Et voilà, mamie Jacqueline vous a filé un bon d'achat et vous mourrez d'envie d'aller faire croître votre pile de livres à lire. Ça tombe bien, puisque voilà arrivée la dernière semaine de l'année et, avec elle, nos habituels bilans ! Cette année, l'homme et moi vous aurons présenté un peu plus de 120 romans ou essais et près de 40 bandes dessinées. Parmi ces lectures, nous allons donc procéder à la remise des oscars du meilleur bien sûr, mais du pire aussi. Parce qu'il ne faut pas dépenser à tort et à travers le bon d'achat de mamie Jacqueline !

Évoquons donc les déceptions de cette année 2016 en commençant par une erreur que nous pouvons tous faire : surestimer un auteur à partir d'un bouquin, et enchaîner ensuite les déceptions. C'est ce qui est arrivé à l'homme avec La théorie des six de Jacques Expert et à votre humble hôtesse avec La quatrième forme de Satan de Pieter Aspe ou encore avec Road tripes de Sébastien Gendron. Parfois, il faut savoir dire "au revoir" à la manière de Giscard d'Estaing. C'est ce qu'on va faire l'un comme l'autre avec ces auteurs !

Ensuite, il y a les bouquins pas mal, mais qui ne collent pas totalement, parce qu'on n'est pas la bonne cible, parce qu'on n'est pas dans la bonne mouvance lorsqu'on les lit, ou alors parce qu'ils sont trop prévisibles...
Trop prévisibles, c'est le problème de bon nombre de polars à l'heure actuelle, et c'est ce qui entraîne Cadavre 19 de Belinda Bauer dans ce top 10 des lectures à éviter.
Pas la bonne cible, voilà un argument qui peut tout à fait s'appliquer à La main de Dieu de Philip Kerr. Pourtant, je suis pas la pire en matière de foot, je n'étais pas la dernière à supporter la France en juillet face au Portugal et mes collègues savent quelles sont mes équipes favorites ! Mais là, non, c'était trop lent, trop tactique, trop prévisible...
Pas le bon moment, c'est ce qui est arrivé avec Julian Fellowes et Passé imparfait. Si j'avais lu ce bouquin dix ans plus tôt, j'aurai sûrement beaucoup aimé (dommage, il n'était pas encore sorti !). Mais là, non. Et pourtant, notez que Downton Abbey que le même gaillard a scénarisé fut un de mes coups de coeur série de 2016. Comme quoi, ne tirons jamais de conclusions hâtives !

Évoquons maintenant un sujet qui parlera à beaucoup de lecteurs : la question des classiques. Cette année, j'ai participé au challenge "Un classique par mois", que j'ai d'ailleurs plutôt bien suivi jusqu'à la rentrée littéraire et son lot de nouveautés. J'ai d'ailleurs fait de belles découvertes et confirmé l'évolution de mes goûts, j'apprécie de plus en plus certains auteurs et vous en retrouverez d'ailleurs dans le meilleur des romans lus en 2016 que je vous présenterai vendredi 30 ! N'empêche, ça ne marche pas à tous les coups. Ainsi, j'ai carrément appliqué le droit de Daniel Pennac de ne pas finir un livre avec La ferme africaine. Le style de Karen Blixen ne m'a pas du tout parlé, sa manière de raconter sa vie non plus. Un livre à oublier !
Concernant l'autre déception des "classiques", elle est plus délicate car elle concerne un auteur que j'aime beaucoup, Stefan Zweig. Alors que le gaillard (oui, je spoile !) est d'ors et déjà dans le best of de vendredi, il aura l'immense honneur d'être aussi dans ce pire of pour sa biographie de Emile Verhaeren. Mais avoir un auteur fétiche, c'est aussi parfois lui reconnaître des lacunes !

Parmi les déceptions, n'oublions pas mon serpent de mer "la littérature érotique c'est tellement cliché" encore une fois comblé grâce à Camille Saféris. Non seulement Rayon Hommes ne se distingue pas par son style, mais en plus c'est juste de la chick litt à peine plus chaude : si j'achète à La Musardine, je veux du ZOB !!!

Enfin, nous achèverons cette liste décevante avec Rouge ou mort de David Peace, ZE déception of ze year de l'homme : un style particulier, extrêmement répétitif alors qu'il y avait dans ce roman tout ce qu'un supporter des Reds aurait du aimer... Déception !

Pire of

Et voilà, ce bilan peu agréable mais indispensable achevé, nous vous donnons rendez-vous mercredi pour les meilleures BD de 2016 et vendredi pour les meilleurs romans de l'année ! A très vite !