Terra Australis

Point de pitch pour cet album puisqu'il s'agit ni plus ni moins que l'histoire de la fondation de la colonie d'Australie par les britanniques à la fin du 18e siècle. Pour raconter cette histoire, Laurent-Frédéric Bollée a fait équipe avec Philippe Nicloux pour nous faire découvrir le destin de personnages partis de gré ou de force à la conquête de cette terre aux antipodes de la Grande-Bretagne.

Entre Histoire et fiction, Terra Australis nous entraîne dans un voyage en noir et blanc graphiquement beau. Côté scénario, l'ouvrage est découpé en trois livres : le projet, le voyage et l'installation sur place. Le premier livre, je l'avoue, aurait pu me faire abandonner. Il permet de présenter tous les protagonistes qu'on suit ensuite dans cette épopée, mais on passe de l'un à l'autre sans respiration, sans transition. On quitte Paris pour Londres sans s'en rendre réellement compte, et le tout parait massif. Pourtant, si on persévère, on profite d'un voyage sur les mers du globe puis de la confrontation entre Européens et Aborigènes... 

Cet album n'est pas exempt de défauts. Outre le rythme que j'évoquais, on peut aussi regretter que les personnages réels ne soient pas distingués des fictifs (toujours cette marotte que j'ai de vouloir des informations vérifiées à la fin de ce type d'ouvrage...) et qu'au final, il s'agisse d'un survol de cette période pourtant passionnante d'un point de vue historique et politique. J'aurai aussi aimé plus d'éléments sur la soumission des Aborigènes qu'on entr'aperçoit, mais qui paraît finalement soft et gentille au regard des souvenirs que j'avais de cette période.

Au final, ce pavé n'est probablement pas la BD de l'année, mais reste une découverte intéressante qui renforce mon envie de me rendre un jour dans ce pays et de mieux le connaître.

Terra Australis planche

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture et planche : Terra Australis, Laurent-Frédéric Bollée, Philippe Nicloux, éditions Glénat, collection 1000 feuilles, 2013, 512 pages.