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Grèce, 354 av. J.-C. Un groupe de philosophes se pique d'un jeu intellectuel a priori sans conséquence.
Egypte, 1937. Michael Dorffman, brillant archéologue allemand, fait une découverte inimaginable : des centaines de parchemins qui semblent prédire l'avenir de notre monde. (Quatrième de couverture)

Voilà un pitch intéressant. L'histoire du monde serait écrite depuis des millénaires et un groupe d'activistes se charge depuis le début de la mettre en application. Une fois le principe découvert et après de multiples péripéties, un archéologue allemand se retrouve devant un dilemme. Ainsi, pour une même histoire, deux fins différentes sont proposées dans deux albums différents... mais la fin alternative à l'album que vous vous serez procuré est consultable sur internet... ou en librairie dans la mesure où la fin en question ne concerne que cinq planches, autant dire pas grand chose.

Et c'est là que, autant le concept est intéressant, autant ce qui en est fait est un peu décevant. Je m'explique. La fin ne concerne donc que cinq planches sur plus de 120 et nous amène à l'époque actuelle où, selon le choix qui aura été fait, propose un présent bien différent... et un épilogue commun aux deux album qui conclut une sur morale un peu plan-plan. Du coup, le projet initial qui faisait le sel et l'originalité de l'album et qui se voulait ambitieux amène à un résultat un peu décevant.

Parce que l'histoire en elle-même est plutôt intéressante et bien construite. La découverte des manuscrits se fait en 1937 et leur étude par l'archéologue allemand se fait dans les années qui suivent... marquées par le nazisme et la deuxième guerre mondiale, prévus dans les parchemins. Le scénario donne à suivre le héros mais également un mystérieux espion particulièrement intéressé par les parchemins et des dignitaires nazis, Himmler et Goebbels en particulier. Rajoutez à ça la petite amie du héros qui est juive et vous avez les ingrédients - certes sans grande originalité - pour une bonne histoire d'aventures historiques. Dans la narration viennent s'intercaler les flashbacks sur les échanges entre philosophes grecs et la dérive de leur petit "jeu".

Les dessins sont assez classiques. Si les décors et paysages sont réussis, on reprochera aux personnages de manquer un peu d'expression mais ça reste un défaut mineur des dessins de Clarke. La lecture de cette histoire de deuxième guerre mondiale, classique mais plaisante aurait pus s'avérer une vraie réussite si le défi du dilemme proposé par le titre avait été relevé. Au final, on reste un peu sur sa faim et passablement déçu.

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : Dilemma, Clarke (couleurs : Cerise), Éditions Le Lombard, 2016.