La déesse des petites victoiresAlors qu'elle achève sa vie dans une maison de retraite, Adele Gödel, la veuve du mathématicien d'origine autrichienne, reçoit la visite d'une jeune documentaliste de l'université de Princeton : elle souhaiterait que l'institut puisse entrer en possession des archives du génie. Adele refuse, à moins que... S'engage entre la jeune femme et son aînée le récit croisé de leurs vies.

Ce bouquin est arrivé par un pur hasard dans ma PAL puisqu'une collègue m'en a rapidement parlé à la veille de mes vacances. J'ai noté, parce que cela pouvait m'intéresser, et n'y ai plus pensé... Jusqu'à la veille du départ, quand notre vol pour Rome a été annulé et que nous nous sommes reportés sur l'Autriche. Le temps manquait pour faire une réelle PAL de vacances comme j'aime habituellement le faire, je me suis donc précipitée sur ce titre qui aurait le mérite de se passer en partie à Vienne !

En effet, Kurt Gödel était un mathématicien autrichien qui dut fuir son pays pendant la guerre. Il rejoignit à Princeton de grands noms de la science, dont le plus célèbre est très probablement Albert Einstein qui occupe une place non négligeable dans l'entourage du couple. Dans ce roman, Yannick Grannec vient justement mettre en lumière ce couple particulier que furent Kurt et Adele Gödel, le tout par le prisme de l'épouse.

Âgée de 10 ans de plus que son mari, Adele, ancienne danseuse de cabaret, n'aura eu de cesse de rester aux côtés d'un génie à l'esprit fragile. D'hospitalisation pour dépression en développement massif de tocs pour contrer sa paranoïa, le portrait de Gödel apparaît parfois comme effrayant. Pourtant, à plusieurs reprises, l'auteur nous fait comprendre le fossé qui pouvait exister entre ce génie des mathématiques à l'esprit continuellement en activité et le monde réel...

Je ne vous mentirai pas, certains passages sont un peu délicats, surtout quand les amis scientifiques se retrouvent et enclenchent de longues discussions et digressions sur les mathématiques, la physiques ou la philosophie. Néanmoins, on apprend des concepts, on révise des vieux théorèmes oubliés, et on se plonge dans ceux qui ont contribué, de gré ou de force, à faire l'histoire. Un roman très intéressant qui m'a entraînée dans un univers totalement inconnu !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La Déesse des petites victoires, Yannick Grannec, Éditions Pocket, 2014, 544 pages.