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Dans un monde presque identique au nôtre, comme un écho magique de la Terre, Gamine, une enfant au caractère bien trempé, n'accepte plus la violence de la rue à laquelle elle est confrontée. Décidée à fuir le froid de Snowy City, elle se refuge chez le porcelainier en escaladant le mur de sa propriété. Ce vieil homme la recueille en posant une seule et unique condition : ne JAMAIS pénétrer dans son atelier. (Quatrième de couverture)

Abordons cette série débutée en 2013 et dont le deuxième tome est paru à la fin de l'année 2015. Dans sa newsletter hebdomadaire, le dealer en recommandait la lecture. Après moultes hésitations et après avoir jeté un coup d'oeil au dessin, j'ai fini par plonger dans cette histoire. Trois tomes, donc, le premier consacré à la vie de l'héroïne enfant, le deuxième comme femme et le troisième abordera la vie de mère.

Si la quatrième de couverture ne décrit à mon sens pas totalement la réalité des choses, il n'en demeure pas moins que cette gamine des rues se retrouve chez ce porcelainier qui passe pour être un sorcier. Sauf que cet homme, trop content de voir une nouvelle existence dans son manoir empêche ses deux chiens d'attaquer la gamine. On découvre alors que cet homme vit entouré d'automates de porcelaine. L'atmosphère est assez particulière. L'histoire se déroule dans une sorte d'Angleterre victorienne avec un soupçon de fantastique et d'épouvante light avec ces porcelaines qui sont par moments assez flippantes. Du coup, plutôt que Dickens ou Carroll cités par l'éditeur, on est plus proche d'un univers à la Tim Burton. 

L'histoire est vraiment très bonne, tant sur le premier que sur le deuxième tome. Le premier tome s'intéresse à la relation entre deux personnes dont les solitudes se retrouvent pour tenter de cohabiter et de mener une existence heureuse. Le deuxième tome amène l'amour, la guerre et la trahison. De fait, l'histoire aborde beaucoup d'éléments de la vie et on voit cette gamine évoluer vers ce qui fut son modèle, ce porcelainier reclus dans son manoir.

Graphiquement, c'est vraiment réussi. Le trait est franc mais les couleurs nuancées apportent l'ambiance propre à cette histoire, tantôt chaleureuses, tant glacées. A noter également à la fin de chaque tome un petit carnet de croquis et de réflexions sur les personnages, comme un making-of bienvenu et intéressant. Au vu de ces deux tomes parus sur trois, Porcelaine s'annonce comme une histoire vraiment intéressante, profonde et bien construite, dans un univers un peu glauque mais original et dans lequel on plonge avec grand plaisir.

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : Porcelaine (tome 1), Benjamin Read, Chris Wildgoose, Éditions Delcourt, 2013 et 2015 (deux tomes parus).