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Gustave Babel est assassin au service de la Pieuvre, organisation mafieuse parisienne. Tout se passe pour le mieux jusqu'au jour où un contrat se passe mal. L'homme est déjà mort quand Babel arrive sur place. A partir de ce moment, le tueur est sujet à des hallucinations...

En complément du premier tome de la nouvelle aventure d'Undertaker, le dealer m'a conseillé cet ouvrage, histoire en one-shot susceptible toutefois d'être déclinée autour du sujet de la Pieuvre ou d'un personnage secondaire dont je ne peux pas dire beaucoup plus sans déflorer l'histoire. L'enthousiasme non feint et le pitch original ont fini de me convaincre et j'ai donc plongé au côté de la Pieuvre et de son fidèle tueur, Gustave Babel.

Force est de constater que mon enthousiasme n'égale pas celui du dealer. Oh, attention, je ne veux pas non plus dénier les qualités de cet ouvrage mais ce n'est pas non plus un grand chef d'oeuvre de polar. L'histoire est en fait une biographie déconstruite de Gustave Babel. Quand je dis "déconstruite", j'entends par là qu'elle n'est pas purement chronologique. Par le biais des passages oniriques, rêvés, on replonge dans le passé et dans l'enfance de Gustave Babel. Un évènement déclenchant crée alors ce qu'est devenu Babel et un nouvel élément déclenchant, ce meurtre "raté" que je mentionne dans le pitch, permet à Babel de replonger dans son histoire. Difficile d'en dire plus mais l'idée globale est intéressante.

Intéressante mais pas non plus transcendante parce que je la trouve pas totalement aboutie dans le sens où l'ensemble ne dépasse pas justement le cadre biographique. L'idée est bonne et originale mais à mon sens pas suffisamment exploitée pour aller plus loin que la biographie. Est-ce une difficulté liée au fait que ce soit un one-shot, je ne sais pas. Du coup, la lecture est assez bizarre. Si j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire par le caractère onirique, le milieu de l'histoire s'avère plutôt captivant avant de retomber un peu sur la fin. 

Graphiquement, on a ici aussi un album original. Si le dessin est globalement simple, on trouve toutefois quelques très jolies cases et planches. Les cases jouent sur les teintes monochrome, essentiellement sepia mais aussi bleu ou noir et participent à l'intérêt graphique. A noter également que l'ouvrage est en soi un bel objet, avec couverture en relief et dos toilé. Ceci dit, la qualité graphique de l'ensemnle ne permet pas de compenser la petite déception due à l'histoire. Original, charmant mais pas extraordinaire, donc.

Texte © Alfie's mec, 2017.
Couverture : La malédiction de Gustave Babel, Gess, Éditions Delcourt, 2017.