Le verdict du plomb

Présentation de l'éditeur : L’avocat à la Lincoln est de retour. Guéri de son addiction aux antalgiques, Mickey Haller hérite de la clientèle d’un confrère mystérieusement assassiné. Il décroche ainsi l’affaire de l’année : Walter Elliot, un magnat de Hollywood, est accusé du meurtre de sa femme et de son amant. Bien que tout l’accable, Elliot semble curieusement peu inquiet de l’issue du procès…

De temps en temps, il faut revenir aux basiques. Et dans les polars, Michael Connelly fait office de basique. Maître du roman noir américain, sa médiatisation récente à l'occasion de la sortie de son nouveau roman m'a donnée envie de me replonger dans ses romans plus anciens, en retournant à la rencontre de Mickey Haller que j'avais déjà croisé dans La défense Lincoln et dans le plus récent Jusqu'à l'impensable

Si Haller est le personnage central de cette intrigue, que les fans de Bosch se rassurent : l'auteur faisant bien les choses, c'est Bosch qui sera chargé de l'enquête sur le meurtre du confrère de Haller. Mais cette histoire fait la part belle à la procédure judiciaire, comme c'est souvent le cas pour les ouvrages qui s'intéresse à l'avocat de la défense, et non à l'enquêteur flic !

Ceci dit, pour qui ne connaît pas les arcanes du systèmes judiciaire américain, il y a un réel intérêt culturel au-delà de l'aspect purement divertissant de ce roman. On y découvre les liens antre les avocats et les magistrats, les combines, négociations auxquelles ce petit monde se livre en sous-main, dans l'espoir d'obtenir un acquittement ou, a minima, un plaider-coupable avec une peine négociée pour le client... Quant au procès, j'ai trouvé passionnant le passage concernant la sélection du jury, les stratégies mises en place du côté de l'accusation comme de la défense pour réussir à équilibrer le profil du jury en récusant un-tel ou une-telle...

Côté intrigue, Connelly livre une fois encore un très bon polar. Il pose ses pièces au fur et à mesure et construit son puzzle jusqu'au détail final. Il crée une œuvre globale, dans laquelle tout s'articule, en liant Bosch, Haller mais aussi en réintroduisant Jack McEvoy, journaliste au cœur de l'intrigue du Poète. Tout semble réel dans le monde que Connelly construit. Et on en vient presque à espérer les croiser, le jour où on foulera les trottoirs de Los Angeles...

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Le verdict du plomb, Michael Connelly, traduit de l'angalis (Etats-Unis) par Robert Pépin, éditions Points, collection Policier, 2015, 552 pages.