La clandestine du voyage de Bougainville

En 1766, Louis-Antoine de Bougainville se lance dans un tour du monde avec deux vaisseaux, La Boudeuse et L'Etoile. A bord, des vivres, des marins, mais aussi un astronome et un botaniste, lequel voyage accompagné de son valet. Mais derrière l'habit d'homme, se cache en réalité Jeanne Baret. Aventurière, spécialiste des simples, Jeanne n'hésite pas à braver l'interdit qui empêche les femmes de naviguer.

Pour ce roman, Michèle Kahn s'est inspirée d'un épisode historique réel : Jeanne Baret, gouvernante de Philibert Commerson et peut-être compagne du scientifique, est en effet la première femme à avoir fait le tour du monde. En revanche, ne me demandez pas quelle est la part de réel et celle de fiction, ni quels sont les ouvrages sur lesquels l'auteur s'est appuyée pour rédiger ce roman : une petite postface doublée d'une bibliographie auraient pu conférer à l'ensemble un peu plus de réalisme...

Malgré ce bémol, La clandestine du voyage de Bougainville est un roman intéressant pour découvrir la première circumnavigation française. Comme avec Magellan, on se rends compte combien ces aventures pouvaient être dangereuses et éprouvantes entre les avaries, les contraintes météorologiques et les guerres internes entre les uns et les autres sur les navires. Au milieu de cet univers masculin, l'auteur met en scène une fille pleine de bon sens, qui herborise, et dont les talent contribuèrent en partie à la réussite de l'expédition. Mais encore une fois, de là à savoir ce qui relève du mythe et ce qui est réalité... Une chose est sure : c'est bien Commerson qui, au cours de ce voyage, rendit hommage à Bougainville en donnant son nom à l'une des fleurs découvertes au cours de l'expédition.

Ni vraiment roman d'aventures, ni totalement roman d'avoir, La clandestine du voyage de Bougainville a le mérite de mettre en lumière le destin d'une femme peu connue mais pourtant exceptionnelle !

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : La clandestine du voyage de Bougainville, Michèle Kahn, éditions Points, collection Grands romans, 2015, 264 pages.