Lumiere d'aout

Une jeune femme qui sa maison et sa famille dans l'Alabama en plein mois d'août pour retrouver celui qui l'a mise enceinte et qui serait désormais dans le Mississippi. En arrivant à la scierie de Jefferson où il travaillerait, elle rencontre Byron Bunch. La description de l'homme lui rappelle Joe Brown, un homme qui trafique du whisky...

Pour vous pitcher ce bouquin, je viens de vous faire un bref résumé de son premier quart, en omettant quelques éléments, premier quart qui sera tout ce que j'ai réussi à lire de ce livre. Pourtant, William Faulkner, ça promettait d'être de la belle qualité littéraire. Prix Nobel, tout ça, y a pas à dire, je m'attelais à du lourd. Oui, mais voilà, le lourd s'est révélé très lourd et très chiant. Désolée de le dire ainsi, je vais probablement choquer quelques âmes sensibles ou fans de cet écrivain, mais Faulkner et moi, ça ne l'a pas fait !

D'un point de vue littéraire, si je me fie uniquement au texte, aux mots, je dois reconnaître qu'il y a un vrai travail, une vraie maîtrise du style. Chaque mot semble à sa place, beaucoup de précision et de subtilité dans les termes employés. Mais, parce qu'il y a un mais évidemment, là où Faulkner m'a perdue, c'est dans la narration.

L'histoire en elle-même est sensée être celle de trois-quatre personnages qui se croisent autour d'un meurtre. Pour la mettre en scène, Faulkner s'intéresse à tous les personnages, de manière successive, sans qu'on saisisse bien où il veut en venir, remontant dans leur passé, dans leur histoire. Certes, ça a un intérêt car cela pose le décor, la personnalité de chacun aussi. On voit se dessiner des hommes et des femmes complexes. Pour autant, en se focalisant sur les pensées de ses personnages, sur leurs souvenirs, l'auteur nous entraîne dans les méandres du cerveau et de la mémoire, nous faisant passer d'un sujet à un autre, suggérant des faits sans forcément les nommer clairement. Du coup, page après page, je me suis sentis perdre pied, me perdre dans ce labyrinthe mental, et j'avoue avoir fini par lâcher l'affaire.

Je ne doute pas que William Faulkner soit un brillant écrivain. Comme je l'ai dit, j'ai vraiment saisi une grande maîtrise de l'écriture, mais certains auteurs ont beau être excellents, ce n'est pas pour autant qu'on réussit à entrer dans leur univers. Et là, c'est typiquement ce qui s'est passé pour moi, une rencontre manquée !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Lumière d'août, William Faulkner, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Maurice-Edgar Coindreau, éditions Gallimard, collection Folio, 1974, 640 pages.