SulakLe 26 mars 1985, Bruno Sulak décède après plusieurs jours de comas. Emprisonné depuis plusieurs mois, il aura tenté l'évasion fatale. Philippe Jaenada revient sur le parcours d'un cambrioleur au sourire enjôleur.

Après avoir découvert Philippe Jaenada avec La petite femelle, j'ai eu envie de relire cette plume si particulière mais sans me plonger dans la partie autobiographique de son oeuvre. Après Pauline Dubuisson, j'ai donc fait la connaissance de Bruno Sulak, raconté par les yeux et la verve de Jaenada. De fait, ce récit est partial, mais c'est aussi ce qu'i fait son intérêt !

Car pour tenir 500 pages, pour raconter l'histoire de Sulak, Philippe Jaenada se fait justicier, avocat, Robin des bois pour sauver l'honneur d'un homme qui fut présenté comme un terrible gangster. On oublie bien souvent qu'il n'a jamais fait usage de son arme au cours de ses braquages. Alors oui, c'est vrai, dévaliser des bijouteries n'est pas une activité légalement admise. Mais Philippe Jaenada va plus loin.

Sans chercher à dédouaner l'homme, il présente son aspect humain. Il raconte un fils, un frère, un père, un amant. Il parle des femmes autour de lui (son épouse, sa maîtresse, sa mère, ses soeurs...). Il mêle le destin de Sulak avec des anecdotes de sa propre vie, mais aussi avec le destin d'hommes et de femmes illustres. Il raconte aussi l'histoire Moréas, le flic aux trousses de Sulak, l'histoire d'un lien particulier entre le chat et la souris...

Plus viril que La petite femelle, Sulak nous embarque dans un monde de braqueurs, un monde de gros bras et de testostérone. Avec beaucoup de respect pour l'homme derrière le gangster, un gangster d'un autre temps, Philippe Jaenada brosse un portrait intéressant, bien loin de quelconques clichés moralisateurs ou idéalisés.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Sulak, Philippe Jaenada, éditions Points, 2014, 504 pages.