Ma cousine Rachel

Philip est orphelin, il a été élevé par son cousin Ambroise. Les deux hommes sont très proches, jusqu'au jour où Ambroise part passer l'hiver en Italie. Il y rencontre Rachel, une lointaine cousine, qu'il décide d'épouser. Mais le mariage dure bien peu de temps : Ambroise meurt d'un mal mystérieux. Rachel décide alors de venir en Cornouailles à la rencontre de Philip.

Daphné du Maurier n'étant pas uniquement l'auteure de Rebecca, j'ai profité de la sortie du film de Roger Michell (que je n'ai pourtant toujours pas vu !...) pour me plonger dans cette histoire. Une fois de plus, on est bien loin de l'image de romancière à bluette qu'on a pu coller à Daphné du Maurier en publiant ses romans dans des collections destinées à la romance...

Ma cousine Rachel met en scène un univers très masculin, où les femmes ont une place et des rôles souvent ingrats. On se souviendra que Daphné du Maurier s'était imaginée un double masculin, et j'ai eu la sensation que ce roman était pour elle l'occasion de le faire vivre et de parler à travers la voix de Philip. Face à lui, elle crée une femme mystérieuse, une manipulatrice parfaite, cachant son jeu au lecteur qui la voit sous l'oeil de Philip. Si ce dernier développe quelques inquiétudes et sentiments très mitigés, voire haineux, à l'égard de Rachel au début du roman, il tombe bien vite sous son charme, et le lecteur avec, et mettra bien du temps à découvrir son véritable visage. D'ailleurs, je n'ai pas pu m'empêcher de faire du lien avec la personnalité complexe de Rebecca...

Roman noir, Ma cousine Rachel est un bel exemple de manipulation et d'aveuglement. Je regrette peut-être juste une fin un peu rapide à mon goût, mais l'ensemble m'a beaucoup plu !

Texte © Miss Alfie 2018.
Couverture : Ma cousine Rachel, Daphné du Maurier, traduit de l'anglais par Denise Van Moppes, éditions Livre de Poche, 384 pages, 1975.