L'ile du serment

Majoritairement francophones, les îles de la Madeleine ont une exception : Entry Island, anglophone. Du fait de cette spécificité, Sime Mackenzie est envoyé sur place pour rejoindre l'équipe chargée d'enquêter sur la mort d'un homme. A première vue, tout semble accuser son épouse, Kirsty Cowell...

Si vous suivez ce blog depuis quelques années, vous vous souviendrez qu'il y a bientôt deux ans, nous sommes allés en Écosse, et que j'avais profité de ce voyage pour lire les volumes 2 et 3 de la trilogie écossaise de Peter May. Écossais de souche, Peter May avait parfaitement su décrire les paysages qui s'étalaient à la fois sur les pages de ses romans et devant moi pendant ce voyage. Cette précision est peut-être anodine, mais elle me parait importante car je pense qu'avoir lu sur place ces romans leur a conféré une autre dimension et que ne les ai que d'autant plus apprécié.

Car oui, je vous avoue que pour L'île du serment, je suis un peu moins emballée... On y retrouve un policier paumé, à la vie personnelle et sentimentale désastreuse. Je regrette d'ailleurs que l'auteur se soit peut-être un peu trop arrêté dessus en introduisant dans son équipe d'enquêteur l'ex-épouse... Mais s'il n'y avait que cela... Dans ce roman, Peter May raconte l'histoire des Écossais qui furent chassés de leurs terres transformées en élevages de mouton et émigrèrent au Canada. Sauf que son intrigue de base se passant de nos jours, il nous envoie dans le passé par le biais du journal de l'aïeul de Sime. Le lecteur se trouve donc à la fois confronté à l'histoire de la famille de Sime et à celle du meurtre... Deux histoires qui, dès le début, semblent destinées à se rejoindre.

Or, j'ai trouvé qu'en voulant tout mettre dans une seule histoire, Peter May rend son histoire lourde et longuette. J'aurai quasiment préféré qu'il ne fasse que me raconter l'histoire des ancêtres de Sime, d'autant que la partie intrigue ne m'a pas passionnée plus que ça du fait de sa prévisibilité... Malgré tout, il s'agit là d'une lecture distrayante et très intéressante d'un point de vue culturel puisque j'y ai découvert les racines culturelles parfois antagonistes des Canadiens !

Texte © Miss Alfie 2016.
Édition présentée : L'île du serment, Peter May, traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue, éditions du Rouergue, collection Rouergue noir, 2014, 423 pages.