Comme chaque année, à l'époque des papillotes, de la dinde fourrée et des cadeaux sous le sapin paraît les bilans, les palmarès et autres synthèses. Donald Trump est homme de l'année selon Time, Bob Dylan est prix Nobel de littérature, tout cela est très bien, c'est même formidable mais une question essentielle se pose : quelle est la meilleure BD de l'année ? Rappelons les règles de ce prix inestimable que personne n'est encore venu réclamer : Parmi toutes les lectures de 2016, le jury, composé de moi-même, choisit la meilleure parution de 2016. Avec un jury aussi impartial dans lequel les discussions sont souvent animées, je ne comprends pas que ce prix n'ait pas encore l'aura médiatique qu'il mérite, mais passons... Oui, passons donc au palmarès.

Dans les lectures agréables de l'année, on mettra de côté deux lectures de la miss : Clues, histoire policière en quatre tomes de Mara et Lady Killer, charmant comics qui met en scène une mère de famille américaine qui cache une double vie de tueuse en série. A noter que je partage l'avis sur cette dernière BD, plutôt drôle et bien foutue. Rajoutez à côté de ça un conte fantastico-burtono-carrollien sur une jeune fille qui se retrouve chez un homme qui fabrique des automates de Porcelaine et Les beaux étés contés par Zidrou et Lafebre et vous avez un peu de lecture au coin de la cheminée.

Mais j'ai mieux. J'ai Silas Corey qui revient pour une seconde aventure, plus noire, plus cynique. Déjà primé en 2013, le personnage de Fabien Nury aurait mérité d'être plus haut dans le palmarès tant cette histoire en deux tomes est réussie mais il faut laisser de la place pour tout le monde. Pour un polar d'espionnage, Nuit noire sur Brest, dont on appréciera la narration distanciée ou pour un diptyque rythmé pendant la Première Guerre Mondiale, Le Chant du Cygne.

Tout cela est très bon, mais que diriez-vous d'un one-shot aux accents d'Audiard qui met en scène un gang de quatre braqueurs dans leur épopée post braquage ? Tout en noir et blanc, très bien dialogué et avec d'excellents personnages, Mort aux vaches remplit très bien son rôle. A côté, un polar américain qui prend place dans les années 60 et qui raconte l'histoire d'un homme qui se réveille à côté d'un cadavre et d'un revolver en ayant perdu la mémoire. Avec son scénario parfaitement écrit sur deux tomes et le dessin atypique mais excellent, Trou de Mémoire se taille une jolie place dans le palmarès.

Chaque année, je distingue un album pour son côté atypique, son côté un peu différent. Cette année, Mathieu Bonhomme remporte cette Mention Spéciale avec L'Homme qui tua Lucky Luke. Complètement hors-série de la collection traditionnel et avec un dessin différent, l'auteur parvient néanmoins à sortir un très bon one-shot qui parviendra à convaincre les fans de western.

Reste donc à attribuer le titre tant convoité (ou pas) de BD de l'année. Sans grande surprise si vous avez lu les dernières chroniques, ce n'est que justice que de consacrer Emmanuel Lepage tant cet artiste réalise des albums merveilleux. Après trois albums de reportages, il revient en compagnie de Sophie Michel et René Follet à la fiction et pond un énorme album, tant sur la taille que sur la qualité. Les Voyages d'Ulysse est donc l'album de l'année est c'est mérité. Bravo.

BO BD

Palmarès de la meilleur BD de l'année

2016 : Les Voyages d'Ulysse
2015 : Tyler Cross - Angola
2014 : Un Océan d'Amour
2013 : Silas Corey - Le Réseau Aquila
2012 : Saison Brune
2011 : Les Ignorants

Palmarès de la Mention Spéciale

2016 : L'homme qui tua Lucky Luke
2015 : Des gorilles et des hommes
2014 : La Grande Guerre
2013 : La Revue Dessinée
2012 : A boire et à manger et Tu mourras moins bête