Le temps des CarbecAlors que Jean-Marie Carbec vient de mourir, sa veuve Marie-Léone décide de reprendre en main les affaires de la famille. Respectant les volontés de son mari, elle fera tout pour installer dans la vie ses trois fils et sa fille, aidée en cela par la belle-mère de son défunt mari, la comtesse de Morzic.

Ce roman s'ouvre précisément là où s'achevait le précédent, Ces messieurs de Saint-Malo. Si le premier volume de cette saga s'intéressait au père, Mathieu, et à son fils, Jean-Marie, Le temps des Carbec fait la part belle aux femmes en suivant la trajectoire discrète mais déterminée de Marie-Léone Carbec née Le Coz. Dans son sillage, fidèle et discret soutien, on retrouve Justine, alias Clacla, devenue comtesse de Morzic et qui fera plus d'une fois preuve de discernement et de subtilité pour conseiller ses proches.

Si la ville de Saint-Malo est évidemment encore bien présente dans ce roman, celles de Port-Louis et de L'Orient sont éclipsées au profit de Nantes, grand port négrier par excellence... Car oui, le roman n'a aucun tabou et raconte l'époque telle qu'elle était, avec le commerce triangulaire qui fit la fortune de bon nombre d'armateurs nantais et bordelais. J'avoue que j'ai trouvé que le sujet était quand même traité globalement de manière assez légère, jusqu'à ce qu'un chapitre ne vienne apporter un peu d'humanité au sujet... Dommage que le sujet ne soit pas un peu plus approfondi car, en parallèle, l'auteur se perd parfois dans des explications historiques qui permettent de rappeler le contexte général mais peuvent un peu perdre le lecteur...

Si les femmes mises en scène par Bernard Simiot se révèlent de plus en plus perspicaces et puissantes pour faire s'épanouir la dynastie Carbec, je lirai avec curiosité la suite de cette saga. Mais je regrette déjà que le troisième volume, Rendez-vous à la Malouinière, nous fasse a priori faire un bond dans le temps pour rejoindre directement le 20e siècle...

Texte © Miss Alfie 2020.
Couverture : Le temps des Carbec, Bernard Simiot, éditions Livre de poche, 1988, 640 pages.