Le bruit des autresCelia est propriétaire d'un immeuble avec quatre logements qu'elle a acheté après la mort de son mari. Quand l'un de ses locataires souhaite sous-louer son appartement pendant qu'il s'absente, Celia est réticente, et fini par accepter Hope dans la maison. Mais avec Hope, ce sont les barrières d'intimité que Celia a voulu monter qui vont être ébranlées.

J'ai beaucoup de mal à me faire ma propre opinion sur ce roman. J'ai lu des avis très positifs, et s'il est vrai que cette histoire est intéressante, touchante, bien écrite, je suis un peu restée en retrait... D'un côté, l'ateur nous fait rentrer tout de suite dans le vif du sujet en présentant Célia et George, son locataire qui souhaite sous-louer son logement, et Hope, la jeune femme qui l'investirait pendant cette période. Dès ce chapitre, les bases sont posées, Célia veut privilégier l'intimité, veut faire attention aux personnes qui vivent ensemble dans sa maison.

Pourtant, rapidement, le lecteur comprend que la notion d'intimité est particulière...Si Célia ne se lie guère avec ses locataires, cela ne l'empêche pas de s'intéresser à eux, d'entrer dans leurs univers soit à travers les bruits qui filtrent entre les plafonds ou les portes des logements, soit carrément en allant chez eux et en observant leur intérieur en leur absence. Oui, le comportement de Célia m'a parfois dérangée. Qui est-elle pour s'introduire ainsi dans la vie des autres tout en prônant un retrait ? Puis peu à peu, j'ai compris...

Célia est avant tout une femme épuisée, perdue, en plein deuil. Ce deuil est omniprésent, Célia y fait quasiment constamment référence au début. Puis, peu à peu, Célia va apprendre à vivre. C'est un ré-apprentissage difficile, mais qui se fait grâce à Hope (ou à cause de Hope). Hope, une autre femme en dérive, une autre femme à qui Célia, en lui tendant la main malgré elle, va également faire ressurgir...

Des personnages qui se croisent, qui se connaissent sans se connaître, des drames et des espoirs : voilà une histoire d'immeuble bien loin des mièvreries que j'avais pu voir passer sur le sujet jusqu'à présent. L'écriture de Amy Grace Loyd est réfléchie, dense et sensuelle. Ses personnages sont travaillés, et l'on regrettera seulement une fin peut-être trop simple, trop "happy" par rapport à ce roman plus complexe qu'il n'y parait !

"J'avais eu besoin d'être autre chose, quelqu'un d'autre, mais pas sous mon toit et pas ici, pas ici. Voyez-vous, je n'atais pas différente de Hope, pas moins en danger pour moi-même et les autres ; je m'étais donnée pour rien, à la douleur, à des appétits inconnus, mais ici, dans mon immeuble, je comptais vivre différement, à ma manière, et celle de personne d'autre."

destination PAL
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du Challenge Destination PAL de Lili Galipette !

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : Le bruit des autres, Amy Grace Loyd, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, éditions Livre de poche, 2015, 312 pages.