Extrait de la présentation de l'éditeur : Cinq branches de coton noirPhiladelphie, 1776. Mrs Betsy est dépêchée par les indépendantistes américains pour concevoir le tout premier drapeau des futurs États-Unis d'Amérique. Sa domestique, Angela Brown, décide alors de transformer cet étendard en un hommage révolutionnaire, en y adjoignant en secret un symbole inestimable...
Douvres, 1944. Le soldat Lincoln se morfond dans son camp militaire, entre discriminations raciales et bagarres quotidiennes. Jusqu'à ce qu'il reçoive une lettre de sa soeur, Johanna, annonçant qu'elle a découvert dans les possessions de leur tante décédée les mémoires d'Angela Brown...

Cette BD va vous embarquer dans un voyage historique et géographique, entre les États-Unis d'Amérique et l'Europe, entre la guerre d'indépendance américaine et la seconde guerre mondiale. On y suit trois GI noirs, frustrés de ne pas être envoyés au combat, de ne pas être considérés comme dignes de se battre aux côtés des autres soldats américains. Jusqu'au jour où la soeur de l'un d'eux leur offre la possibilité de devenir des héros de la nation américaine. Derrière cette lettre reçue et lue dans un baraquement en Europe, se cache l'un des secrets les plus grands des État-Unis d'Amérique, celui du premier drapeau. En se mettant en quête de cette relique, les trois hommes espèrent faire changer le regard que leurs concitoyens portent sur leur couleur de peau.

A travers cette quête sanglante sur fond de libération de la France, c'est l'histoire de la ségrégation et la place des noirs dans la société américaine qu'Yves Sente et Steve Cuzor viennent raconter. On sent le racisme, la supériorité présumée d'une couleur sur l'autre, un classement stupide des hommes par "race", la haine de l'autre, de la différence, et la quête d'une place égale, ou tout du moins équitable.

A ceux qui seraient inquiets de ces allers et retours dans le temps et l'espace, qu'ils se rassurent : la bande dessinée a cet atout majeur qu'elle peut jouer avec l'image, avec la couleur, pour faire comprendre au lecteur où et quand l'histoire se passe. Par ailleurs, bien qu'en un seul volume, Cinq branches de coton noir brille par la qualité et la densité de son intrigue. Il est rare que je m'enthousiasme pour des one-shots, mais là, ne pas vous recommander cet album relèverait de la faute grave ! N'attendez donc pas, et foncez chez votre dealer !

Texte © Miss Alfie 2018.
Couverture : Cinq branches de coton noir, Yves Sente et Steve Cuzor, éditions Dupuis, collection Aire libre, 2018, 176 pages.