Et rien d'autreQuatrième de couverture : Philip Bowman a deux obsessions : la littérature et l’amour. D’éblouissements en déceptions, de réussites en échecs, il poursuit un idéal qui sans cesse se dérobe. Devenu un éditeur respecté, il voit les mirages de sa jeunesse s’estomper. Pourtant, Bowman refuse de renoncer. Dans sa quête de lui-même et du bonheur parfait, il grandit et s’invente.

Le libraire m'ayant dit du bien de cet auteur, et notamment de son dernier recueil de nouvelles, j'ai fouillé dans ma PAL et ressorti ce livre un peu plus ancien. Si je reconnais qu'on peut souligner la qualité du style, de la traduction, chaque mot semblant à sa place et offrant un style fluide et agréable, j'avoue très clairement que l'intrigue ne m'a pas du tout emballée !

James Salter raconte l'histoire d'un homme élevé par sa mère après le départ du père parti en épouser une autre, un père absent, croisé à quelques reprises, un géniteur en somme. La première rencontre du lecteur avec Philip Bowman a lieu juste après la seconde guerre mondiale, et il le suit pendant une cinquantaine d'années. Entre temps, Bowman aura fait une petite carrière dans le monde de l'édition et couru après la femme idéale et une image mystifiée du couple. Au final, c'est une galerie de femmes au physique irréprochable, mais sans esprit, manipulatrices ou totalement sans intérêt qui font défiler dans les bras de ce personnage.

Alors que l'histoire d'une quête impossible aurait pu être intéressante, ce roman est au final très creux, centré sur cet homme incapable de se remettre en question, qui se positionne dans une sorte de toute puissance : si les femmes le quittent, c'est qu'elles font des erreurs, bien évidemment. Qu'il ne les respecte pas, qu'il ne leur parle pas, qu'il ne cherche pas à les surprendre, à entretenir la flamme, tout semble normal pour cet homme qui finit par reproduire la fuite éperdue et permanente de son père.

Et rien d'autre...
qu'un physique...
qu'une illusion...
qu'une femme fantasmée...
qu'un homme perdu et immature...

Et rien d'autre qu'un roman oubliable...

Texte © Miss Alfie 2018.
Couverture : Et rien d'autre, James Salter, traduit de l'anglais (USA) par Marc Amfreville, éditions Points, 2015, 432 pages.