Le discoursExtrait de la quatrième de couverture : «Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.» C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex.

N'ayant parfois plus rien à lire (comment ça, ce n'est pas crédible ?! OK, vous avez raison, ce n'est pas DU TOUT crédible !), j'ai pioché dans les bouquins récemment lu par l'Homme pour découvrir ce titre que j'avais vu passer sur plusieurs comptes instagram avec, à chaque fois, des avis plutôt positifs. L'Homme l'ayant lu en une journée, il me l'a chaudement conseillé.

Je confirme : Le discours est un roman qui se lit en quelques heures, rythmé par des chapitres très courts et très vifs, au cours desquels on suit le monologue intérieur d'Adrien pendant le dîner qu'il partage avec ses parents, sa soeur et son futur beau-frère. De l'entrée au dessert, Adrien est parasitée par deux questions de fond : comment éviter de devoir faire un discours au mariage de sa soeur, et pourquoi ne reçoit-il pas de réponse de son ex ?

Entre chacune de ces digressions, Adrien réfléchit, commente, porte un regard désabusé mais finalement très drôle sur son entourage, sur les choses de la vie, sur les rencontres amoureuses... Adrien apparaît peu à peu comme un quadra qui se laisse porter par la vie, qui n'a jamais rien fait de flamboyant dans sa vie, un mec normal, pas très sûr de lui, qui n'a jamais osé s'affirmer ni dire non à ses proches. Peu à peu, au fil des pages, on a envie de lui demander : "Bon, c'est bien gentil Gars, mais quand est-ce que tu leur dis en face, tout ce que tu rumines dans ta tête ?!"

Première rencontre avec Fabrice Caro, surtout connu pour ses BD (Zaï Zaï Zaï Zaï, Moins qu'hier (plus que demain)...), Le discours est une friandise qui se savoure, qui prouve que légèreté et qualité d'écriture peuvent s'associer, et que je verrai bien porté sur les planches tant le style de l'auteur est vivant !

"Grâce à toi, Sophie, j'ai été promu passionné d'encyclopédies, on m'a imposé une passion que je n'ai jamais osé démentir, comme je n'ai jamais démenti le moindre malentendu me concernant tant par lâcheté que par paresse." (p. 16)
"En fait, la seule solution pour que je ne prononce jamais ce discours serait que la cérémonie soit annulée. Et, naïvement, à cette idée, je me surprends à entrevoir une éclaircie, comme s'il existant la moindre chance que cette cérémonie n'ait pas lieu." (p. 60)

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Le discours, Fabrice Caro, éditions Gallimard, collection Sygne, 2018, 208 pages.