'historiens, de spécialistes médiévaux et des comédiens. Le livre V offre également une longue interview d'Alexandre Astier dans les "rues" de CineCitta où a été tourné le livre VI. Le reste des bonus sont constitués de bêtisier, de bande-annonces, etc. Bref, les bonus valent pour les pilotes et les reportages.

Kaam2Deuxième filon, la bande dessinée. Astier se met au scénario et il s'est adjoint les services de Steven Dupré pour les dessins. Trois albums sont à ce jour sorti : L'Armée du Nécromant, Les Sièges de Transport et L'Enigme du Coffre. On retrouve les personnage de la série avec leur caractère, leurs réflexions et surtout leur tête. Dupré a tenu à imager fidèlement les comédiens de la série. On aime ou pas. Mais bon, comme A. Astier est dans le coup, je pense qu'il pouvait difficilement passer outre. Côté scénario, c'est assez décevant. Si on peut penser que le premier volume est un coup d'essais plutôt sympathique, si les Sièges de Transport arrivent encore à tenir la route, le dernier volume est lui vraiment mauvais. Une histoire qui ne colle pas avec l'ambiance de la série et une faim décevante. Le quatrième volume sort à la fin du mois et est centré sur Perceval. J'en attends beaucoup. A noter que chaque volume sort également dans une version de luxe, non colorisée et offrant quelques planches de bonus. Pas forcément utile à mes yeux. L'adaptation en bande dessinée reste donc pour l'instant une bonne idée mais qui n'a pas trouvé toute satisfaction. De là à dire qu'il s'agit d'une exploitation purement commerciale, je n'irai pas encore jusque là.

kaam_livreDernier filon, les livres. Sans dessins, ceux-là. Trois ouvrages sont sortis sur le sujet. Un premier reprend tous les textes des épisodes du livre I complété de trois épisodes inédits à la télé. Bon, je n'ai pas acheté, je ne pourrai donc pas livrer un avis objectif. il paraîtrait qu'il y ait quelques différences entre les sketches écrits et le passage derrière la caméra. En tout état de cause, c'est un ouvrage qui ne me paraît pas indispensable, même à un fan déclaré de la série. Les deux autres sont en revanche plus sympathiques. Ils sont tous deux écrits par Eric Le Nabour et parlent de la légende arthurienne pour le premier et des coutumes gastronomiques au Moyen-Âge pour le second. Objectivement, le premier tome est absolument passionnant, bien écrit, faisant référence à des passages de la série et détaillant les hypothèses ou faits historiques autour de la légende arthurienne. Le second est nettement moins trépidant, à tel point que je ne l'ai pas terminé.

Vous en savez maintenant un peu plus sur tout ce qui tourne autour de Kaamelott. Evidemment, l'essence même de la chose reste la série télé, une des meilleurs sinon la meilleure série française de ces dernières années. Les bouquins qui tournent autour peuvent être un complément sympathique sans être indispensables. Le fanatique absolu se les procurera. Le curieux amateur les parcourera avant de juger de l'utilité.

Texte © Guigzz 2009.
Images Kaamelott, DVD Livre I, Éditions M6 Video (2005) ;
            Les Sièges de Transport, Editions Casterman (2007) ;
            Kaamelott, au coeur du Moyen-Âge, Eric Le Nabour, Editions Perrin (2007)

26 août 2009

Slumdog Millionnaire

Slumdog_Millionnaire1Comment Jamal Malik a-t-il pu arriver à la question finale de "Qui veut gagner des millions ?" alors qu'il est un enfant des bidonvilles ? Qui sont ses complices ? C'est à ces questions que veulent répondre les policiers qui l'interrogent inlassablement, tentant de lui faire avouer sa tricherie. Mais Jamal ne faiblit pas : non, il n'a pas triché, oui, il connaissait toutes les réponses. Et il va, question après question, l'expliquer à ses geôliers.

Adapté du roman de Vikas Swarup Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint millionnaire, Slumdog Millionnaire a largement fait parler de lui en début d'année 2009, lors de sa sortie sur les écrans. Récompensé par 8 Oscars et 4 Golden Globe, le dernier film de Dany Boyle (Trainspotting, Sunshine) a presque autant déchaîné les foules que Jamal à la question finale dans le film ! Il faut dire que le film a tout pour : une histoire digne d'un conte de fée, un cadre totalement étranger au confort occidental, des acteurs parfois incroyables, une musique entraînante... Bref, tout pour passer un bon moment.

Pourtant, les mauvaises langues vont bon train sur le réalisme du film, les Indiens eux-mêmes ne s'étant pas passionné autant que les occidentaux pour cette vision de l'Inde que certains qualifient d'exagérée ou d'irréellle. D'aucun regrettent aussi que la qualité de vie des jeunes acteurs soit toujours aussi mauvaise malgré les millions que le film a engendré. La tentative de vente de la jeune Rubina Ali, qui interprète LaSlumdog_Millionnaire2tika enfant, par son père, ou la destruction du bidonville où les trois enfants vedettes habitaient ont fait le tour des informations, que ce soit à la télé ou sur le net.

Cependant, l'une des forces de Dany Boyle est d'avoir en effet choisi des enfants des bidonvilles pour interpréter Jamal, son frère et Latika. Leur connaissance du quartier et leurs habitudes de vie sont donc tellement réalistes que des acteurs n'auraient pu faire mieux. Et le fait de savoir que la vie quotidienne des enfants est identique à ce que l'on voit dans le film fait frémir, quand on quitte un instant des yeux l'écran et que l'on regarde autour de soi le confort qui est le notre. Côté personnages adultes, on trouve en tête d'affiche la belle Freida Pinto qui aura clairement été découverte par ce film, et Dev Patel, l'un des héros de la série britannique Skins.

Slumdog_Millionnaire3En elle-même, l'histoire peut apparaître comme un conte de fée, avec de bons sentiments et une histoire d'amour en toile de fond. Mais le scénariste, Simon Beaufoy (Full Monty/Le grand jeu), a su conserver la trame de fond du livre de Swarup et a proposé une adaptation conservant la trame principale de l'histoire, mais plus simple à comprendre. Car il faut bien imaginer que ce film est une succession de flash-back, au rythme des questions auxquelles Jamal Malik est confronté. En revanche, contrairement au livre qui nous faisait passer des 10 ans de Jamal à la veille de l'émission, pour repartir 5 ans avant, Slumdog Millionnaire est découpé avec un minimum de chronologie dans les flash-back. Slumdog_Millionnaire4Du coup, j'avoue que je ne me suis nullement sentie perdue dans l'histoire... Ceci dit, je m'attendais à un tel découpage. Par contre, celui qui pense voir un film linéaire pourra être déçu !

Avant de vous laisser en paix en ce mercredi après-midi, je voudrai juste vous inviter à profiter de la musique,récompensée aux Oscars, et au clin d'oeil bollywoodien au début du générique... Mais je ne vous en dirai pas plus... Ou si, juste encore un détail : si vous pouvez le voir en VO, n'hésitez pas car vous profiterez des échanges en Hindi des enfants dans les bidonvilles et jonglerez entre la langue traditionnelle et l'anglais officiel...

Texte © Miss Alfie 2009.
Images Slumdog Millionnaire , Dany Boyle
(2008).

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15 juillet 2009

Le Dahlia Noir

Dahlia_noirA Los Angeles, au lendemain de la seconde guerre mondiale, deux inspecteurs ayant pour passion commune la boxe, se retrouvent à enquêter sur la mort d'une jeune femme rêvant de percer dans le monde du cinéma, Betty Short. Étant donné l'atrocité de la mort de Betty, les deux hommes vont enquêter jusqu'aux limites de la folie pour comprendre qui était la victime et ce qui s'est passé.

Adapté du roman de James Ellroy par Brian de Palma (Scarface (1984), Les incorruptibles (1987)), Le Dahlia noir est le cinquième roman de l'écrivain adapté au cinéma. Du réalisateur, je ne crois avoir vu que Mission : Impossible et Les incorruptibles. Ce dernier film m'avait d'ailleurs laissé un important souvenir...
Pour cette adaptation, c'est le réalisateur de Seven, David Fincher, qui avait d'abord été pressenti avant d'abandonner devant l'ampleur de la tache (il voulait en faire un film de trois heures en noir et blanc, assez loin de ce qu'a fait de Palma)... Pour camper les personnages complexes de cette histoire, on trouve Josh Hartnett (Pearl Harbor (2001)) dans le rôle de Bucky BleichertBleichert, Aaron Eckhart (The Dark Night (2008)) dans celui de Lee Blanchard, Scarlett Johansson (Lost in translation (2004)) campe la belle Kay Lake, Hilary Swank (Million Dollar Baby (2005)) la mystérieuse Madeleine Linscott, et Mia Kirshner (Jenny de The L World) incarnera la défunte Betty Short. Un casting intéressant pour un film noir qui nous entraîne à la suite des inspecteurs sur les traces du meurtrier mais aussi dans le labyrinthe des relations entre les hommes...
Par rapport au livre, on notera une simplification de l'histoire et des relations entre les protagonistes, bien qu'au premier visionnage, le spectateur puisse se sentir perdu entre les différentes affaires dont fait état l'histoire. Cependant, l'avoir revu après lecture du roman donne d'autres perspectives sur un film qui pourrait paraître fort simple par rapport au majestueux roman dont il est tiré. Ceci dit, n'oublions jamais que plusieurs centaines de pages ne peuvent être adaptées en totalité à l'écran. Des coupes sont donc nécessaires, et rendent effectivement ce film moins dense que ne l'est le livre... Toujours est-il qu'on peut en effet regretter que tout le versant faisant état de la corruption dans la police à cette période ne soit pas évoqué, le livre insistant régulièrement sur les tentations offertes aux flics. De même, la psychologie des personnages peut apparaitre comme tellement simplifiée qu'ils en perdent en substance.
Et pourtant... J'avoue, au premier visionnage, n'ayant à cette époque pas encore lu le livre, m'être perdue entre les protagonistes, avoir manqué une partie des subtiles relations entre eux. Deux visionnages et une lecture de bouquin plus tard, je garde mon impression de départ d'avoir là un grand film sombre, malgré les critiques lues ça et là comme quoi Brian de Palma aurait adapté le livre à son univers, et non l'inverse.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le Dahlia noir , Brian de Palma (2006).

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29 mai 2009

Millénium - Le film

milleniumCondamné pour diffamation, Mickael Bloomkvist, journaliste à Millénium, est contacté par un grand industriel suédois, Henrik Vanger, pour faire la lumière sur la disparition quarante ans plus tôt de sa nièce, Harriet. Aidé d'une étrange jeune femme, Lisbeth Salander, il découvrira les secrets de la famille Vanger.

Risqué était le pari d'adapté sur grand écran l'un des plus grand succès littéraire de ces dernières années. C'est ce défi que s'est lancé Niels Arden Oplev, réalisateur d'origine danoise, en réunissant à l'écran des acteurs totalement inconnus des spectateurs français mais, visiblement, célèbres en Suède. C'est notamment le cas de Michael Nyqvist, qui campe le désormais célèbre journaliste. Ceci dit, aller voir un film suédois pour prendre du bon temps, ça fait un peu fan d'Arte qui admire les téléfilms incompréhensibles diffusés en troisième partie de soirée... Du moins, c'est ce que l'on peut penser ! Car pour ma part, ce film suédois fut un véritable plaisir. Et pourtant, j'avoue être difficile côté adaptation cinématographique de roman.
Sauf que dans le cas de Millénium, Niels Arden Oplev a réussi à garder le fond de l'histoire (l'enquête sur la disparition d'Harriet) et éluder les affaires annexes (l'affaire Wennestrom, la faillite de Millénium), proposant un thriller bien construit et compréhensible. Du moins, m'a-t-il semblé. Certe, on peut regretter que les relations de Mickael avec ses maîtresses ne soient pas développées, qu'Erika Berger ne soit même pas nommée et qu'elle apparaisse à tout casser cinq minutes à l'écran, que l'on ne mentionne pas les relations de Lisbeth avec son ancien tuteur, que l'affaire Wennestrom soit tellement édulcorée qu'elle devienne à la limite incompréhensible pour qui n'a pas lu le livre... Oui, on peut le regretter...
Mais doit-on regretter qu'Oplev nous propose un film de 2h30 déjà bien complet, au cours duquel on découvre une Lisbeth plus inquiétante que jamais campée par Noomi Rapace, jeune actrice a priori peu connue du public suédois également, mais qui crève l'écran ? Globalement, tout y est : Lisbeth et son caractère étrange, Burjman et ses horreurs, Bloomkvist et sa détermination, le froid suédois, l'ambiance glaciale qui règne dans la famille Vanger, les secrets et les mystères tous plus terribles les uns que les autres. De même, à noter, la subtilité avec laquelle Oplev amène la suite des aventures grâce à quelques références directes et très compréhensibles au deuxième opus. A noter d'ailleurs qu'à l'origine, les deuxièmes et troisièmes volumes ne devaient être diffusés qu'à la télévision suédoise. Ceci dit, suite au succès du premier film, il semblerait que l'on se destine à une diffusion cinéma...
De quoi d'ailleurs réjouir la personne qui m'a accompagné pour voir ce film et qui, en sortant, m'a demandé si l'idée était de faire une image à la Derrick... Visiblement, ce côté terne et gris que j'ai apprécié car j'y ai vu les paysages imaginés dans ma tête d'après les descriptions de Stieg Larsson, n'est pas du goût de tout le monde !... De même, pour qui n'a pas lu le livre, il semblerait que certains éléments soit parfois difficiles à comprendre, notamment la fin un peu rapide, et que l'action paraisse lente... Ceci dit, si j'analyse cet élément, il me semble que ces lenteurs ne se retrouvent pas dans le livre en raison de toutes les réflexions sur la psychologie des personnages.
En bref, qui a aimé le roman appréciera sûrement le film. En revanche, pour les autres et pour ceux qui ne l'on pas lu, affaire à suivre, j'attends vos avis !

Texte © Miss Alfie 2009.

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27 décembre 2008

Les Rivières pourpres

RivpouD'un côté, le commissaire Pierre Niemans. Empétré dans une sordide affaire de violence à Paris, il est envoyé à Guernon, dans l'Isère pour aider le SRPJ sur une enquête peu commune de meurtre avec mutilations du responsable de la bibliothèque de l'université locale. De l'autre, Karim Abdouf, inspecteur de police dans le Tarn, sorti de la délinquance. Dans sa région paumée, deux affaires coup sur coup, le cambriolage sans vol d'une école et la profanation d'un caveau au cimetière. Et si toutes ces affaires se rejoignaient pour n'avoir qu'un seul et même coupable ?

J'ai vu le film avant d'avoir lu le livre, honte à moi. Circonstance atténuante, je l'ai vu il y a très longtemps, lors de sa sortie. J'avoue même ne pas tout avoir compris en sortant de la salle. Et puis, j'ai acheté le livre en poche il y a de ça quelques semaines. Je l'ai dévoré ce week-end. Bien sûr,, je connaissais le dénouement mais je voulais voir comment ce livre avait été adapté. J'ai donc revu dans la foulée le film.

Première remarque générale, l'adaptation est globalement fidèle. Il me paraît impossible de lister les différences et les raccourcis. On notera toutefois que le lieutenant Abdouf, beur coiffé de dreadlocks et surdoué de l'école de police a été transformé pour permettre à Vincent Cassel de se fondre dans le rôle qui perd par là un peu de sa consistance. Les deux personnages ont en commun ces accès de violence qu'on ne retrouve pas dans le film. D'autre part, la fin a été largement modifiée. J'imagine que le dénouement nocturne du livre paraissait délicat à filmer et qu'une fin plus spectaculaire était plus adéquate.

Bien sûr, les raccourcis sont nombreux mais comment adapter un thriller de quelques 300 pages en 1h30 ? Alors, oui, adieu le centre pour aveugles, bonjour la fusion soeur Andrée - mère de Judith Hérault, adieu l'ajoint de Niémans, le supérieur d'Abdouf mais cela ne dénature pas l'oeuvre de Jean-Christophe Grangé. Au final, on se retrouve avec un bouquin qui se dévore et un film globalement bien adapté.

Texte © Guigzz 2008.
Image Les Rivières pourpres, Jean-Christophe Grangé, Éditions Livre de poche (2001).

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29 octobre 2008

Nicolas Le Floch

imageMardi soir 28 octobre, France 2 a présenté l'adaptation attendue de L'homme au ventre de plomb, deuxième opus des aventures de Nicolas Le Floch écrites par Jean-Françis Parot. Ce premier téléfilm, en deux parties, réalisé par Edwin Baily, correspond en effet au deuxième roman de la série du diplomate qui connaît du succès chez les amateurs de polars et d'Histoire.

Ce roman n'est pas présenté sur ce blog, tout simplement parce que cela fait maintenant plusieurs années que j'ai eu la chance de le lire les quatre premiers tomes (L'énigme des Blancs-ManteauxBlancs-Manteaux (2000), L'homme au ventre de plomb (2000), Le fantôme de la rue Royale (2001) et L'affaire Nicolas Le Floch (2002)), à une époque où je n'avais pas encore de blog ! Toujours est-il que depuis, Le crime de l'hôtel Saint Florentin (2004) et Le sang des farines (2005) sont venus s'ajouter à ma bibliothèque, rejoints le week-end dernier par Le cadavre anglais sorti en 2007.
Chacun de ces romans met en scène un jeune enquêteur de police originaire de Guérande et entré au service du roi Louis XV, puis de son successeur, Louis XVI. Mais j'aurai certainement l'occasion de revenir plus longuement sur les qualités multiples de ces romans dès que je me plongerai dans l'histoire du cadavre anglais !

En attendant, je voulais ici vous parler de ce qui a enchanté mes mirettes hier soir, mais après avoir évoqué ce qui m'a laissé plus sceptique.
Tout d'abord ce choix de nous proposer en premier lieu le deuxième roman... J'attends maintenant avec impatience mardi prochain et la diffusion de L'affaire des Blancs-ManteauxBlancs-Manteaux qui avait l'avantage de présenter le personnage et le pourquoi de son arrivée à la capitale. D'autant que l'épisode d'hier pose la question aux spectateurs n'ayant pas lu le livre : pourquoi Nicolas Le Floch se présente-t-il à la cour sous le titre de Marquis de Ranreuil ?! Mais qu'importe.
Passons à ma déception suivante, le jeu de certains acteurs. En effet, j'ai apprécié de retrouver le langage châtié du roman, très adapté à l'époque, et la différence de ton entre Nicolas et son acolyte Bourdeau, et celui de la princesse Adélaïde ou la Pompadour par exemple. Cependant, pour ne prendre que le cas de l'actrice jouant la princesse Adélaïde, quelle déception lorsque je l'ai entendu prononcer ses premiers mots, comme si ce langage lui était totalement étranger et qu'elle récitait un texte sans intonation ni émotion ! Côté acteurs toujours, j'ai beaucoup apprécié la prestation de Mathias Mlekuz (Avocats et associés, Tout pour plaire, Pars vite et reviens tard) dans le rôle de Bourdeau, totalement conforme à l'image que je me faisait du second de Nicolas, un peu effacé mais toujours judicieux. Une petite déception concernant Nicolas que j'imaginais un brin plus jeune !
Enfin, et avant de passer aux plaisirs de cette diffusion, je ne sais trop que penser de la musique qui accompagnait ce film. Un peu trop moderne à mon goût, elle reste cependant entraînante et aidait à repérer rapidement la bande annonce dans les semaine précédant la diffusion très (trop ?) publicisée... J'aurai plus imaginé une musique baroque, mais j'avoue ne pas être une spécialiste en la matière, et peut-être cette musique convenait-elleconvenait-elle tout à fait à la période !... Si vous avez des avis sur la questions, je suis intéressée !

Ceci dit, ne voyons surtout pas tout en noir, et j'ai ressenti un grand plaisir à redécouvrir les aventures de ce policier, ancêtre des Experts d'aujourd'hui, et de retrouver au fur et à mesure le déroulement de l'enquête que j'avais lu. Bien évidemment, il n'était pas possible de tout transposer à l'écan ; je pense notamment aux descriptions culinaires qui émaillent les récits de Jean-François Parot, ces recettes de cuisine de l'époque qui mettent l'eau à la bouche. Et pourtant, les quelques interventions de Catherine, la cuisinière de monsieur de Noblecourt, m'ont fait sourire, me rappelant ces passages que j'appréciais lire !
Côté costumes, aucune déception non plus. J'ai notamment beaucoup apprécié le début du premier épisode, tandis que le jeune commissaire se promène parmi les belles et les beaux avant le début de la représentation théâtrale, et les gros plan sur les dentelles, les gorges et les bijoux. Ces prises de vue me rappelaient les descriptions là encore très précises et minutieuses des romans.

Bien évidemment, l'adaptation télévisuelle ne vaut pas la lecture de romans fort documentés et fort bien écrits, mais ils ont enchanté une froide soirée hivernale, me donnant un peu plus envie de me plonger dans le dernier opus sorti des aventures du Breton de Paris, aventures qui, peu à peu, se trouvent confrontées à un début de révolte au fil des années, 1789 se rapprochant peu à peu...

Texte © Miss Alfie 2008.

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03 octobre 2008

La jeune fille à la perle

La_jeune_fille_a_la_perleEn 1665-1666, la maison Vermeer demande à une jeune protestante de venir travailler pour elle en tant que bonne alors que l'épouse du peintre attend un enfant. Dans un Delft de l'époque, une étrange complicité va se créer entre le peintre et la servante qui, à la demande du mécène, va devenir l'effigie de l'un des tableaux les plus célèbres au monde.

Adapté du livre éponyme de Tracy Chevalier, ce film de Peter Weber retranscrit magnifiquement bien l'atmosphère du livre. Le décor reproduit la ville de Delft avec ses canaux et son architecture flamande typiquement reconnaissable. Les costumes sont aussi somptueux et détaillés qu'un tableau de Vermeer... Un tableau de Vermeer, voilà d'ailleurs ce qu'il m'a semblé regardé à plusieurs reprises...
Le travail autour de la lumière et de la mise en valeur des couleurs rappelle énormément ces tons chatoyants du peintre, et ces clairs-obscurs qu'il travaille avec passion. Par ailleurs, la lenteur des déplacements des acteurs, et leur staticité momentanée donne le sentiment de regarder des scènes de vie quotidienne qui se seraient miraculeusement animées !
L'adaptation du livre sur grand écran est plutôt fidèle au livre, ce qui n'était pas gagné. En effet, la narration étant effectuée par Griet, il fallait trouver un moyen de retranscrire à l'écran les émotions qu'elle évoque sans pour autant rajouter quelques dialogues qui auraient fait perdre de leur charme à cette ode à la peinture flamande. Le jeu des acteurs est alors impressionnant. Colin Firth campe un Vermeer silencieux, mystérieux et provocateur à souhait, et forme avec Scarlett Johansson un duo qui fait passer toutes ses émotions par le regard et les expressions corporelles. De même, rien n'a été omis, ou presque. On retrouve ainsi en scène d'ouverture du film celle du livre, avec la description des légumes que Griet arrange dans l'assiette en fonction de leurs couleurs... Cependant, il manque peut-être quelques éléments que j'avais trouvé intéressants concernant la vie de Griet dans sa famille ainsi que les divergences d'opinions entre catholiques et protestants. Par ailleurs, il me semblait dans le livre que le mécène Van Ruijven apparaissait et prenait une place importante dans l'histoire beaucoup plus tôt. Ceci dit, ces évolutions dans la narration donnent au film un charme particulier et renforcent l'importance de la peinture et des techniques picturales.

Au final, je dirai que tout comme le livre, le film est à mon avis destiné à un public amateur de peinture flamande, et qu'avoir lu le livre avant de voir le film peut aider à comprendre certaines réflexions ou certaines subtilités de l'histoire dans la relation entre les personnages.

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22 septembre 2008

Le nom de la rose

Le_nom_de_la_rose1327. Frère Guillaume de Baskerville et son jeune élève, Adso de Melk, arrivent dans une abbaye où le diable semble vouloir semer la panique. Un mort, puis deux, puis trois... Des explications qui s'annulent au fur et à mesure que les cadavres apparaissent et en toile de fond, un inquisiteur qui arrive pour protéger la rencontre diplomatique entre moines franciscains et représentants de l'évêque.

Adapté en 1986 par Jean-Jacques Annaud (La guerre du feu, L'amant, Stalingrad) d'après le "palimpseste" d'Umberto Eco, le réalisateur a réussi à faire d'un roman parfois peu accessible à tous un film grandiose et retraduisant parfaitement l'angoisse et la lenteur qui règne dans le livre. Sean Connery (James Bond 007 contre Docteur No, Les incorruptibles, Indiana Jones et la dernière croisade)  campe un Guillaume de Baskerville énigmatique et sherlock-holmesque tandis que Christian Slater (Robin des bois prince des voleurs, Entretien avec un vampire, Windtalkers Les messagers du vent) obtient son premier rôle important en interprétant Adso. Pourtant, Jean-Jacques Annaud ne souhaitait pas au départ engager d'acteur connu pour son film. Cependant, Sean Connery l'a convaincu, pour notre plus grand plaisir, de l'engager.
Le rythme du film est lent, tout comme dans le livre, mais il éclipse quelque peu les considérations dogmatiques et les différences entre franciscains, dominicains, dolciniens, hérétiques, représentants du Pape, etc. Du coup, l'enquête policière gagne en intensité, et les différences de philisophie sont malgré tout abordées, mais de manière relativement simple et compréhensible. De même, les passages parlés en latin sont beaucoup moins nombreux que dans le livre et sous-titrés, rendant leur compréhension beaucoup plus facile, et les rêves d'Adso totalement occultés, rendant du coup le film vraiment plus abordable et centré sur l'enquête.
Le décor est fortement impressionnant, le monastère ayant été construit de toute pièce dans la région italienne des Abbruzes tandis que les scènes d'intérieur furent tournées dans un monastère allemand. L'ingéniosité du décor m'a époustouflé, notamment la représentation de la bibliothèque avec cet escalier sous forme de labyrinthe qui se croise et s'entrecroise, et sera le lieu de la "bataille" finale. De même pour les costumes, surtout ceux des paysans, nous transportant totalement au Moyen Age, au beau milieu des conflits internes à la chrétienté et dans un monde où toute femme pouvait être une sorcière et être brûlée vive.
Concernant le Moyen Age justement, on y retrouve, comme dans Notre dame de Paris de Victor Hugo, la présence d'un bossu, une Eglise toute puissante, un peuple miséreux, et une femme à la volupté ensorcelante et troublante.
Ce film a reçu le César du meilleur film étranger en 1987.

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21 septembre 2008

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je_vais_bien_ne_t_en_fais_pasLili adore son frère, Loïc. Alors qu'elle rentre de vacances dans le pavillon familial en région parisienne, elle apprend par ses parents que Loïc est parti. Comme ça, d'un coup. A cause d'une dispute avec son père. Lui, son frère, son double, voilà qu'il ne l'appelle même pas, elle, sa soeur, sa frangine, à la vie à la mort. Rien. Le répondeur de Loïc finit par être saturé des messages que Lili laisse sans comprendre... Et puis peu à peu, des cartes postales. Juste pour elle. Elle, qui va finir par vouloir le retrouver... Ce qui l'attend au bout de sa quête va bouleverser sa vie.

Adapté en 2006 par Philippe Lioret du roman éponyme d'Olivier Adam, le film reprend les thèmes centraux du livre. Certes, les prénoms des personnages changent, les situations aussi, mais le fond est là. Le thème du roman, la trame globale est retranscrite par un écrivain qui a également coécrit le scénario du film. Lili est interprétée par une Mélanie Laurent (Embrassez qui vous voudrez, De battre mon coeur s'est arrêté, Paris) tout en pudeur et en émotions. Kad Mérad (Les Choristes, Essaye-moi, Bienvenue chez les Ch'tis), que l'on connaît beaucoup plus dans un registre humoristique, se glisse à merveille dans le dramatique rôle du père de famille, tout comme Julien Boisselier (J'me sens pas belle, On va s'aimer, Cortex), dans celui du soupirant discret. Un film plein d'émotions et tout en pudeur. Pas de cris, d'hystérie ou de violence. Juste la souffrance et le désespoir d'une famille traumatisée.
A noter, la musique du film de Nicola Piovani pour les morceaux instrumentaux, et du groupe Aaron pour les deux chansons (U-Turn et Mister K) dont Simon Buret, le chanteur, apparaît d'ailleurs dans le film.

Je vais bien ne t'en fais pas a obtenu le César du meilleur second rôle (Lad erda) et le César du meilleur espoir féminin (Mélanie Laurent) en 2007.

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