Rien ne s'oppose à la nuitAprès la mort de sa mère, Delphine de Vigan se replonge dans l'histoire familiale pour comprendre une femme complexe qu'elle a l'impression de ne jamais avoir réellement connue.

Encore un ouvrage sur lequel beaucoup de choses ont déjà été écrites (à croire que c'est l'été des best sellers sur le blog !)... Et encore un ouvrage sur lequel je vais moi aussi donner mon avis, na !

Je l'avoue : ce livre m'a parfois étrangement dérangée. Si la personnalité de Lucile, la mère de l'auteur, est fort bien dépeinte, avec un portrait d'une bipolaire et de toutes les difficultés que cela peut générer sur l'entourage mais aussi en termes de prise en charge psychiatrique, je m'interroge sur cette société qui nous incite à exhiber aux yeux de tous les vieilles casseroles et les vieux cartons remplis de secrets parfois très sombres...

Il y eu les émissions de télé, il y a maintenant les livres, sortes de thérapies livrées en pature à nous, pauvres hères en quête du pire... Y recherchons-nous la conviction que nous ne sommes pas les seuls à trimballer ces batteries de cuisine bruyantes derrière nous ? Préférons-nous y voir des histoires pire que les nôtres ? Je n'arrive à le savoir... Même moi qui me suis plongée dans ce livre et l'ai achevé, j'ai succombé à ce voyeurisme moderne...

Quant à l'auteur, que cherche-t-elle en exhibant ainsi sa mère et sa famille ? Car en racontant Lucile, Delphine de Vigan s'intéresse forcément aux autres membres de la fratrie, à ses grands-parents, à son père, à sa soeur... Est-ce sa manière de faire sa thérapie ? Sans doute un peu. Mais si l'écrit peut être salvateur et réparateur, pourquoi vouloir à tout prix publier ?

Si le récit est extrêmement bien écrit, s'il est intéressant d'apprendre comment l'auteur a travaillé sur ce livre, je reste dubitative quant à l'intérêt réel d'un tel livre... Mais ceci n'engage que moi ! ;-)

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan, Éditions Livre de poche, collection Littérature et documents, 2013, 408 pages.