La révolte

En 1152, Aliénor d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre. De cette seconde union, elle aura plusieurs enfants, et parmi eux Richard Coeur-de-Lion. 

Clara Dupont-Monod nous plonge à nouveau dans l'univers médiéval qu'elle affectionne, si j'en crois plusieurs de ses romans, et poursuit la découverte de la vie d'Aliénor d'Aquitaine débutée dans Le roi disait que j'étais le diable. Si ce dernier s'intéressait à la jeunesse d'Aliénor et à son premier mariage avec Louis VII, roi des Francs, La révolte nous plonge dans sa seconde union. Celle qui fut reine de France et reine d'Angleterre est ici racontée principalement par l'un de ses fils, Richard Coeur-de-Lion.

Sous forme de monologues, le lecteur se plonge dans la relation entre ce fils en quête de reconnaissance et cette mère puissance et stratège, cette mère qui manie l'audace et la puissance, faisant d'elle l'ennemi adorée de tout un peuple. Une fois de plus, c'est l'histoire d'une femme puissante que Clara Dupont-Monnod vient conter.

Si la parole est principalement donnée à Richard, Aliénor l'empoigne de temps à autre pour parler à son fils. Son époux et la fiancée de Richard vont également tenter de faire entendre leur voix, mais elles semblent finalement inaudibles, sans intérêt, dans ce portrait en négatif que Richard et Aliénor dressent l'un de l'autre.

Une nouvelle fois, Clara Dupont-Monod démontre son talent pour raconter l'époque médiévale, pour nous plonger dans la guerre que des fils vont se livrer entre eux, avant même la guerre de Cent Ans, partagés entre leur père et leur mère.

"Les puissants pincent les lèvres. Le peuple, lui, reconnaît l'audace. Il a toujours aimé Aliénor. On trinque à sa santé. On dit que le mois d'avril 1152 restera comme celui de l'habileté faite femme." (p. 15/145 - version numérique)
"Elle n'a que faire des rumeurs, elle serait sorcière, putain, amante de son beau-père, et après ? Sa liberté éclate au visage du monde." (p. 22/145 - version numérique)
"Sur ce parvis se tiennent deux fauves et chacun est sûr de son ascendant sur l'autre. En réalité, parce qu'ils se ressemblent trop, parce qu'ils se valent, ils deviendront ennemis mortels." (p. 24/145 - version numérique)
"Au fond d'elle, la colère enfle doucement. La désillusion est une sève. Bientôt naîtra une volonté si puissante qu'elle décidera du carnage." (p. 31/145 - version numérique)
"Ma mère m'a toujours dit que, à défaut de pouvoir régner comme elles l'entendent, les femmes pouvaient prendre le pouvoir par l'écriture - c'est pourquoi elle poussera ses filles vers la littérature et la poésie." (p. 32/145 - version numérique)
"Je me dis que, entre un disparu, un amer et un courtisan, je suis peut-être le seul fils qui réponde aux attentes de sa mère. Et je ne sais pas si cette préférence est un privilège ou une malédiction." (p. 47/145 - version numérique)

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : La révolte, Clara Dupont-Monod, éditions Stock, collection La bleue, 2018, 240 pages.