Un homme à distanceKay est libraire à Fécamp. Un jour, un américain lui laisse une liste d'ouvrages à lui faire parvenir. Débute entre les deux une correspondance qui oscille entre intime et professionnel.

Ce court roman épistolaire traînait depuis des années dans ma bibliothèque, il m'aura fallu quelques courtes heures pour m'y plonger et l'achever. Il faut dire que Katherine Pancol ne s'embarrasse pas de rebondissements à outrance qui auraient rallongé l'intrigue. A travers une correspondance sans surprise, elle raconte l'histoire d'un homme et d'une femme qui ne sont peut-être pas ceux que l'on croit être.

S'il fut vite lu, ce roman ne restera pas non plus comme inoubliable dans ma mémoire. J'y ai relevé plusieurs défauts, qu'on pourrait croire des défauts de débutante, mais non : ce roman est le 10e de Pancol. Commençons par le style : qui dit roman épistolaire, dit correspondance entre deux ou plusieurs personnes. Cet exercice, j'en conviens, est loin d'être évident, car vous le reconnaîtrez tous : nous avons tous notre patte, notre style quand on écrit. Or, là, j'étais obligée de bien vérifier qui était l'auteur de la lettre tant les deux personnages écrivent de la même manière... A la Pancol donc !

Par ailleurs, je vous avoue que la libraire, Kay, mériterait parfois quelques paires de baffes pour quitter cette logique hautaine et élitiste dans laquelle elle s'enferme parfois, émettant des jugements de valeur sur les choix de ses clients : le jour où les libraires, les auteurs, les éditeurs, et même certains lecteurs, auront compris qu'on peut lire de tout sans être stupide, l'essentiel étant parfois tout simplement de lire, on aura fait un grand pas ! (Non, je n'aime pas Marc Levy ni Guillaume Musso, dont je trouve les intrigues trop similaires - comme Harlan Coben d'ailleurs - mais cela ne me viendrait pas à l'idée de dénigrer des gens parce que eux apprécient !) De même, la voilà qui conseille à une élève de quatrième de lire du Zweig... Je veux bien, mais sincèrement, cela me semble à peine jeune pour les thématiques abordées ! Pas un mot sur la littérature "young adult" qui pourrait peut-être tout autant convenir à cette élève qui peine à lire qu'un Henry James ou qu'une Emily Brontë ! Je ne dis pas que ces derniers sont trop compliqués, je dis juste que, encore une fois, Kay ne semble considérer qu'un certain pan de la littérature...

Bref, je m'étends, je délaye, le tout sur un ouvrage qui en mérite si peu : une histoire au final décevante, qui aurait pu être le coeur d'une intrigue palpitante et passionnante si Pancol avait réussi à se détacher de ces snobismes et étoffer son style en fonction de ses personnages.

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Un homme à distance, Katherine Pancol, Éditions Livre de poche, 2004, 160 pages.