La valse des arbres et du cielEté 1890, Auvers-sur-Oise. La jeune Marguerite Gachet étouffe sous la coupe de son père, médecin. Peintre à ses heures perdues, Marguerite rêve d'indépendance et d'Amérique, jusqu'au jour où un nouveau peintre ami de Pissaro débarque. Tandis que son père se prend de passion pour ce Hollandais à la peinture particulière, Marguerite en tombe amoureuse.

Dans ce roman qui se voudrait biographie, Jean-Michel Guénassia raconte les dernières semaines de la vie de Vincent Van Gogh qu'il passa à Auvers-Sur-Oise. Plus précisément, il donne la parole à Marguerite, la fille du docteur Gachet, grand ami des impressionnistes et qui s'occupa notamment de Vincent Van Gogh au cours de ce dernier séjour. 

En 1890, Marguerite est une jeune femme qui rêve de faire l'école des beaux-arts exclusivement réservée aux hommes. Orpheline de mère, elle vit avec son père, son frère et leur bonne, figure semi-maternelle dans la vie cadrée de Marguerite. Mais Marguerite étouffe, elle ne supporte plus ce père arrogant, égoïste, intéressé, et rêve de s'enfuir dès le jour de ses vingt-et-un ans pour l'Amérique. Il n'y a que son amie Hélène qui soit au courant de ce projet. Pressée de se marier par un arrangement convenu de longue date entre son père et un de ses amis, Marguerite va finalement s'embraser pour ce peintre taciturne, au comportement changeant dont le talent ne sera réellement reconnu qu'après sa mort.

Pour ce roman, Jean-Michel Guenassia s'insère dans les failles de l'histoire de Van Gogh et des Gachet. Il s'inspire des incertitudes concernant son suicide et de la conviction désormais établie que certains des tableaux donnés par les enfants Gachet au musée d'Orsay sont des faux. A partir de ces hypothèses, il imagine une histoire d'amour aussi violente et expéditive qu'un orage d'été. Il en profite pour raconter une époque, pour décrire une société dans laquelle les femmes étaient promises à des époux dès l'enfance, dans laquelle on commençait à peine à leur ouvrir les portes des études supérieures. Marguerite y apparaît comme inadaptée, hors de propos, elle qui rêve de célibat, d'aventure et de peinture, autant de portes qu'on lui maintient fermées.

Très intéressant, écrit avec une plume qui traduit à merveille sous nos yeux les oeuvres du peintre, La valse des arbres et du ciel m'a permis de m'intéresser et de me renseigner sur un peintre bien connu de notre époque mais au destin tragique.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : La valse des arbres et du ciel, Jean-Michel Guenessia, éditions Albin Michel, 2016, 304 pages.