La pluie, avant qu'elle tombeRosamund vient de mourir. Son testament ? Des cassettes enregistrée pour une certaine Imogen que Gill, sa nièce, a la charge de retrouver. A défaut, elle aura le droit de découvrir cet étrange héritage.

Est-il encore nécessaire de souligner le talent de Jonathan Coe ? Possible, car je pense que parmi vous, certains sont encore passés à travers les mailles du filet littéraire de ce conteur britannique fort talentueux. Lu en quelques heures, La pluie, avant qu'elle tombe révèle une fois de plus un grand talent narratif de cet auteur, tant pour la construction de son intrigue que dans sa maîtrise de la description.

Car le roman aurait pu être un pensum indigeste si Jonathan Coe n'avait pas su faire vivre les photos qui servent de base au récit de Rosamund. Des photos qui représentent différentes étapes de sa vie, et de celle de la dite Imogen, des photos qui sont décrites les unes après les autres, prétexte pour la vieille dame à faire ressurgir ses souvenirs personnels et historiques... Or, Coe réussit à ce que ces images prennent forme devant les yeux du lecteurs. Nous aussi, nous tenons dans notre main les rectangle de papier qui retracent une vie...

Côté intrigue, rien à redire. Jonathan Coe fait se croiser l'histoire de Rosamund et celle de Gill. Peu à peu, les secrets se dessinent et vont peu à peu sortir de l'ombre, se révéler à l'oeil du lecteur. On se laisse porter par ce roman fort où l'intime et l'Histoire se mêlent pour raconter des femmes marquées par l'amour (ou l'absence d'amour) maternel.

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan Coe, traduit de l'angaispar Serge Chauvin et Jamila Ouahmane Chauvin, Éditions Gallimard, Collection Folio, 2010, 272 pages.