LODLE_COUVShackleton voulait être le premier au pôle Sud. Sa tentative a échoué à 180 km du but et le norvégien Amundsen a ensuite atteint ce but. Devant cet échec, Shackleton lance en 1914 une nouvelle expédition dont le bu est de traverser l'Antectique de la mer de Weddell à la mer de Ross. Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu.

Shackleton, je l'ai découvert dans une bande dessinée qui raconte justement l'aventure de l'Endurance. Du coup, quand on s'attache à ce bonhomme, c'est difficile de le lâcher. Après avoir lu le récit de sa tentative d'accession au pôle Sud, je replonge ici dans le récit de l'aventurier sur sa tentative de traversée du continent blanc.

Et convenons-en, Sir Ernest Shackleton est un héros. Non, ne discutez pas, c'est un fait, c'est acté. Autant, il y a des personnes genre Christian Estrosi, on se demande si c'est un héros, autant là, pas d'hésitation. C'est un peu pour ça qu'il a été anobli, d'ailleurs. Alors qu'on ne file pas la Légion d'Honneur à Christian Estrosi. Si ? Ah. Bon.

Et pourquoi ce garçon est-il un héros ? Je t'explique vite fait. Le bateau arrive pas forcément là où il doit arriver et il se fait prendre par la glace. Il dérive. Dans la mauvaise direction, évidemment. Le boss se dit qu'il va attendre le printemps et le dégel avant de repartir. Sauf que les mouvements des glaces emprisonnent le bateau et le compressent... jusqu'à le briser. L'équipage abandonne le navire. Au dégel, Shackelton embarque tout le monde sur trois navires et, au bout d'une navigation pas des plus agréables - je vous rappelle qu'il fait environ -20°C, que les fringues sont toujours trempées (donc gelées) et que les vivres se font rares - arrive sur une île inhabitée qui porte le nom charmant d'île de l'Eléphant. Shackleton décide alors de prendre cinq hommes avec lui sur un navire pour rejoindre la Géorgie du Sud pour chercher de l'aide. Au bout de quinze jours de navigation, arrivée sur l'île... du mauvais côté. Une seule issue, traverser l'île, montagneuse, chose qui n'a jamais été fait antérieurement. Une fois la traversée faite, les secours sont lancés. Le bateau venu secourir l'équipage resté sur l'île de l'Eléphant y arrivera au bout de trois tentatives et sur une ouverture miracle des glaces. Et là, une question se pose, sur tous les membres d'équipage, combien ont réussi à survivre sur cette île inhospitalière ? Tous. Tous. Aucun mort dans l'avanture. Le mec avait briefé ses mecs, leur avait forgé un mental d'acier de telle sorte que tout le monde s'en sort. Pour mieux aller se faire dézinguer sur le front de la Première Guerre Mondiale, tragique ironie.

Ce livre est donc le récit par le boss des aventures, de la gestion des hommes, de la survie de l'équipe. La lecture de cet ouvrage me permet d'ailleurs de voir que quelques éléments de fiction ou de romanesque ont été ajoutés à la bande dessinée mentionnée ci-dessus. Le récit est mécanique, Shackleton met en valeur ses hommes et leur endurance. Bref, un récit d'aventures, tendu, où une petite couverture n'est pas de trop pour pouvoir supporter sereinement l'atmosphère froide et humide.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : L'Odyssée de l' "Endurance", Sir Ernest Shackleton (trad. : Marie-Louise Landel), Éditions Libretto, 1988.