Mistral perdu

Née dans les années 70, la narratrice se remémore son enfance son adolescence, sa vie d'adulte, à partir d'événements privés et publics, à travers ses joies et ses peines, et à travers le chanteur qui aura marqué sa jeunesse : Renaud.

Isabelle Monnin est du coin où j'habite. Elle a publié son premier roman Les vies extraordinaires d'Eugène en 2010. Elle y racontait son fils né prématurément et mort à six jours. Dans Mistral perdu, c'est sa soeur, également décédée, qu'elle va raconter à travers leurs souvenirs communs, à travers l'histoire d'une relation quasiment fusionnelle marquée par les chansons de Renaud.

Vous le savez, j'ai du mal avec les autofictions, qui sont souvent l'expression d'un deuil, d'un secret de famille. J'ai souvent la sensation d'un étalage indécent, d'un lavage de linge sale en public. Mais pas ici. Ici, Isabelle Monnin convoque son histoire personnelle, couplée à l'Histoire de la France et du monde. Elle raconte son enfance, son adolescence, son départ à Paris, sa vie d'adulte, de journaliste, d'épouse puis de maman. Des phrases courtes, des extraits de souvenirs, des mots clés qui convoquent notre propre mémoire. Et moi, où étais-je quand le mur de Berlin est tombée ? Quand Jospin se retira de la vie politique ? Qu'en ai-je compris à l'époque ?

Isabelle Monnin raconte la construction d'une femme aux côtés de sa soeur, une soeur qui va brutalement décéder, marquant un tournant tragique dans sa vie. Et le tournant se ressent largement dans le livre. D'une nostalgie heureuse, on passe à u texte plus complexe, plus flou, plus récent aussi.

Alors que j'avais des craintes en voyant le tour autobiographique que prenait l'ouvrage, je dois reconnaître que c'est un chouette livre qui nous rappelle notre propre vie et notre rapport à l'Histoire de ces trente dernières années.

pro_reader
Une lecture en partenariat avec NetGalley et  JC Lattès, sortie en librairie le 6 septembre 2017 !

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Mistral perdu ou les événements, Isabelle Monnin, éditions JC Lattès, 2017, 320 pages.