Le dimanche des mèresUn dimanche fin mars. C'est la journée auquel les domestiques ont droit chaque année pour retourner voir leurs familles. Mais pour Jane, pas de visite en vue puisqu'elle est orpheline. Cette journée sera particulière pour elle : ce sera la seule qu'elle passera avec son amant, le fils d'un notable sur le point de se marier. Une journée pour clôturer plusieurs années de secret.

Voilà un ouvrage relativement court qui mérite d'être découvert, un roman tout en délicatesse, un roman subtil qui aborde au final beaucoup plus de sujets qu'on ne le pense de prime abord. Vous vous souvenez de Downton Abbey, des tribulations de la cuisinière anglaise qui avait inspirées la série ? Et bien ici, on retrouve un peu de cette atmosphère.

L'histoire se passe dans l'entre-deux-guerres, à une époque où les familles sont marquées à jamais par les disparitions de la grande guerre. Ce dimanche-là, Jane, bonne aux goûts littéraires développés, va passer une journée hors du commun. Elle entrera par la grande porte dans une maison où elle pourrait être domestique, se couchera aux côtés du maître, salira les draps que d'autres domestiques laveront en silence, et marchera nue dans une maison vide.

Il y a beaucoup de délicatesse dans l'écriture de ce roman, il y a aussi une très belle réflexion sur la place des livres dans notre vie, et sur la place de l'écriture. Peu à peu, on comprends que Jane a vécu ce jour-là une journée qui marquera à jamais son avenir, qui la guidera vers les sentiers de l'écriture, elle qui deviendra une grande écrivaine.

Je ne sais que vous dire de plus, si ce n'est de vous plonger dans cette ambiance, dans cette atmosphère, dans cette journée si particulière, dans ce dimanche des mères...

Texte © Miss Alfie 2018.
Couverture : Le dimanche des mères, Graham Swift, traduit de l'anglais par Marie-Odele Fortier-Masek, éditions Gallimard, collection Du monde entier, 2017, 144 pages.