fast-howard-la-derniere-frontiere1878. Parqués dans une réserve de l'Oklahoma, trois cents Cheyennes décident de braver l'armée américaine pour repartir dans le nord. Affamés, ils savent qu'ils mourront tous s'ils restent sur place. Suivant leur chef, Little Wolf, ils vont mettre en déroute des milliers de soldats qui vont partir à leur poursuite.

C'est la deuxième fois en quelques mois que Little Wolf, ce chef Cheyenne célèbre, croise ma route de lectrice. Après la déception de Mille femmes blanches, j'ai suivi les recommandations de mon dealer de romans et me suis intéressée à un autre épisode historique de cette chasse aux Indiens que vécurent les Etats-Unis au 19e siècle.

Dans ce roman écrit en pleine seconde guerre mondiale, Howard Fast distille de profondes idées de liberté. Il y dépeint un peuple respectueux de son environnement qui s'est trouvé prisonnier de réserves inadaptées, qui a vu sa ressource (le bison) décimé pour de mauvaises raisons par les pionniers. Oui, les Indiens sont violents, mais tout autant que les militaires du gouvernement.

Suivant un fait réel, Howard Fast raconte la longue traversée de ces hommes, les doutes de ces militaires qui doivent respecter des consignes qui parfois (rarement) les questionnent, l'absurdité et l'horreur des ordres donnés pour tuer d'autres êtres humains. Si j'ai trouvé le récit froid et distant, j'ai aussi été très intéressée par cet épisode qui démontre une fois de plus les travers d'une colonisation forcée... Et à quel titre ?...

« La chasse est notre travail ; nous avons toujours vécu ainsi et nous n'avons jamais eu faim. Aussi loin que les hommes peuvent se souvenir, nous avons habité un pays qui était le nôtre, un pays de prairies, de montagnes et de forêts de grands pins. Il n'y avait pas de maladies et peu mouraient. Depuis que nous sommes ici, nous avons tous été malades et beaucoup sont morts. Nous avons souffert de la famine et nous avons vu les os de nos enfants percer leur peau. Est-ce dont si affreux qu'un homme veuille retourner chez lui ? » (p. 25)
« Douze mille hommes, près d'une division entière de soldats des Etats-Unis, vétérans endurcis des vieux régiments qui avaient combattu les Indiens, essayaient de capturer ces trois cents Cheyennes. Et, sur les trois cents, il n'y avait que quatre-vingts hommes environ, dont la moitié seulement étaient des guerriers dans la force de l'âge. » (p. 180)

Texte © Miss Alfie 2021.
Couverture : La dernière frontière, Howard Fast, traduit de l'anglais (USA) par Catherine de Palaminy, éditions Gallmeister, collection Totem, 2014, 272 pages.