Couv_322021906. William a dix ans lorsque sa famille quitte Londres pour Barellito, petit village italien qui vit de la pêche. Des tensions apparaissent pourtant, aiguisées par l'arrivée de ces étrangers. Pour William, le changement est radical et sa vie complètement chamboulée. De nouveau paysages, la lumière du Sud, une liberté toute neuve et, surtout, de nouveaux amis : Paolo, Nino et la charmante Lisa qu'une date et un étrange objet semblent unir inexorablement. (Quatrième de couverture)

Alors que je feuilletais un album d'Olivier Pont sorti récemment, le dealer a fait une moue. La moue qui veut dire "bof, repose ça, c'est pas terrib' terrib'...". Il s'est ensuite approché et m'a dit "Tu n'as pas fait Là où le regard ne porte pas ? C'est son premier album, ça a dix ans, c'est vachement bien. En plus, toi qui aime les histoires avec des enfants, ça devrait vraiment te plaire..." Alors, attention, quand le dealer dit que j'aime bien les histoires avec les enfants, il n'y a STRICTEMENT RIEN de pénalement répréhensible, hein. En fait, il parlait de ce très joli album qui reste effectivement l'un de mes coups de coeur du genre.

Alors je me suis plongé dans cette histoire en deux tomes, chaque tome abordant une période différente, le second volume se déroulant 20 ans après le premier. L'histoire dans la première moitié est centrée autour de William, petit Anglais venu avec ses parents démarrer une nouvelle vie en Italie. Son père a acheté un bateau de pêche et compte gagner sa vie en vendant le fruit de son travail. Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu. Si Le gamin se fait des copains, l'arrivée d'un étranger dérange la petite ville et cela ne tarde pas à se répercuter sur les enfants. L'album se termine un évènement qui va finir de diviser le groupe d'amis. L'histoire est entrecoupée de planches qui racontent manifestement des rêves. Ou une histoire ancienne. Ces double planches sont astucieusement sur un fond noir et le second tome en dira plus. Commence alors la deuxième partie de l'histoire, 20 ans plus tard, pour les explications.

Forcément, sur le fond, on se demande pourquoi une histoire en deux temps à vingt ans d'intervalle. Hormis l'astuce scénaristique un peu simpliste qui fait se retrouver la fine équipe de gamins (et que l'on pardonne à la fin), l'ensemble tient la route. Le soupçon - très léger - de fantastique est plutôt bien amené et ne dépare pas avec le reste de l'histoire. Le scénario est donc effectivement cohérent, bien construit et vraiment agréable. Les dessins ne sont pas en reste. Les paysages reflètent la chaleur du Sud de l'Italie ou la lourdeur et la moiteur de l'Amérique du Sud. Les personnages sont expressifs et expressifs et, détail non négligeable, reconnaissables même après 20 ans. Globalement, sans être un chef d'oeuvre, Là où le regard ne porte pas est une histoire très agréable et très réussie portée par un scénario solide et des paysages magnifiques. 

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : Là où le regard ne porte pas (T.1), Georges Abolin, Olivier Pont, Éditions Dargaud (collection Long Courrier), 2004.