InhumainesQuatrième de couverture : Nous sommes devenus des monstres. On pourrait s'en affliger. Mieux vaut en rire.

Dans un univers proche du notre, un homme raconte sa vie, l'Entreprise, ses collègues, son épouse, etc. Mais la vie décrite par ce personnage est étrange : les femmes qui meurent peuvent être remplacées à l'identique, on peut offrir des hommes en cadeau pour Noël, à moins qu'on ne décide de les manger, c'est selon. On s'invite pour des fêtes de suicide, on congèle les nouveaux-nés, on mange ses morts...

On m'avait prévenu qu'Inhumaines était un roman un peu à part dans l'oeuvre si touchante de Philippe Claudel, et je ne peux que vous le confirmer. L'ouvrage a beau être très court et sa lecture rapide, j'ai pourtant du prendre plusieurs soirées pour le lire, petites touches par petites touches, tant j'étais dérangée par ce monde peut-être pas si éloigné du nôtre qu'il imagine.

Dans des chapitres courts, avec des phrases très brèves, sans paragraphes, Philippe Claudel livre un nouveau conte moral bourré de cynisme. Il raconte un monde où l'émotion n'existe plus, où le détachement rend les humains interchangeables, sans conscience, sans remords, sans chagrin, et sans amour non plus. Un livre où le sentiment est enterré au fond des jardins proprets, et où les situations ubuesques sont légion. Un bouquin certes dérangeant, mais finalement assez percutant et marquant, comme toujours avec Philippe Claudel !

Texte © Miss Alfie 2018.
Couverture : Inhumaines, Philippe Claudel, éditions Stock, 2017, 176 pages.